Retour à la case départ

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Comme annoncé par François Muamba lors de la plénière fortement agitée du mercredi 19 mai à l’Assemblée Nationale, l’Opposition parlementaire a relancé hier l’opération de collecte des signatures en vue de réactiver la motion de censure contre le Premier ministre, retirée séance tenante pour cause de doublons et non-conformité des signatures, et donc de non satisfaction du quota requis de 125 signatures pour sa validité. Selon le comptage arrêté hier jeudi 20 mai 2010 en fin d’après-midi, une trentaine des signatures auraient déjà été enregistrées.

Il est difficile de savoir, à se stade, si l’opposition parlementaire, qui n’est en mesure de récolter qu’au plus 110 signatures, dans l’hypothèse où il n’y aurait pas de défections dans ses propres rangs, serait à même de débaucher dans les rangs de l’Alliance de la Majorité Présidentielle, des Indépendants ou des non-inscrits. En raison des anomalies constatées sur les listes annexes de la motion de censure recalée et des critiques acerbes qu’elles ont suscitées dans l’opinion, l’on attend voir si François Mwamba, Gilbert Kiakwama et Roger Lumbala vont faire montre de suffisamment de vigilance pour s’assurer du sérieux des engagements de futurs partisans de la motion de censure et de l’authenticité de leurs signatures. En cas de nouvelles fautes d’inattention de leur part, ce serait le discrédit total pour l’ensemble de l’opposition parlementaire.

Les enjeux d’une motion

Dans l’hypothèse où la motion de censure contre le Premier ministre et donc contre le gouvernement arriverait à satisfaire au critérium fixé par le législateur pour sa validité, le souhait de tous serait que le débat démocratique soit l’occasion, pour le commun de Congolais, d’être largement renseigné sur la gestion de la collectivité. Il s’agira sans doute, pour l’opposition parlementaire, d’aligner une argumentaire qui corrobore son discours traditionnel focalisé sur la mauvaise gestion du pays, les nuisances du « gouvernement parallèle », l’insécurité dans 4 des 11 provinces du pays, la persistance des antivaleurs dont la plus décriée est la corruption, la caducité des onze provinces actuelles pour un pays devant constitutionnellement fonctionner avec 26 entités à partir du 15 mai 2010, etc.

Le dessein avoué des futurs signataires de la motion de censure est de faire tomber le gouvernement, de manière à obtenir la mise en place d’une équipe qui, dans leur entendement, devrait gérer le pays autrement jusqu’aux élections de 2011.

Hélas, ce n’est que là illusion car, même s’il faille changer de Premier ministre et de gouvernement, la charge de gérer l’exécutif, conformément à la « Loi fondamentale » du 18 février 2006, reste de la compétence de la famille politique du Chef de l’Etat, majoritaire au Parlement, jusqu’à la fin de la législature actuelle. D’aucuns seraient curieux de découvrir les preuves des accusations portées contre le chef du gouvernement au chapitre de son présumé patrimoine immobilier, la voie des excuses paraissant fermée.

S’agissant spécialement d’Adolphe Muzito, son challenge personnel consisterait à démontrer, devant les élus du peuple et la Nation, que le pays ne souffre ni d’un problème de gestion, ni de leadership. Ce n’est pas par hasard, pourrait-il renchérir, que la RDC est en passe d’atteindre le Point d’achèvement de l’initiative PPTE, sous son mandat.

S’il y a une chose qu’on attend fiévreusement de Muzito, frappé d’infamie par Jean-Lucien Bussa, c’est qu’il apporte un démenti solennel et public à ce que lui-même considère comme des allégations mensongères de ce député sur ses prétendues propriétés immobilières. Il a le devoir de dépoussiérer son image de marque ternie, d’une manière ou d’une autre, dans le mental de certains compatriotes.

En tout état de cause, les spéculations sont tellement vives autour de la motion de censure qu’il serait temps que l’on mette un terme au tango politique qui secoue le pays voici plusieurs semaines, de manière à permettre au peuple de savoir si la vérité se trouve du côté  des « gouvernants » ou de leurs « contrôleurs ».

                                                                                                                                 Kimp.

 

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