Révision constitutionnelle : le PPRD contre-attaque

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Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a réagi à la déclaration de l’opposition politique faite dimanche 9 janvier 2011au Grand Hôtel Kinshasa. Les membres de l’opposition ont dit non à la révision de la Constitution, particulièrement à la réduction, en un tour au lieu de deux, du scrutin présidentiel.

Le secrétaire national chargé de la communication du PPRD a tenu, hier lundi 10 janvier 2011, une conférence de presse à l’hôtel Invest à Lingwala au cours de laquelle il a dénoncé l’attitude de l’opposition. Emile Bongeli a déclaré que « le PPRD soutient la révision constitutionnelle qu’il votera à l’issue du débat qu’il y aura à l’hémicycle national ». Il s’agit plus de faire de la realpolitik que de la politique-fiction. Gouverner, c’est prévoir, a déclaré Emile Bongeli qui s’est posé un certain nombre de questions : La constitution a-t-elle prévu le mécanisme de révision de certains de ses dispositions ? Oui, a-t-il répondu. Qui peut prendre l’initiative de la révision constitutionnelle ? Il s’agit du Président de la République, du Parlement ou du Gouvernement, a rétorqué Bongeli, en déclarant que c’est le gouvernement qui a fait l’annonce de cette initiative. Quelle est l’institution compétente pour statuer sur cette question ? Le parlement à travers les deux principales forces politiques qui constituent la représentation nationale, à savoir la majorité et l’opposition, a répondu l’ancien vice-premier ministre qui, en outre, a répondu à ces deux autres questions : la matière querellée figure-t-elle parmi les dispositions non révisables que le législateur a verrouillées ? Non. A propos du temps et de l’opportunité de la révision, est-ce que le constituant de 2006 a fixé quand et dans quelles conditions cette question pourra être examinée ? Non. A ses propres questions, Bongeli a répondu : « le PPRD ne trouve pas de raisons profondes de tiraillement autour de cette question, dont l’opposition voudrait se servir à la fois pour jeter beaucoup de doutes dans l’esprit de la population et discréditer auprès de la communauté internationale, les institutions légalement issues des élections de 2006 ».

 

L’élection à un tour

 

Bongeli a signalé que l’exemple de certains pays peut être pris pour modèle. Il a expliqué que le système à deux tours n’est pas universel. Il ne s’impose pas à tous les pays du monde. A part la France et le Brésil notamment, toutes les autres grandes nations démocratiques telles que la Grande Bretagne, l’Allemagne, l’Espagne, le Japon, le Portugal utilisent le mode de scrutin à un tour pour élire leurs chefs d’Etat et de gouvernement, a argumenté le secrétaire national chargé de la communication du PPRD qui a, à cet effet, déclaré que « tous ces pays ne sont pas pour autant moins démocratiques ». Il a précisé que le PPRD milite en faveur de l’organisation des opérations de vote dans le délai constitutionnel, et ce, dans des conditions de transparence, d’équité et de sécurité ; le PPRD respecte les ambitions de différents partis politiques et des acteurs politiques qui désirent briguer des mandats publics à quelque niveau que ce soit lors des prochaines élections.

« Au lieu de chercher à battre en brèche ce qui est clair dans notre propre constitution et de vouloir dissimiler les intérêts partisans dans les conditions politiciennes, il vaut mieux réfléchir calmement, fourbir ses arguments, et le cas échéant, se préparer pour la compétition électorale. Pour des questions aussi importantes relatives à la survie de la nation, l’on doit éviter d’avoir des réactions épidermiques et d’émettre hâtivement des opinions sur base des préjugés ou des clichés qui se réfèrent aux mimétismes culturels », a souligné Bongeli.

 

Avantages

 

Les avantages d’un scrutin à un tour, selon Bongeli, permettent d’éviter à notre pays la confrontation et la persistance des tensions entre deux camps diamétralement opposés. Une telle bipolarisation politique partisane et radicale, dit-il, avait risqué d’enflammer notre pays en 2006. « Nous pouvons noter que cet antagonisme politique avait embrasé le Kenya malgré sa longue stabilité et qu’il soumet aujourd’hui les pays africains qui l’ont adopté par snobisme à un état d’ingouvernabilité durable et de fracture entre les communautés », a ajouté le secrétaire national chargé de la communication du Pprd expliquant que « la disposition concernant le scrutin à un tour est impersonnelle et n’est pas taillée sur mesure, comme s’époumone à le clamer une opposition visiblement agitée et dramatiquement apeurée ». Il a déclaré que le président Joseph Kabila s’expose au même risque que tous les autres éventuels candidats à la prochaine présidentielle congolaise. Il se prépare ainsi, a souligné Bongeli, avec œuvres à l’appui, face aux discours des adversaires. Il a poursuivi en disant que « le scénario tendancieux sur un Président de la République qui aura été élu avec 20% de voix au premier tour procède d’une obscurité incroyable et d’une perception minimaliste et pessimiste. Ce scénario ne peut nullement concerner le chef de l’Etat Joseph Kabila dont les références sont éloquentes en matière de score électoral.

 

Sylvestre Saïdi Nyota

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