Résurgence du M23 : la RDC prête à répondre à toute agression

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lambert_mende_omalanga_congo_zLa sortie de Lambert Mende a été l’occasion, pour nombre de Congolais, d’avoir des réponses à plusieurs questions en rapport avec la situation sécuritaire de leur pays. S’agissant par exemple de la chasse aux forces négatives déclenchée récemment par les FARDC au Nord-Kivu, des médias périphériques soutenaient que l’opération était en train de s’enliser. Selon ces sources, les envahisseurs étaient toujours maîtres des localités qu’ils contrôlaient depuis la défaite militaire du M23, en octobre 2013.

Dans son intervention d’hier devant les médias, le porte-parole du gouvernement a tenu à rassurer tout le monde quant à la bonne conduite, par l’armée nationale, du processus de démantèlement des forces négatives. Citant expressément le cas des rebelles ougandais Nalu, il a indiqué que ceux-ci avaient cessé d’exister militairement après leur mutation en parti politique. A l’en croire, ils cohabitent actuellement avec les autorités ougandaises dans les institutions nationales.

En ce qui concerne les rebelles ADF, Lambert Mende a souligné qu’ils étaient pratiquement écrasés par les FARDC. Répondant aux rumeurs les donnant en partance pour la Province Orientale, il a insisté sur l’inopportunité d’un tel mouvement, aucune chance de survie ne s’offrant aux fugitifs à l’intérieur des frontières congolaises. Bref, dans un délai plus ou moins proche, une croix va être mise sur l’ADF comme force négative présente en territoire congolais.

Abordant le dossier du M23, le Ministre des Médias s’est appuyé sur le récent rapport des Nations Unies confirmant le soutien du Rwanda et de l’Ouganda à ce mouvement rebelle ainsi que la campagne de recrutement de nouvelles unités amorcée par le régime de Kigali. Il a toutefois prévenu que cette fois, le dispositif sécuritaire mis en place à l’Est du pays permet à la RDC d’affronter n’importe quelle agression extérieure.

Le porte-parole du gouvernement a également confirmé l’arrestation, par la justice militaire, du capitaine Banza, aide de camp de feu le général Mamadou Ndala, assassiné le jeudi 02 janvier 2014 dans la périphérie de Beni. Il a fait savoir que de lourdes présomptions de détournement d’effets personnels du défunt pesaient sur l’intéressé, accusé par ailleurs de refus de retourner à Beni, à la demande de sa hiérarchie, pour besoin d’enquête. Son arrestation à Kinshasa devrait est perçue comme la voie ouverte à l’éclatement de la vérité sur les circonstances de la mort de celui qui faut son chef militaire au Nord-Kivu. Mende a demandé à tous de laisser à la justice militaire le temps d’enquêter, de réunir les pièces à conviction et d’organiser, selon les circonstances, une procès public ou à huis clos.

I. DECLENCHEMENT DES OPÉRATIONS DE DESARMEMENT DES FORCES NEGATIVES ET GROUPES ARMÉS IRRÉGULIERS À L’EST

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo ont reçu l’ordre de procéder au désarmement des forces négatives et autres groupes armés irréguliers qui écument la partie septentrionale du pays et sèment la mort et la désolation parmi nos paisibles populations. Cette opération baptisée « Sukola 1 » par son initiateur se déroule simultanément dans toutes les entités administratives où sévissent ces groupes de criminels. Elles suivent de peu la forclusion du délai laissé aux détenteurs illégitimes d’armes et de munitions par l’ultimatum lancé par le Président de la République, Chef de l’Etat depuis la fin de l’année dernière et ne cesseront qu’après la reddition du dernier de ces malfrats qui prennent en otage le peuple congolais.

Au Nord Kivu, les forces régulières congolaises ont entamé depuis le début de l’année des actions d’envergure pour neutraliser les éléments des forces négatives rwandaises des FDLR réfractaires à l’ultimatum de désarmement volontaire. La place forte de cette milice à Mpinga a été assiégée avec succès par nos éléments, ce qui a rendu possible un nombre significatif de captures et de redditions même si un grand nombre de ces éléments ont pris la fuite avec armes et bagages. Conformément aux instructions de la haute hiérarchie du pays, la traque contre les FDLR se poursuit aussi bien au Sud de la province du Nord Kivu que dans la province du Sud Kivu.

Dans le grand Nord Kivu (Beni et alentours) le Chef EMG des FARDC a lancé en personne l’action de désarmement forcé des rebelles ougandais des ADF il y a près d’une semaine.

On va devoir de moins en moins parler des NALU car cette partie de la rébellion ougandaise s’est depuis peu convertie en parti politique et participe aux institutions politiques ougandaises. Les FARDC se trouvent en face maintenant des ADF.

Même si elles reçoivent un appui logistique appréciable de la MONUSCO, les FARDC sont jusqu’à ce jour les seules à mener cette traque contre ces forces négatives. Ici également, les premiers résultats de l’Opération Sukola 1 sont très encourageants car plusieurs places fortes de la rébellion de l’ADF dans le Grand Nord-Kivu sont tombées entre les mains de nos forces. Il s’agit de : Namundiomale, Kambi Ya Mabi, Kalemi, Kanyamuseke, Mazete, Mutshieni et le sanctuaire Mwalika qui servaient de centres de repli et/ou de ravitaillement de ces forces négatives. Les FARDC ont libéré des otages capturés par ces forces négatives qui ont été neutralisés en grand nombre tandis que d’autres sont en déroute. Des sources diverses, notamment dans les médias, ont relayé l’information selon laquelle ces criminels auraient entrepris de s’enfoncer davantage vers l’Ouest, c’est-à-dire dans le Congo profond, notamment en Province Orientale, loin de leurs bases en Ouganda. Pareil mouvement, s’il se confirmait, serait tactiquement insensé, voire suicidaire sauf s’il s’agit pour eux in fine de se rendre aux autorités congolaises.

 II. RÉSURGENCE DU M23 ?

Il est de notoriété publique que la rébellion du M23 a pris fin après une défaite militaire cinglante subie en novembre dernier par cette force négative qui avait été créée de toutes pièces au Rwanda et semble bénéficier de certaines complaisances en Ouganda. C’est la montée en puissance des Forces Armées de la République Démocratique du Congo appuyées par leurs partenaires de la Brigade Internationale d’Intervention de la MONUSCO qui a rendu possible cette performance.

Depuis quelques temps des informations concordantes, de sources crédibles, en l’occurrence  un rapport des Experts de l’ONU, renseignent que les anciens mutins du M23 qui avaient été accueillis au Rwanda et en Ouganda seraient en train de se reconstituer et se réorganiser en procédant à de nouveaux recrutements à partir de ces deux pays voisins qui n’ont jamais fait mystère de leur inclinaison à soutenir cette force négative en dépit de tous leurs engagements internationaux.

Force est de constater que ces deux pays voisins membres de la CIRGL ont accordé asile à des centaines d’éléments du M23 après la défaite militaire de ce groupe armé, en violation flagrante de l’Accord cadre d’Addis-Abeba et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. On sait en effet que ces instruments juridiques avaient fait obligation à toutes les parties signataires de s’abstenir d’accueillir sur leurs territoires les forces négatives qui sévissaient en RDC.

À contrario de cet engagement solennel, le rapport final du groupe d’experts des Nations Unies sur la RDC affirme non seulement que « les rebelles du M23 ont bénéficié d’un soutien continu de Kigali » lors des dernières offensives des FARDC appuyées par la brigade d’intervention de l’ONU mais surtout qu’ils ont « continué de recruter au Rwanda après leur défaite militaire ».

Ces allégations ne surprennent pas le Gouvernement de la RDC, car ceux qui, au Rwanda ont porté le M23 sur les fonts baptismaux semblent déterminés à continuer à sponsoriser cette force négative en dépit de tous leurs engagements en sens contraire. Depuis la déroute du M23, les deux pays multiplient les conditionnalités dilatoires pour le rapatriement de ces éléments attendus en RDC pour leur participation au Programme DDR ou la comparution en justice le cas échéant. Ils semblent ne plus avoir souvenance des engagements qu’ils ont souscrits à Addis Abeba et à New York aux côtés de tous les pays membres de la CIRGL. Et c’est regrettable.

Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo prend très au sérieux les informations sur une nouvelle agression en préparation. Nous n’avons pas vocation à tolérer indéfiniment des sévices contre notre peuple. Ceux qui continuent à en rêver doivent savoir que  notre ferme volonté de vivre en paix avec tous nos voisins ne doit pas être confondue avec une faiblesse. La RDC est préparée à répondre à toute provocation ou agression visant à la déstabiliser, d’où qu’elle vienne et sous quelque forme que ce soit. Pour paraphraser le Chef de l’Etat, « toute nouvelle tentative d’agression sera suicidaire ».

Ceux qui au sein de la défunte mutinerie du M23 se sentiraient pousser des ailes par les appels du pied des fauteurs de guerres dans la région des Grands Lacs doivent savoir qu’il ne leur sera plus jamais donné une énième chance de faire couler impunément le sang des Congolaises et des Congolais

 III. SUITES DE L’ASSASSINAT DU GÉNÉRAL DE BRIGADE MAMADOU MOUSTAFA NDALA

Un certain nombre de nos compatriotes, notamment au Nord-Kivu ont rendu publiques des prises de position en sens divers au sujet des suites qu’il conviendrait d’accorder au lâche assassinat du désormais Général de Brigade Mamadou Ndala, victime d’une embuscade en périphérie de Beni où il exécutait une mission de déploiement des unités du 42ème Bataillon commando pour la traque des forces négatives qui vient du reste de commencer dans cette région.

Le Gouvernement a été vertement critiqué par certains pour avoir relayé les premiers rapports de son personnel militaire sur terrain pointant un doigt accusateur sur les rebelles ougandais des ADF-NALU dans ce forfait. On oublie que cela n’a pas empêché les enquêteurs de notre justice militaire agissant en toute indépendance d’aller au-delà de ces premières impressions et de procéder à des interpellations d’officiers FARDC, ce qui révèle qu’aucune hypothèse n’a été négligée ni privilégiée.

C’est le lieu de renvoyer les détracteurs de l’exécutif à leurs études en rappelant que c’est à la justice seule que revient la charge de désigner les coupables des crimes qui se commettent en RDC et non au Gouvernement, même lorsqu’il émet par souci de transparence une hypothèse qu’une source malveillante peut avoir mis à sa disposition. Nous sommes donc d’avis qu’il y a lieu de se féliciter de la marge d’indépendance qui a permis à notre justice militaire d’aller plus loin que les premières impressions données au Gouvernement par son personnel sur place. Ce n’est du reste pas un hasard si parmi les personnes interpellées par la justice figurent certains membres de ce personnel.

Pour en revenir à la procédure proprement dite sur cette affaire, le Gouvernement qui a pris acte de certaines demandes au sujet de son organisation tient à rappeler que l’enquête a bel et bien démarré. Elle est conduite par un officier général, le N° 2 de l’Auditorat général des FARDC (parquet militaire). Comme dans toutes les procédures, la phase préjuridictionnelle est secrète pour des raisons évidentes d’efficacité.

C’est dans cette optique que s’inscrit l’interpellation à Kinshasa d’un officier ancien collaborateur du Général Mamadou qui doit répondre devant les enquêteurs d’un certain nombre de faits, notamment le vol des effets du regretté Général dont il s’était emparé sans titres ni droit après la mort de ce dernier. Alors qu’un ordre lui avait été donné après les funérailles de Mamadou de rejoindre sa garnison à Beni pour s’y mettre à la disposition des enquêteurs, il a violé cette consigne, préférant prendre contact avec des chancelleries et des médias étrangers à Kinshasa pour « vendre » des prétendus scoops sur la mort de son chef en échange d’un visa pour s’expatrier.

C’est le lieu d’informer nos partenaires des médias que le règlement en vigueur au sein des FARDC, comme dans toutes les armées du monde, interdit aux militaires de se livrer à des déclarations publiques sans autorisation de la hiérarchie (grande muette).

Pour le Gouvernement, le but premier d’un procès judiciaire c’est de découvrir la vérité et permettre le châtiment des coupables. Il ne s’agit pas d’offrir un spectacle ou un défouloir cathartique à qui que ce soit. À la fin de l’instruction préjuridictionnelle, l’ordre judiciaire décidera, en totale indépendance, du jour, du lieu et des conditions du déroulement du procès qui lui est en principe public, sauf décision contraire des juges.

Nous appelons tous les Congolais à respecter et faire respecter l’indépendance de nos institutions judiciaires en s’abstenant de leur adresser des injonctions comminatoires.

Ce dont nous devons être assurés d’ores et déjà, c’est que quels qu’ils soient, les auteurs intellectuels et physiques de l’embuscade qui a coûté la vie au Général de Brigade Mamadou Ndala seront tous jugés et sévèrement châtiés.

Lambert MENDE

OMALANGA

Ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté

 

Porte-parole du

Gouvernement

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