Révision constitutionnelle : nouvel avertissement de Hollande aux présidents à vie

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logo-constitution-EN-RDC-1Le président français, François Hollande, continue de passer aux yeux de l’opinion tant africaine qu’internationale pour le principal architecte du scénario surréaliste ayant conduit à la triste fin de règne de Blaise Compaoré, candidat à la présidence à vie à la tête du Burkina Faso. Alors que celui qui avait nargué le président américain Barack Obama, au lendemain du Sommet USA-Afrique du mois d’août dernier, en soutenant que sans hommes forts, l’Afrique ne pouvait avoir d’institutions fortes, est devenu un authentique « SDF », et continue de méditer sur ses 27 ans de règne sans partage, le numéro un français semble décidé à ne pas relâcher la pression sur ses éventuels adeptes.

En effet, lors de sa sortie publique du dernier week-end, à l’occasion de la remise des prix aux lauréats de la « Fondation Chirac pour la Prévention des Conflits », il est revenu sur l’actualité de l’heure à travers le continent africain, à savoir l’expiration imminente des mandats de plusieurs Chefs d’Etat et les velléités de modification des textes constitutionnels annoncées avec fracs ça et là avant la chute déshonorante de Blaise Compaoré. Depuis les événements du Burkina Fasso, les candidats aux mandats à vie et leurs « alliés » politiques sont devenus plus discrets. Même les tenants des référendums populaires visant les tripatouillages des textes constitutionnels ne donnent plus de la voix.
C’est dans ce climat de recherche des solutions de rechange pour les candidats à la présidence à vie que François Hollande vient de lancer un nouvel avertissement de nature à faire frémir plus d’un chef d’Etat africain fiché comme en voie d’épuiser ses mandats présidentiels. « L’Afrique a besoin que l’on promeuve partout des valeurs démocratiques. Et encore ces derniers jours, la population du Burkina Faso a fait une belle démonstration qui doit, à mon avis, faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir au-delà du temps nécessaire à la tête de leurs pays, en violant l’ordre constitutionnel », souligne-t-il.
Et l’imprévisible locataire de l’Elysée de poursuivre : «Parce que ce qu’a fait la population du Burkina Faso, c’est tout simplement de faire respecter le droit et de permettre que l’on empêche de réviser une Constitution, une loi fondamentale pour une convenance personnelle ».

Sourds comme Compaoré ?

De tels propos sont perçus par de nombreux observateurs comme l’expression d’un nouveau et sévère avertissement de François Hollande aux dirigeants africains, enclins à ne pas vouloir passer la main pour des sorties honorables en fin de mandat. Il se dégage un fort sentiment de ras-le-bol chez les décideurs politiques occidentaux et américains face à la persistance des régimes non démocratiques à travers l’Afrique, animés par des présidents-monarques qui charcutent les Constitutions au gré de leurs intérêts et de ceux des membres de leurs clans politiques.
En principe, tous les chefs d’Etat et leurs « alliés » politiques visés par une telle mise en garde devraient tourner et retourner dans tous les sens la lettre adressée par le président français à son ex-homologue Blaise Compaoré, l’exhortant à se retirer du pouvoir au terme de son quatrième mandat et à rebondir au niveau du Secrétariat général de la Francophonie. Sourd et aveugle, l’homme fort du Burkina Faso a choisi le passage en force, comptant sur la peur légendaire de la « majorité silencieuse », la puissance de feu de son armée et la solidité de ses alliances avec ses collègues dictateurs d’autres Etats, regroupés au sein d’un « syndicat » appelé à leur garantir la pérennité au pouvoir.
L’histoire a montré que Compaoré n’était qu’un colosse aux pieds d’argile et que sa Majorité parlementaire n’était qu’un conglomérat de profiteurs de la République, qui l’ont lâché dès que la « rue » brûlé le siège du Parlement et de la Radio Télévision Nationale, avant de se présenter aux portes de la présidence de la République. C’est le moment ou jamais, pour d’autres Compaoré en sursis, de rectifier le tir et de s’aménager des décors démocratiques et apaisés de fin de règne. Sinon, à l’image de Ben Ali (Tunisie), Hosni Moubarak (Egypte), Mouammar Kadhafi (Libye), Mobutu Sese Seko (ex-Zaïre), Laurent Gbabo (Côte d’Ivoire)… en lieu et place d’une retraite dorée, les téméraires risquent de s’exposer à un exil chaotique.
Kimp

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