Reports des élections en RDC : les USA à bout de patience !

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Les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU ont consacré, le mardi 11 juillet 2017, plus d’une heure à la crise congolaise. La conclusion générale des débats a convergé sur un constat unanime : la cause principale de l’impasse politique est à chercher dans le refus du Chef de l’Etat actuellement en fonctions de rendre démocratiquement le tablier à l’issue de son second et dernier mandat.

Une intervention a singulièrement marqué les esprits. C’était celle de l’ambassadrice adjointe des Etats-Unis d’Amérique à l’ONU, Mme Michele Sison. « Les retards sur les élections ne peuvent pas continuer », a-t-elle martelé du haut de la tribune. Et de poursuivre : « La communauté internationale doit prendre les devants et intensifier la pression seulement sur le président Kabila et son gouvernement, mais aussi sur la Commission Electorale Nationale Indépendante ».

Sur un ton ferme, elle a enjoint la CENI de publier  « immédiatement
» un calendrier électoral, assorti d’une date précise sur la tenue de
l’élection présidentielle. Dans l’entendement de Washington, le peuple
congolais devrait absolument vivre cette année la première transition
démocratique de son histoire. Les USA, a-t-elle laissé entendre à demi
mots, n’entendent pas tolérer un nouveau glissement du calendrier
électoral, comme a tenté de le faire légaliser le président de la
CENI, Corneille Nangaa, à l’occasion de sa dernière séance de travail
avec des experts de l’OIF (Organisation Internationale de la
Francophonie), le vendredi 07 juillet 2017 à Paris.
On peut du reste rappeler à ce propos que ses interlocuteurs ont
refusé de le croire, estimant que les contraintes techniques,
sécuritaires, financières et juridiques évoquées par le précité
pouvaient être vaincues en quelques semaines, s’il y avait, du côté de
Kinshasa, une volonté politique ferme de conduire le peuple congolais
aux urnes.
On signale que d’autres voix se sont jointes à celle des USA pour
exiger la tenue des élections présidentielle et législatives
nationales en RDCongo avant la fin de l’année en cours. C’est le cas
de la France et de la Grande-Bretagne, dont les ambassadeurs aux
Nations Unies ont également insisté sur l’annonce, par la CENI, d’une
date précise pour l’organisation de l’élection présidentielle. Selon
ces deux pays, en dehors de l’Accord du 31 décembre 2016, il n’y a pas
d’autre voie de sortie de la crise congolaise.
«Nous sommes prêts à prendre des mesures supplémentaires pour
sanctionner ceux qui tentent d’entraver la première transition
démocratique en RDC », a prévenu Michel Sison. S’agissant de la
situation sécuritaire, elle a souligné que « le Conseil de Sécurité
devrait envisager des sanctions ciblées pour réduire la violence en
RDC et aider à faire pression sur toutes les parties pour qu’elles
jouent un rôle constructif dans l’avancée du pays ».

Le plan de sortie de crise selon l’ONU

Au terme de leurs échanges, les membres du Conseil de Sécurité de
l’ONU ont établi un plan de sortie de crise qui devrait passer par
l’organisation d’une transition en 2017 ayant pour finalité
l’organisation des élections avant la fin de l’année en cours. Mais,
pour y arriver, il faut que la Ceni clôture les opérations
d’enrôlement des électeurs à Kinshasa comme dans le Grand Kasaï dans
des délais raisonnables et publie en urgence un calendrier électoral
avec une date sans équivoque pour la tenue de l’élection
présidentielle. Il faudrait également que le gouvernement prenne ses
responsabilités pour éradiquer tous les foyers d’insécurité au centre
du pays et ailleurs.
Le Conseil de Sécurité a rappelé, avec force, que l’Accord de la
Saint Sylvestre reste l’unique source de légitimité pour les
animateurs des institutions de la Transition, à commencer par le Chef
de l’Etat. Ses membres ont également fait savoir que le gouvernement
du Premier ministre Bruno Tshibala n’est pas inclusif car mis en place
en violation de la lettre et de l’esprit de l’Accord de la Saint
Sylvestre.
Kimp