Réunie au Centre Béthanie après les incidents de lundi : l’Opposition tonne !

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opositionL’Opposition politique refuse de s’avouer vaincue dans son combat contre le projet de loi électorale déposé par le gouvernement à l’Assemblée Nationale et défendu par le Vice-Premier ministre et ministre en charge de l’Intérieur, Evariste Boshab. En effet, les affiliés de ce regroupement politique, toutes tendances confondues, se sont réunis hier mardi 13 janvier2015 au Centre Béthanie, dans la commune de la Gombe, pour évaluer les événements survenus le 12 janvier 2015 à l’intérieur comme à l’extérieur du Palais du peuple.

Dans un front commun contre toute tentative d’obtenir le glissement du calendrier électoral à travers la modification de la loi électorale, Vital Kamerhe, Jean-Claude Muyambo, Martin Fayulu, Eve Bazaiba, Delly Sessanga, José Makila, Jean-Lucien Bussa, Jean-Claude Vuemba, Samy Badibanga, Gabriel Mokia, Joseph Olenghankoy, Jen-Pierre Lisanga Bonganga, Lumeya… ont répondu présents à l’appel.

A l’issue de leur réunion, les participants ont rendu publique une déclaration commune lue par José Makila, dans laquelle ils exigent le retrait du projet de loi électorale déclaré recevable par la plénière du lundi 12 janvier 2015  à l’Assemblée nationale.

Ils ont résolu de multiplier des actions pour faire respecter l’esprit et la lettre de la Constitution, afin d’empêcher le pouvoir en place de se maintenir au-delà de septembre 2016, en violation de l’article 73 de la Constitution qui stipule que le scrutin pour l’élection du président de la République est convoqué par la Commission Electorale Nationale Indépendante quatre-vingt dix jours avant l’expiration du mandat du président en exercice.

A ce sujet, le président de l’UNC, Vital Kamerhe, a martelé qu’une loi électorale ne peut violer une disposition constitutionnelle. Tout en louant l’unité de l’Opposition pour protéger la démocratie, il a rendu hommage au peuple congolais, particulièrement la jeunesse kinoise pour sa détermination et sa bravoure, en dépit de la répression de la police contre les manifestations du dimanche 12 et du lundi 13 janvier 2015.

A la question de savoir si l’Opposition participera aux travaux  de la Commission Politique, Administrative et Juridique de l’Assemblée Nationale pour approfondir l’examen du projet de la loi électorale, Delly Sessanga a souligné que les institutions en place en général et la chambre basse du Parlement en particulier, ont perdu toute crédibilité suite aux dérives enregistrées dimanche et lundi à l’intérieur et à l’extérieur du Palais du peuple.

Pour le président de l’Envol, le souverain primaire devrait être appelé à prendre en mains son destin pour barrer la route à la révision indirecte de la Constitution  que la Majorité Présidentielle mijote à travers le projet de loi sous examen. Il s’est réjoui de la prise de conscience des députés à travers sa lettre, qui a eu le mérite de débusquer des « cadavres » dans les placards du projet de loi électorale.

De son côté, le président du CEDER, Jean-Lucien Busa, a fait remarquer que faire du recensement un préalable pour organiser les élections est une violation de l’article 73 de la Constitution. L’élu de Budjala a accusé la majorité au pouvoir de chercher à prolonger le mandat du Chef de l’Etat en fonctions à travers la loi électorale, afin d’instaurer une monarchie présidentielle en RDC.                                      ERIC WEMBA

 

 DÉCLARATION DES PARTIS ET REGROUPEMENTS POLITIQUES DE L’OPPOSITION AINSI QUE DES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DU MARDI 13 JANVIER 2015

Les Partis et Regroupements Politiques de l’opposition ainsi que les organisations de la Société Civile, se sont réunis à Kinshasa, ce mardi 13 Janvier 2015, au centre Béthanie dans la Commune de la Gombe, pour évaluer les événements survenus le 12 Janvier 2015.

Après analyse, ils rendent publique la déclaration dont la teneur suit :

  1. Après avoir renoncé à l’idée de la révision directe de l’article 220 de la Constitution, et suite aux diverses manifestations de la population, de l’opposition politique, de la société civile et les interpellations de la communauté internationale, le pouvoir de Kinshasa a levé l’option de poursuivre son funeste objectif d’instaurer la présidence à vie dans notre pays par les moyens détournés d’une loi électorale tronquée dont la procédure d’adoption en cours à l’Assemblée Nationale est un chef d’œuvre de violation manifeste de la Constitution ;
  2. De prime à bord, les partis et les groupements politiques de l’opposition ainsi que les organisations de la société civile tiennent à féliciter la population et particulièrement la jeunesse de Kinshasa pour la détermination et la bravoure dont ils ont fait preuve à faire respecter la Constitution, nonobstant l’extrémisme de la police et de la garde républicaine déguisée qui ont semé la désolation au sein de la population par l’utilisation des moyens non indiqués notamment le tir des balles réelles, le lancement de grenades à détonation, de gaz lacrymogènes ainsi que brutalité physique sur les manifestants.

Plusieurs de nos membres et cadres ont été grièvement blessés et d’autres arrêtés arbitrairement et transférés à des endroits inconnus ;

  1. C’est le lieu de déplorer ces actes de violence et donc des atteintes aux droits de l’homme perpétrés par les forces de l’ordre. Les partis et regroupements politiques de l’opposition ainsi que les organisations de la société civile saisissent cette opportunité pour rappeler aux forces de l’ordre l’article 28 de la Constitution qui stipule : « Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal… ». Dans la foulée, les partis et regroupements politiques de l’opposition ainsi que les organisations de la société civile relèvent qu’au moment où en France on manifeste massivement contre la terreur, il est ahurissant de constater que le régime de Monsieur Kabila se distingue, lui, par le terrorisme d’Etat ;
  2. Loin d’être intimidés, les partis et regroupements politiques de l’opposition ainsi que les organisations de la société civile réaffirment leur engagement à multiplier et à renforcer des actions pour faire respecter l’esprit et la lettre de la Constitution pour empêcher le pouvoir en place à se maintenir au-delà de Septembre 2016 en violation de l’article 73 de la Constitution ;
  3. Les partis et regroupements politiques de l’opposition ainsi que les organisations de la société civile rappellent à la population qu’elle a le devoir, conformément à l’article 64 de la Constitution, de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par force ou l’exerce en violation de la Constitution. Ils demandent ainsi à la population de se tenir prête pour répondre à son devoir citoyen ;
  4. Ils exigent du Gouvernement le retrait, sans délai, du projet de loi en examen à l’Assemblée Nationale et annoncent que, le moment venu, un ultimatum sera donné à Monsieur Joseph KABILA pour se conformer aux prescrits de la Constitution et renoncer à son coup d’Etat constitutionnel en préparation. Au-delà de cet ultimatum, les partis et regroupements politiques de l’opposition ainsi que les organisations de la société civile donneront un mot d’ordre à la population.
  5. Ils demandent enfin à tous les partenaires de la RDC de soutenir le peuple congolais dans sa quête de consolider la démocratie, la stabilité et la sécurité en RDC ainsi que dans toute la Région.
  6. La lutte continue !

Fait à Kinshasa,

le 13 Janvier 2015