Retombées de l’assassinat de Chebeya : colonel Mukalayi : tentative de suicide

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De nouvelles alarmantes faisant état d’une double tentative de suicide de la part du colonel Daniel Mukalayi, à la Prison Centrale de Makala( PCM), sont parvenues au Phare hier mercredi 23 mai 2012. Cité  et condamné à mort dans l’affaire de l’assassinat de Floribert Chebeya Bahizire, activiste de droits humains retrouvé mort le 2 juin 2010 à Mitendi, cet officier de police aurait d’abord tenté de mettre fin à sa vie le vendredi 18 mai passé, puis le mardi 22 mai 2012. 
 
D’après ses co-détenus dans cette geôle, la raison de ce drame manqué serait les dernières déclarations d’un ministre, membre du gouvernement, qui dans un récent point de presse a affirmé  que les assassins de Chebeya sont déjà à la Prison de Makala. Ceci, pour réfuter, entre autre, les accusations portées sur le régime de Kinshasa pointé comme obstacle principal à la diffusion du film « Chebeya, un crime d’Etat ? ». Offensé à fond par les propos du ministre Mende, Daniel Mukalayi aurait piqué une vive colère, vociférant à haute et intelligible voix sa fureur et mettant sens dessus dessous ses effets personnels. Alerté par ces vacarmes, ses voisins ont accouru dans sa cellule pour le calmer et surtout mettre de côté tous les objets tranchants à sa portée. 
Selon les informations en notre possession, aussitôt mis au parfum de cette situation, le directeur de prison, Dido Kitungwa, aurait décidé de placer le commissaire Michel Mwila, un autre pensionnaire de la Prison Makala, dans la cellule du colonel Mukalayi afin de veiller à ce que l’irréparable ne survienne pas.     
Il convient de rappeler qu’à la suite du verdict prononcé dans l’affaire Chebeya, le colonel Daniel Mukalayi avait clamé son innocence et interjeté appel. Il en est de même pour les parties civiles Chebeya, Bazana et l’Ong la Voix des Sans Voix(VSV). Depuis lors, tout le monde attend la fixation du procès par la Haute Cour Militaire.  
Pour leur part, dans une lettre ouverte adressée au président de la République le vendredi 20 mai 2011, deux cent seize Organisations non gouvernementales de la défense et promotion des droits de l’homme (ONGDH) de toutes les provinces de la République démocratique du Congo continuent d’exiger une justice équitable pour les défenseurs des droits humains Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi, assassinés, d’après elles, au bureau de l’inspecteur général de la police nationale congolaise.
Elles ont soutenu devant l’opinion tant nationale qu’internationale la réaction de méfiance des parties civiles par rapport à la position de la Cour militaire de Kinshasa-Gombe, prise à l’audience du lundi 09 mai 2011, et confirmée à l’audience de jeudi 12 mai 2011, de vouloir requalifier en simple homicide involontaire les infractions d’assassinats, enlèvements, association de malfaiteurs, détention illégale d’armes et munitions de guerre… 
A cet effet, les ONG des droits humains demandent au président de la République de garantir un procès équitable aux victimes en observation de la promesse faite à l’opinion publique le 04 juin 2010, et plus particulièrement à la veuve Chebeya, de ne ménager aucun effort personnel à rechercher et punir les auteurs de ces crimes crapuleux. Ils se réservent, toutefois, le droit d’activer les mécanismes internationaux, notamment : le Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, le rapporteur spécial de la Commission africaine sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, le Bureau du commissaire aux droits de l’homme du conseil de l’Europe, l’Union européenne. 
 
Tshieke Bukasa 

 

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