Résolution 2270 contre la Corée du Nord : Séoul en appelle au soutien de Kinshasa

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Ki-chang Kwon, ambassadeur de la République de Corée du Sud à Kinshasa, assisté de Yang Taekyun, Premier Secrétaire, Dongjoon Kim, Chef de Mission Adjoint Conseiller et Jung wook Lee, Représentant Résidant de KOICA (Agence Coréenne de Coopération Internationale), a animé un déjeuner de presse hier jeudi 12 mai 2016 au restaurant « Le Gourmand » du Cercle de Kinshasa dans la commune de Gombe. La rencontre a tourné essentiellement autour de la Résolution 2270 du Conseil de Sécurité des Nations Unies contre la Corée du Nord et la coopération congolo-sud-coréenne.

A cette occasion, l’ambassadeur de Corée du Sud a fait savoir que son pays compte beaucoup sur l’appui de la République Démocratique du Congo à la Résolution 2270 du 2 mars 2016 condamnant l’essai nucléaire effectué par la Corée du Nord le 6 janvier 2016 ainsi que le tir réalisé par le même pays le 7 février 2016 en recourant à la
technologie des missiles balistiques. Séoul attend également de Kinshasa un soutien total à cette décision sommant Pyongyang d’abandonner, de manière complète, toutes les armes nucléaires et tous les programmes nucléaires existants ainsi que tous les projets existants de fabrication d’armes de destruction massive et des missiles balistiques. Il a signalé, au passage, que ce texte avait été voté à l’unanimité par tous les Etats membres du Conseil de Sécurité, dont la Russie et la Chine, pays considérés comme des alliés naturels du régime de Pyongyang.

Selon l’ambassadeur Ki-chang Kwon, la République Démocratique et Populaire de Corée est frappée d’embargo diplomatique, industriel, économique, commercial, militaire, technique… suite à son entêtement à poursuivre ses activités nucléaires. En dépit de ces sanctions, elle s’est illustrée par un troisième essai nucléaire et un quatrième après le vote de la Résolution 2270. Un cinquième essai nucléaire est en
chantier.

Le diplomate sud-coréen a également fait état du vote, au Conseil de Sécurité de l’ONU, des textes condamnant les violations des droits de l’homme en République Démocratique et Populaire de Corée. Il a déploré l’abstention de la République Démocratique du Congo. Aussi a-t-il souhaité que s’il y a, prochainement, une nouvelle initiative dans ce
sens au niveau du Conseil de Sécurité, la RDC se range du côté des
pays qui condamnent toutes les antivaleurs qui se développent en Corée
du Nord.
L’ambassadeur sud-coréen a révélé que lors du 7me Congrès du Parti du
Travail de Corée du Nord  organisé dernièrement à Pyongyang, le
président nord-coréen, Kim jong-un, a déclaré péremptoirement que son
pays était résolument engagé dans ses programmes d’essais nucléaires.
Ce dictateur a martelé que la politique des essais nucléaires allait
être menée concomitamment avec celle développement économique et
industriel.
Pareille attitude est perçue par ce diplomate comme une grave menace
sur la paix non seulement pour la Corée du Sud mais aussi pour le
reste du monde. Car, la Corée du Nord est fichée, pour l’heure, comme
l’unique Etat de la planète à se livrer encore à des essais nucléaires
en plein 21me siècle.

Menace d’invasion de la Corée du Nord par les USA… une fuite en avant

Interrogé au sujet de la crainte des autorités nord-coréennes de voir
leur pays envahi par les troupes américaines, l’ambassadeur Ki-chang
Kwon a relevé  que c’est plutôt le contraire. L’obsession de Pyongyang
à développer des armes de destruction massive est fondée sur
l’intention cachée de causer du tort à la Corée du Sud et aux
Etats-Unis d’Amérique. A l’en croire, c’est depuis la fin de la guerre
de Corée, en 1953, que des soldats américains sont positionnés sur le
territoire de Corée du Sud et dans la péninsule, afin de décourager
les velléités d’invasion de ce pays par son voisin du Nord. Entre
28.000 et 30.000 soldats américains présents sur le territoire de
Corée du Sud, a-t-il insisté, sont là pour les besoins de la paix et
non de la guerre.
Il a renchéri qu’au regard de son niveau actuel de développement, la
Corée du Sud n’a aucune raison de chercher la guerre à la Corée du
Nord, car elle risque de perdre tous les acquis de son statut de 7me
puissance commerciale mondiale. Selon ce diplomate, le souci des
autorités sud-coréennes, c’est de cheminer vers la réunification des
deux Corées, afin d’installer la démocratie en Corée du Nord, de
canaliser les dépenses militaires folles vers des projets de
développement et d’éliminer la grande pauvreté qui frappe les
populations de ce pays. Il a fait savoir, à ce propos, que la Corée du
Nord n’a toujours répondu aux appels au « Dialogue à six » qui devrait
la réunir avec la Corée du Sud, la Chine, le Japon, la Russie et les
USA, dans le cadre de la recherche d’une paix durable pour la
péninsule.

300 millions USD pour les échanges commerciaux Kinshasa-Séoul
A une question sur l’état des échanges commerciaux entre la Corée du
Sud et la République Démocratique du Congo, l’ambassadeur Ki-chang
Kwon a indiqué qu’ils se situent annuellement autour de 300 millions
de dollars américains. Les exportations congolaises vers la Corée du
Sud concernent particulièrement le cuivre et ses dérivées tandis que
Kinshasa importe de Séoul surtout des appareils électroniques et
électroménagers. La coopération économique et commerciale parait
encore faible en raison de la méfiance des investisseurs sud-coréens
liée principalement au climat des affaires.
Intervenant en complément à ce dossier, Jung wook Lee, Représentant
Résident de Koica (Agence Coréenne de Coopération Internationale).
Il a révélé que son pays octroie à la RDC, chaque année, 10 millions
de dollars américains au titre de l’aide au développement. Ce chiffre
parait faible mais place Kinshasa en seconde position en Afrique après
l’Ethiopie.
Il a confirmé l’engagement de la Corée du Sud dans des projets de
renforcement des capacités des Congolais. Pays pauvre hier mais
émergent aujourd’hui, la Corée du Sud tient à promouvoir le
développement d’autres Etats en quête d’émergence, dont la République
Démocratique du Congo. La volonté d’aider est là mais les moyens sont
encore limités par rapport aux besoins des Congolais.
Kimp