Retombées de la crise de 2008 : qu’en est-il du Congo Démocratique ?

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La Finance de Marché, c’est-à-dire l’organisation et le fonctionnement des marchés financiers, qui croule sous l’onde de la Crise hypothécaire aux USA en 2008 (connue sous le label de Subprimes) ne semble pas avoir positivement répondu aux diverses prophylaxies lui administrées.
Le Président OBAMA qui venait d’arriver aux affaires a proposé une tétra thérapie, ainsi présentée par lui-même : protection des institutions bancaires; impulsion monétaire  et financière; coordination des activités et des instituions financières ; Gouvernance mondiale. Mais, avec les difficultés de solvabilité auxquelles son administration et les USA font face, les cures de sauvetage successif que l’Union Européenne doit administrer à nombre de ses membres (lrlande, Portugal, Grèce, ..) pour ne pas imploser, le Président américain doit être en train d’évaluer sa thérapie.

En réalité, c’est depuis 1976 que les risques de crise systémique minent l’Economie internationale. A une époque où il n’y avait pas de mondialisation, il faut reconnaître par là.la nature contagieuse résistance de ces risques». En 1976, les Accords de Jamaïque apportent de grands changements historiques dans la Finance de Marché : le système de change fixe hérité de Bretton Woods est abandonné au profit de changes flottants : le décloisonnement des marchés, l’abandon de l’encadrement des crédits ; l’abandon du monopole de l’agent de change sur le marché (monétaire ou financière) ; l’abandon de l’obligation des titres physiques, et l’apparition de nouveaux titres mêmes matériels tels que les obligations à tous variable; à souscription des bous, (des obligations subordonnées à durée indéterminée).

Mais également l’apparition du contrat à termes, des contrats à option, ou encore des titres de créance négociables.
Ces nombreux  innovations financières, et celles qui vont être inspirées par les nouvelles technologies, conduisant le monde à une explosion des activités financières et institutions bancaires. L’évolution qui en découle est faite de nouveaux marchés et de l’apparition des acteurs tout à fait nouveaux, que sont les sites web financiers et bancaires par exemple. La puissance financière de cette évolution de la finance de marché est indéniable.

Mais aujourd’hui, il y a un «Mais», …. C’est que ce gonflement de transaction financière selon les analystes, n’a aucun rapport avec le financement de la production ni avec celui des échanges. Bref, pas de rapport avec la santé économique des Etats. On devait donc assister tôt, ou tard, à la faiblesse de cette terrible puissance financière : c’est sa fragilité actuelle à travers  le monde. La  crise systémique montre que le découplage entre les activités financières et la production était un ver mortel dans le fruit.
Dans le reste du monde, la crise alimentaire qui s’en était suivie a montré la dangerosité de la mondialisation qui est de nature à faciliter la contagion des risques entre secteurs économiques, branches économiques, et entre pays.

Concernant toujours la RDC, l’état des lieux d’un pays pauvre, en plus très endetté, ne peut qu’être pitoyable dans un contexte international de crise. Le CONGO aurait été doté d’un appareil administratif efficace et adapté que les effets de la crise seraient moins dramatiques. Or, avec une administration publique dépassée, sans budget conséquent, sans compétence à même de concevoir, hiérarchiser, formuler et négocier des projets de développement, les effets externes de la crise ne peuvent qu’être des contraintes mortelles pour le pays.. Le Fonds Monétaire international et la Banque Mondiale, créés à l’époque où nos pays n’existaient pas comme Etats indépendants ne peuvent avoir des missions salutaires pour nous. Ce sont des instruments de domination de l’occident. Ils prêchent l’orthodoxie financière et l’austérité. Ils n’agissent pas mieux que ces églises qui demandent aux malades mourants de jeuner en plus pour être guéris.

Tout dernièrement, en RDC, à l’issue de la conférence du caucus des Gouverneurs des Banques Centrales africaines auprès de la Banque Mondiale, le Ministre Congolais des Finances, MATATA Ponyo, a fait une déclaration aussi significative que troublante : comment, en effet, peut-on qualifier  autrement l’état des lieux donné par le Ministre, qui est fait d’une part, et, d’autre part,  l’impuissance à maîtriser les prix sur le marché congolais ?
Des prix qui flambent, un  pouvoir d’achat symbolique, une production nationale dérisoire,…c’est trop pour ne pas nous alerter sur nos lendemains. Les élus des élections prochaines (novembre 2011) sont avertis, s’ils sont de bons patriotes Congolais. 

Zacharie KOMBE
M. Péro
Analyste Socioéconomique

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