La République Démocratique du Congo face à la prolifération des  armes nucléaires dans le monde

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Lors de la 72e Assemblée Générale des Nations Unies à New York, le Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères et l’intégration régionale, She Okitundu, qui conduisait la délégation congolaise à l’ONU, venait de signer au nom de la République, un texte interdisant la possession et l’utilisation des projectiles nucléaires.

Une cinquantaine des pays menés par le Brésil, avaient aussi participé à la signature de ce document.
Mon intervention en tant qu’ancien cadre des Forces Armées (Général)
et l’expérience acquise pendant mes fonctions diplomatiques, me
poussent à donner ici mon point de vue sur cette délicate question.
Notre pays, la République Démocratique du Congo, est très vaste
(2.345.000 Km2) et très riche ; ce qui provoque la convoitise de tout
le monde, même nos voisins. Alors, pour mettre à l’abri, et protéger
cet immense territoire, la défense nationale n’a pas droit à l’erreur.
Tous les moyens sont bons pour équiper nos forces armées à réaliser
avec efficacité ses nobles missions (Assurer la protection des
personnes et de leurs biens, protéger nos frontières).
La RDC doit disposer des moyens capables de préserver son indépendance
et de protéger ses intérêts vitaux face aux menaces de toutes sortes.
Pour l’avenir de nos enfants, de nos petits-enfants, nous avons
l’obligation de mettre en place une véritable Armée de dissuasion,
disposant  d’un équipement de premier plan pour décourager un
quelconque ennemi déstabilisateur. Pourtant, l’Accord global et
inclusif de Sun City, en Afrique du Sud, avait donné de l’espoir au
peuple, car il recommandait au Gouvernement de transition de mettre en
place, dans les meilleurs délais, une Armée intégrée et structurée.
Malgré les moyens logistiques considérables mis en place par la
Communauté internationale, le but espéré n’a pu être atteint.
Au lieu de créer une armée modèle au centre de l’Afrique, nous nous
sommes contentés de regrouper des groupes armés pour en faire l’armée
actuelle.
La conséquence en est que depuis plusieurs années, nous ne sommes pas
en mesure de terminer les opérations militaires à l’Est du pays.
Malgré la présence des forces de la Monusco, de la Brigade spéciale,
la situation sécuritaire du pays reste confuse et désespérée. Tout
cela ne favorise pas la venue des investisseurs dans notre pays.
La région de Beni, au Kivu, est devenu un lieu des massacres, des
viols, exploitations illicites des minerais. Il en est de même pour
les régions d’Uvira, Fizi, Baraka. Les gens meurent tous les jours,
pendant que Kinshasa tourne en rond pour faire semblant de trouver des
solutions pour l’organisation des élections.
D’ailleurs, la déclaration du Général Denis Kalume, Coordonnateur du
mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, est
claire:  « la paix n’est toujours pas revenue dans l’Est de la RDC. Et
c’est toujours dans cette partie de notre territoire que nous
enregistrons des problèmes avec nos voisins. C’est pourquoi, de l’avis
de la société civile locale, la RDC doit se désengager de la CIRGL.
Car cette dernière ressemble de plus en plus à une machine à blanchir
l’exploitation illicite de nos matières premières. Pis, l’engagement
souscrit par tous les Etats de ne pas abriter ni soutenir des groupes
armés à partir de leurs territoires n’est toujours pas tenu par nos
voisins. Le Rwanda et l’Ouganda hébergent toujours des criminels de
guerre que nous recherchons».
Toujours dans cet ordre d’idées, l’Envoyé Spécial des Nations Unies
pour la Région des Grands Lacs, Saïd Djinnit se plaint et réclame des
mesures rapides pour neutraliser les groupes armés dans la partie
orientale du pays». La RDC abrite le plus grand nombre des groupes
armés dans la région des Grands Lacs africains. Il ajoutera que
«lorsqu’un pouvoir est élu et bien établi,  il a la légitimité d’agir
et de faire face aux différentes menaces». Fin de citation.
Revenons maintenant à notre sujet principal, sur la prolifération des
armes nucléaires et biologiques.
A mon avis, le document ratifié par mon pays aux Nations Unies,
représente une petite goutte d’eau dans la mer. Je m’explique : la
République Démocratique du Congo est un pays tout à fait spécial au
centre de l’Afrique.
Frantz FANON ne disait-il pas : je cite « l’Afrique a la forme d’un
révolver dont la gâchette est placée en RDC » Fin de citation
Effectivement, la gâchette joue un rôle primordial dans le
fonctionnement d’une arme. La RDC a le devoir d’assurer le bon
fonctionnement de cette partie du révolver d’Afrique, selon Frantz
Fanon.
L’Organisation des Nations Unies, à travers le Conseil de Sécurité,
devrait en principe engager des pourparlers avec des Grandes
Puissances (USA, Russie, Chine, France, UK, et les autres tels que,
Israël, la Corée du Nord, et l’Iran) pour les inviter  à procéder à la
destruction totale ou partielle des armes à destruction massive.
L’Allemagne et le Japon, deux pays hautement industrialisés, n’ont
jamais signé ces documents, car ils sont bien protégés par les USA et
l’Otan. C’est le cas de la Corée du Sud, malgré la menace nucléaire
venant de son voisin du Nord, elle est sous la protection des USA.
Quant à la République Démocratique du Congo, il convient de signaler
que c’est l’Uranium de Shinkolobwe exploité à l’époque coloniale belge
dans l’ancienne Katanga qui avait été vendu aux Etats-Unis d’Amérique
pour la fabrication de la bombe atomique qui avait mis fin à la
deuxième guerre mondiale après les bombardements réalisés à Hiroshima
et Nagasaki au Japon.
Cette mine de Shinkolobwe a été fermée à l’époque de MOBUTU, après
l’adhésion de la République du Zaïre au traité de non prolifération de
l’arme atomique (TPA) en 1986.
La RDC doit jouer son rôle de leadership dans les domaines militaires
et économiques en Afrique. La situation confuse provoquée actuellement
dans notre pays déstabilise une grande partie du territoire africain
(déplacements des populations, tueries, viols) etc.….
Nous constatons maintenant que les FARDC sont absentes sur tous les
théâtres d’opérations en Afrique et au monde. (en dehors d’un bref
séjour de nos militaires à Bangui)
Le Nigeria, le Mali, le Niger, le Tchad, la Somalie connaissent des
moments difficiles avec des activités terroristes. Nous avons le
devoir de les aider militairement. A l’époque, notre armée était allée
secourir, le Nigéria lors de la guerre du Biafra. Nous étions au Tchad
ainsi qu’au Rwanda, pour que la paix règne en Afrique et au monde.
Que devons-nous faire pour la création d’une bonne armée ?
La création d’une armée exige beaucoup d’efforts et de volonté. La
RDC dispose de cadres militaires très compétents, mais mal exploités à
cause de l’incompréhension des hommes. Le budget de l’Etat tel que
présenté au Parlement ne permet pas d’entretenir une armée dans notre
pays.
Mais, il y a quelques années, les Etats-Unis d’Amérique ont mis
gratuitement à la disposition de l’Afrique des unités militaires
intégrées dans l’AFRICOM. Cette grande Unité US est basée présentement
en Allemagne, alors qu’elle devrait se trouver en Afrique. Le Général,
Commandant cette grande Unité, est venu à Kinshasa plusieurs fois pour
demander un endroit stratégique devant abriter l’AFRICOM. Nous avions
même siggéré à l’époque que cette Force (AFRICOM) soit installée à la
Base de Kamina pour des raisons économiques suivantes :
– Réhabilitation de la Base qui tombe en ruine;
– Le personnel civil va trouver du travail, car à l’époque coloniale,
plus de 5.000 civils y  travaillaient;
– Nos troupes seront entrainées gratuitement avec du bon matériel de
guerre (manœuvres, parachutages, etc..)
– Notre embryon de la Force Aérienne sera entraîné sur place et
gratuitement sur de bons avions de chasse et de transport.
D’ailleurs, le Général US, Joe Dunford, Chef d’Etat-major de l’Armée,
au cours d’un point de presse consacré à l’enquête en cours sur
l’embuscade ayant coûté la vie à quatre militaires US au Niger,
reconnaît la présence des soldats américains sur le sol congolais.
Notre pays a intérêt à accepter le cantonnement des troupes de
l’Africom dans la Base de Kamina pour des raisons citées ci-haut.
Si la restructuration bien conduite, les FARDC seront à même
d’accomplir les trois grandes composantes de l’articulation de leur
mission :
– Défendre l’intégrité du territoire national ;
– Assurer la protection des personnes et des biens :
– Contribuer activement au développement du bien-être et de la
croissance économique et sociale du pays. De part leurs multiples
potentialités d’ordre humains et matériel, en réponse aux ambitions du
pays, les FARDC pourront pratiquement étendre leur protection partout
où leur présence serait considérée nécessaire par consensus
international et/ou régional

Général A.
MALU-MALU DIANDA
AMBASSADEUR