Révision constitutionnelle : le passage en force se précise

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En lançant sans gêne à la figure de Me Célestin TUNDA Ya Kasende du PPRD qu’une cagnotte de 20.000 dollars Us avait été remise à tout parlementaire pour voter en faveur de la révision constitutionnelle, particulièrement pour un seul tour lors de l’élection présidentielle en novembre prochain, Me Moïse NYARUGABO du RCD était loin de s’imaginer qu’il venait d’ouvrir la Boîte à Pandore. D’une part ceux qui vont désormais accuser les autres d’avoir été soudoyés pour soutenir la tricherie et d’autre part ceux qui vont soutenir que leur combat vise le réalisme politique pour conserver le pouvoir. Au cours de l’émission animée par notre consœur Sonia Mugalu le jeudi dernier soir sur le plateau de la télévision Digital Congo, les débats ont pris les allures d’un affrontement sans pitié entre d’un côté deux parlementaires de l’opposition et de l’autre leur collègue de la majorité présidentielle.

Sous le regard ahuri et amusé de Thomas LUHAKA Lonsenjola, député du MLC et ancien président de l’assemblée nationale pendant la transition, Moïse NYARUGABO avait surpris son confrère Célestin TUNDA. Que cette accusation soit fondée ou pas, elle avait eu le mérite d’avoir été lancée en public par un parlementaire qui ne passe pas inaperçu. Pour certains obsrevateurs, l’AMP a déjà levé l’option du passage en force pour la révision constitutionnelle.

 

Deux thèses antagonistes en présence

 

Certes, chaque camp va aligner des arguments juridiques, politiques, économiques, historiques et autres dans la ligne droite de la constitution en vigueur pour appuyer sa thèse avant et lors des débats sur la révision constitutionnelle qui déchire déjà la classe politique et la nation. Il y a à peine deux semaines, les tenants de la révision avaient introduit une motion au parlement en vue de prolonger le délai entre les deux tours de l’élection présidentielle qui devrait alors passer de 30 à 60 jours. Mieux, lors de son discours sur l’état de la nation, le chef de l’Etat lui-même avait rassuré le peuple congolais que le gouvernement avait déjà prévu de financer à la hauteur de 70 % le budget des élections générales de cette année. Mieux encore, le gouvernement n’a cessé de se vanter d’avoir atteint le point d’achèvement du programme PPTE et que les prévisions budgétaires étaient de l’ordre de 7 milliards de dollars Us. L’Abbé Apollinaire Malu Malu, actuel président de la Commission électorale indépendante avait aussi rassuré l’opinion que le budget des élections était déjà bouclé et que tous les documents y afférant n’attendaient que les opérations de remise et reprise avec la Commission électorale nationale indépendante. Ce, en plus des garanties de la communauté internationale quant à sa participation. En clair, le motif de compression budgétaire ne tient pas debout, soulignent les partis de l’opposition politique.

 

Pas de risque d’implosion

Bien mieux, le Cardinal L.MONSENGWO avait aussi regretté le risque de manque de légitimité qui résulterait de cette option d’un seul tour de l’élection présidentielle, étant donné la diversité et le nombre des 465 tribus congolaises. Un observateur de la scène politique congolaise a tenu à rappeler que le risque d’implosion que prétendent les tenants de la thèse de la révision constitutionnelle ne peut pas se produire en RDC car depuis son indépendance et même bien avant, ce pays n’a jamais connu des guerres civiles à connotation tribalo ethnique ou confessionnelle comme en Côte d’Ivoire, au Rwanda, au Burundi, au Kenya, au Soudan, et en Angola. Il est prouvé que toutes les guerres qui ont déchiré ce pays ont toujours été provoquées et entretenues par des acteurs politiques en mal de positionnement ou à court d’arguments. Pour preuve, malgré les contestations des résultats du second tour de l’élection présidentielle de 2006, le Congo n’a jamais connu des affrontements sanglants comme cela a eu lieu au Kenya il y a deux ans. Bien au contraire, au lendemain de la proclamation des résultats définitifs par la Cour Suprême de Justice, le perdant Jean-Pierre BEMBA avait reconnu sa défaite en adressant une lettre des félicitations à Joseph KABILA.

Maintenant qu’au-delà des prétextes de compression budgétaires et de risque d’implosion balayés de revers de la main par l’opposition politique et les forces vives de la nation par la voix du Cardinal MONSENGWO, ce sont des accusations de corruption qui vont prendre la hauteur. Dieu Seul sait ce qui adviendra des débats qui vont déchirer les rues, salons et tribunes tout au long de cette période qui est la préfiguration de la campagne électorale. En définitive, il s’avère malheureusement que tous les motifs avancés par l’AMP ne résistent pas à la moindre critique et le danger qui guette la nation réside dans ces accusations de corruption déjà dénoncées par un acteur politique de l’opposition de la trempe de Me Moïse NYARUGABO que l’on ne peut plus présenter.

 

Castro

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