Ressources naturelles : troublantes révélations des observateurs catholiques

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La Commission Episcopale de la Conférence Episcopale du Congo  chargée des  Ressources  Naturelles  «  CERN/ Cenco « organise  depuis hier mardi  au  Cepas  un atelier  sur  la relecture de  la lutte contre l’exploitation illégale et la mauvaise gestion des ressources naturelles en RDC.  Et cela à partir des récentes évolutions en vue d’identifier les points d’entrée dans les initiatives locales, régionales… et en informer le public. Mais aussi identifier les priorités pour la société civile et définir des stratégies d’action pour le CERN. Cet atelier prend fin le jeudi 3 février 2011. Sont invités à ce rendez-vous  : les délégués des organisations caritatives,des ministères des Mines, des Hydrocarbures,  des provinces ecclésiastiques, les acteurs sociaux…. . Tout a commencé par le mot d’introduction  de  l’abbé Santedi qui est revenu sur l’activité organisée par la Cenco en août 2010. Le secrétaire général de la Cenco a fait observer qu’en organisant cet atelier, ils veulent marquer un pas de plus dans la lutte menée contre l’exploitation illégale des ressources minières.   L’état des lieux des ressources naturelles fait par les délégués des six provinces ecclésiastiques de l’Eglise catholique en RDC  a constitué l’un des temps forts de la journée d’hier. 
 

Troublantes révélations

On retiendra de la province ecclésiastique de Bukavu  qu’elle englobe le Kivu. La cassitérite, le coltan, l’or, le diamant, le cuivre, le gaz méthane…. sont les principales ressources du Kivu..Les comptoirs et les fonderies  sont quasiment inexistants au  Maniema. Non respect des textes en la matière, iintérférence des autorités politico militaires, villages délocalisés, inaccessibilité dans certains sites en raison de la présence des milices et autres forces négative. Les périmètres miniers ne sont pas limités par le Cami.., a-t-on également entendu. Et comme pistes de solution, le délégué de Bukavu recommande au gouvernement congolais de créer des fonderies, de  revoir la nomenclature des taxes que sont censées payer les sociétés minières.  La province ecclésiastique de Kananga  couvre le Kasai. Comme la Miba est aujourd’hui à genoux, l’industrie artisanale semble au top. Au Kasai, plus de 1.400.000 femmes et enfants vivent de l’exploitation artisanale.
Les  autorités se livrent à l’exploitation des matières précieuses. Curieusement, les villages et cités riches en minerais sont peu  développées. Et comme autres problèmes rencontrés dans les zones minières : mariages précoces, prévalence du VIH dans les zones minières, déperdition scolaire, violations massives des droits de l’homme …


Plusieurs services de l’Etat, entre autres le Parquet et la Mairie,  sont locataires à Tshikapa. La permutation des autorités poltico – administratives ayant presté longtemps dans des zones minières, la vulgarisation du nouveau code minier… font partie des recommandations formulées par le délégué de Kananga. Le Bandundu, le Bas Congo et la capitale, riches en  bois et en pétrole  font partie de la province ecclésiastique de Kinshasa.  Méconnaissance des droits des travailleurs et des communautés locales, dépravation des mœurs, pillage des espaces protégés, déforestation…. tel est le tableau peu reluisant dressé par le délégué du Bas-Congo sur la situation qui sévit dans les coins et recoins « bénis » par Dieu. 
La province du Katanga, riche en minerais de toutes sortes, n’est pas épargnée.  Les violations des droits de l’homme, la pollution, l’apparition de nouvelles maladies, l’installation des usines dans les quartiers résidentiels… sont les problèmes relevés au Katanga.

Le secteur minier est tenu par les asiatiques

Les exposés terminés, le directeur de cabinet adjoint du ministre des Mines a fait état des  mécanismes et stratégies mis en place par Martin Kabwelulu et ceux qui l’ont précédé pour lutter contre l’exploitation illégale des ressources minières.
Joseph Ikoli s’est attardé sur le rôle du Cami. Des redevances minières, des contacts pris avec des partenaires en la matière pour mieux encadrer les exploitants miniers….
Le chef de division Yendea Iyambalimi, du ministère des Hydrocarbures, a parlé des difficultés éprouvées par la Socir pour raffiner le brut congolais, de la faible production du pétrole congolais,, des pourparlers engagés entre les gouvernements congolais et  angolais en ce qui concerne l’exploitation du pétrole du littoral maritime….

 Un pas de plus

D’autres interventions étaient programmées pour cette journée d’hier. Paul Mabolia, Baudouin Hamuli, Ferdinand Muhigiwa respectivement responsables du Comité régional de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles et de la Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs, directeur du Cepas  devraient  parler du sommet spécial sur l’exploitation illégale des ressources qui s’est tenu dernièrement à Lusaka,, des enjeux et défis auxquels est confronté la RDC….
Les travaux vont se poursuivre aujourd’hui  et devraient aboutir à l’identification d’axes stratégiques  d’actions. La lecture et l’adoption du rapport final interviendront  demain jeudi.

Jean- Pierre Nkutu

 

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