Révision constitutionnelle : le MSR n’évacue pas la méfiance

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president_MSR_gomaLes « anti » révision constitutionnelle ont pris acte de la mise au point du Bureau Politique du MSR soulignant que la Majorité Présidentielle ne s’est pas encore prononcée à cet effet. Ce parti politique exige la tenue d’un débat interne, sans passion, autour de la question. Ce qui intrigue, dans l’attitude des affiliés de Pierre Lumbi, c’est l’affirmation selon laquelle tous les cadres de la famille politique du Chef de l’Etat qui se sont exprimés jusque-là au sujet de la révision constitutionnelle l’auraient fait à titre individuel.

 L’argumentaire est discutable, quand on sait qu’Aubin Minaku l’avait fait en sa qualité de Secrétaire Général de la Majorité Présidentielle, la voix la plus autorisée pour engager ce regroupement politique vis-à-vis des tiers. C’est pareil pour Sébastien LuzangaShamandevu, porte-parole de la même famille politique. Quant à Evariste Boshab, Secrétaire général du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), il a officiellement et publiquement décrété une mobilisation générale en faveur de la révision constitutionnelle, laquelle devrait avoir pour soubassement un référendum.

         On retient que lors de leurs sorties publiques fortement médiatisées, les uns et les autres n’ont pas mis de masques ni usé de paraboles pour marteler que l’actuelle loi fondamentale promulguée le 18 février 2006 devrait être modifiée, même en ses articles « verrouillés ». A leur avis, le souverain primaire est qualifié pour faire sauter, par voie référendaire, tout verrou de nature à l’enfermer la Constitution dans le statu quo.

         La clarté des messages d’Aubin Minaku, Sébastien Luzanga et Evariste Boshab était telle que la montée au créneau du MSR ne peut que susciter le doute. Certains analystes politiques craignent qu’il ne s’agisse là d’une énième stratégie mise en branle par la Majorité Présidentielle pour créer la diversion et endormir les forces politiques et sociales engagées dans le front du refus de tout tripatouillage de la Constitution. A ce sujet, on constate qu’une campagne électorale précoce, en faveur aussi bien de la révision constitutionnelle que de la conservation du pouvoir par la famille politique du Chef de l’Etat est lancée dans les médias ainsi qu’à travers les places publiques, où les acteurs de ce regroupement politique rivalisent d’idées et slogans en faveur de la continuité, avec leur « Autorité morale ».

         Il s’agit là des signes qui ne trompent pas sur l’état d’esprit général qui règne dans le camp de la majorité au pouvoir, où toutes les batteries sont mises en marche pour modifier la Constitution. Ce serait une erreur de la part des forces politiques et sociales mobilisées contre le déverrouillage de l’article 220 de croire que la Majorité Présidentielle serait divisée et qu’une remise en question des opinions concordantes émises par Aubin Minaku, Sébastien Luzanga et Evariste Boshab serait possible. Relâcher la vigilance et les pressions sur les « pro » révision constitutionnelle serait ouvrir la brèche à toutes les surprises.

Dialogue inclusif

L’Opposition et la Société Civile acquises à l’option de l’alternance au pouvoir en 2016 devraient garder en ligne de mire le dialogue inclusif prévu dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et que soutient la Communauté internationale à travers ses représentants dans les Grands Lacs. Il devrait s’agir, pour l’une et l’autre, de rechercher un cadre de réflexion sur les questions de fond de la République en matière de gouvernance, de sécurité, de développement, des droits de l’homme.

         L’exigence d’un dialogue inclusif entre Congolais ne devrait pas être confondue avec la course aux postes de gestion, en vue de la satisfaction d’ambitions personnelles. Si ceux qui réclament à cor et cri l’alternance politique se trompent de combat et pensent que l’entrée au gouvernement ou dans les entreprises publiques suffirait pour résoudre la crise de légitimité née au lendemain des scrutins de 2011, ce serait passer à côté du consensus national attendu du dialogue inclusif.

                  Kimp

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