Résultats provisoires de la présidentielle : la Majorité jubile… l’Opposition conteste

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Le président du Bureau de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, a finalement rendu publics, le vendredi 09 décembre 2011 dans l’après-midi, les résultats provisoires de l’élection présidentielle arrêtés par son institution.  C’est Joseph Kabila qui a été proclamé vainqueur de ce scrutin, avec 48,95%, soit plus de 8 millions de voix sur un total de 18 millions de votants, contre 32,33% à Etienne Tshisekedi, arrivé en seconde position. Cette annonce a mis fin à un suspense qui a duré quatre jours, soit du mardi 06 décembre, délai butoir préalablement retenu pour cette formalité, au vendredi 09 décembre, date de la publication effective du verdict. Les reports à répétition des résultats provisoires de la présidentielle ont eu pour effet de paralyser totalement la ville de Kinshasa, où les écoles, les universités, les instituts supérieurs, les marchés, les commerces, les restaurants, plusieurs institutions d’intermédiation financière, l’administration publique, etc. ont dû suspendre leurs activités pendant une semaine, pour des raisons de sécurité.

 Beaucoup de Congolais et d’expatriés redoutaient des violences post-électorales.  Effectivement, la proclamation des résultats provisoires a eu pour effet  de créer deux situations dans la capitale, où l’on constatait  une ambiance de fête à la Gombe pendant que le mécontentement gagnait les cités populaires où des barricades étaient rapidement signalées sur plusieurs artères.   Les forces de l’ordre ont dû intervenir dans plusieurs communes de Kinshasa pour contenir les mécontents. Des blessés voire des morts (quatre selon les chiffres officiels donnés par la hiérarchie policière) ont été enregistrés au cours de plusieurs incidents ayant émaillé la contestation au cours de laquelle des pillards ont été signalés tant dans les rangs des civils que de certains hommes en uniforme. Loin de ce vent de contestation, les cadres et partisans de la Majorité présidentielle s’étaient pour leur part rassemblés pour fêter la mission accomplie.

L’ambiance de fête a touché jusqu’au cabinet du Chef de l’Etat, où son Directeur, Beya Siku, a réuni tous ses collaborateurs pour une manifestation intime. Dans le camp de l’Opposition Politique par contre, la colère était perceptible. Un tollé de protestations s’élevait des états-majors politiques et leaders de cette plate-forme, à la suite du sentiment que l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 n’était ni transparente, ni apaisée. Les chiffres communiqués par la CENI à l’opinion tant nationale qu’internationale étaient vivement contestés, au motif que beaucoup d’irrégularités avaient été constatées le jour du vote.L’Opposition politique se plaint notamment de la non-conformité des résultats provisoires avec ceux consignés dans les procès-verbaux ramenés par ses témoins, de la découverte des bulletins préalablement cochés en dehors des bureaux de vote, du bourrage des urnes, etc. Réagissant au verdict prononcé par Ngoy Mulunda, Etienne Tshisekedi a dans une déclaration faite à France 24, déclaré qu’il se considérait comme le vainqueur de l’élection  présidentielle.

D’autres candidats de l’opposition, à savoir Vital Kamerhe (UNC), Nzanga Mobutu (UDEMO), Mbusa Nyamwisi (RCD-K-ML) ont à l’unisson déploré le non respect de la vérité des urnes. Seul Kengo wa Dondo a dit sa joie d’être désormais le n°1 de l’Equateur à partir du score lui attribué par la CENI. Pour lui, il n’est pas question de contester les résultats, d’autant plus que le Congo est à peine sorti d’une période de conflit.  En attendant la validation officielle des résultats provisoires par la Cour Suprême de Justice par un Arrêt ad hoc, tout candidat en désaccord avec la CENI dispose de deux jours francs pour introduire une requête en annulation ou en rectification des résultats provisoires de la présidentielle. En principe, ce délai court jusqu’à ce lundi 12 décembre 2011 à minuit.

Dans l’hypothèse d’un ou plusieurs contentieux électoraux, cette haute Cour a 7 jours francs pour se prononcer. L’on peut donc penser qu’au plus tard le 19 décembre 2011, s’il n’y a pas une remise en question majeure des résultats provisoires, ceux-ci seraient réputés définitifs, ouvrant ainsi la voie à la cérémonie d’investiture prévue pour le mardi 20 décembre 2011 par la CENI. (Lire de la page 4 à la page 13 le tableau des résultats provisoires de la présidentielle dans le district de la Tshangu, à Kinshasa, et dans la ville de Lubumbashi, au Katanga).

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