Résurgence en RDC des maladies éradiquées ailleurs

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Chaque année, l’on célèbre la journée mondiale de la Santé à travers tous les pays et en RDC la situation ne fait que s’aggraver sur le plan sanitaire. On observe avec tristesse la résurgence des maladies déjà éradiquées partout ailleurs à la suite de la dégradation des conditions de vie du citoyen moyen, des centres de santé, la prolifération des pharmacies fonctionnant comme des « ligablo » et gérées par des gens qui n’ont rien à envier aux vendeurs des cacahuètes alors que le pharmacien est avant tout un conseiller du malade. Au niveau de la prise en charge des malades, l’on vit des situations tragicomiques caractérisées par l’absence des médicaments de première nécessité et le recours systématique aux ordonnances médicales même à des heures tardives de la nuit et gare à celui qui ne dispose pas d’appui financier car, il se verra ignoré par le médecin et les infirmiers quelque soit l’état de gravité dans lequel il se retrouve. On a eu des cas douloureux où des blessés d’accidents de circulation sont morts dans les couloirs de la salle d’urgence faute d’assistance médicale, car ils étaient sans soutien.

A ce jour, le problème est moins la construction des centres hospitaliers gigantesques que la fourniture des médicaments de première nécessité et des instruments de travail, notamment pour les soins d’urgence. Il y ensuite la question des ressources humaines motivées pour des interventions d’urgence, tels en cas d’accident de circulation aux heures les plus reculées de la nuit. On sait que les salaires du personnel médical sont modiques et payés avec des retards énormes, raison pour laquelle beaucoup des médecins et autres intervenants sanitaires se sont expatriés ou préfèrent des centres hospitaliers privés abandonnant ainsi les hôpitaux de l’Etat à leur triste sort.

Le plus étonnant, c’est que lorsque des malades plus fortunés sont expédiés en urgence vers des hôpitaux de l’Afrique du Sud, ils se retrouvent accueillis par des médecins congolais qui ont choisi le pays de Nelson MANDELA pour bénéficier des salaires et conditions de travail convenables. La ruée vers l’Inde constitue une perte énorme des devises étrangères pour l’économie du pays au profit de celle du pays du MAHATMA GHANDI. Que des saignées opérées dans le trésor public pour envoyer des dignitaires aux soins dans les hôpitaux européens à l’époque de feu le maréchal MOBUTU. Notamment lui-même et les membres de sa famille dont ses enfants et particulièrement sa première épouse Marie-Antoinette née Gbiatene qui mourut en 1977 dans un centre hospitalier de Suisse. 

Budget modique réservé à la Santé

A l’époque coloniale et jusque vers les années 73, le budget alloué par le trésor public au secteur de la santé publique dépassait les 15 % du budget national. Il va connaitre une chute vertigineuses jusqu’à atteindre 0,3 % à la demande des institutions de Breton Wood dans le cadre du programme d’ajustement structurel. Voilà comment le secteur de la santé a dégringolé avec ce que cela comporte comme conséquence sur le plan des interventions de l’Etat pour l’approvisionnement des centres hospitaliers en médicaments, infrastructures sanitaires et motivation du personnel de santé, toutes tendances confondues. Plus de cartes d’ayant droit pour les agents et fonctionnaires de l’Etat et ceux qui émargent du budget de l’Etat, carence des soins primaires et d’urgence, disparition des équipes médicales mobiles pour les interventions dans les coins les plus reculés des villes, notamment pour les campagnes de vaccination contre les épidémies, absence d’ambulances et des bateaux sanitaires sur le fleuve Congo et ses affluents. Voilà pourquoi l’on observe depuis quelque temps la résurgence en RDC des épidémies éradiquées partout ailleurs au Monde, notamment la rougeole, la poliomyélite, la rage canine, des maladies d’origine hydrique et probablement bientôt la fièvre jaune et pourquoi pas la peste si l’on n’y prend pas garde.  

Tel est l’état des lieux de ce secteur si sensible et capital pour la vie d’une nation. Si à l’époque coloniale, des équipes médicales sillonnaient le territoire national pour soigner les paysans tandis que des centres hospitaliers de grandes agglomérations urbaines poussaient comme des champignons. Il est quand même étonnant que des appareils médicaux de la trempe de Scanner, échographie, laser et autres manquent en RDC obligeant des malades à effectuer des dizaines des milliers de kilomètres par avion pour en bénéficier! Et le plus souvent et c’est ce qui est choquant, ce sont des médecins et techniciens congolais que l’on risque de retrouver aux commandes  de ces appareils modernes alors que le pays était sensé consentir des financements pour s’en procurer et l’on économiserait ainsi beaucoup des devises étrangères pour les consacrer à d’autres secteurs de la vie nationale.                                                                 F.M.    

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