Report des élections : mise en garde de CACH à la Ceni, 30 décembre … ligne rouge !

0
233

Vingt quatre heures ont suffi pour que «CACH» (Cap pour le Changement), la coalition qui soutient la candidature de Félix Tshisekedi à l’élection présidentielle, s’exprime sur le énième report des élections par la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni).

On rappelle que les élections couplées – présidentielle, législatives et provinciales – qui devraient se tenir hier dimanche 23 décembre ont été repoussées d’une semaine, soit au dimanche 30 décembre prochain, par le pouvoir organisateur à seulement trois jours de la date initialement fixée, à savoir dimanche 23 décembre.

Ce report, troisième du genre parce que les élections étaient d’abord
censées se tenir en décembre 2016, à l’expiration du dernier mandat
constitutionnel de Joseph Kabila échu le 19 du même mois. Puis elles
ont été reportées d’une année à la faveur de l’Accord de la Saint
Sylvestre ; et enfin fixée au 23 décembre 2018.
Hélas, la tenue des élections qui doivent permettre l’alternance
démocratique tant souhaitée et attendue par les Congolais au sommet de
l’Etat, vient encore une fois de connaitre un énième report.
Situation, comme il fallait s’y attendre, qui ne pouvait que susciter
des réactions. Celles-ci proviennent aussi bien des milieux politique,
scientifique que des organisations de la société civile.
Appelant l’opinion nationale et internationale à constater que le
président sortant Joseph Kabila n’a jamais eu la moindre volonté de
permettre l’organisation des élections libres, démocratiques et
transparentes à l’expiration de son dernier mandat, le 19 décembre
2016, «CACH» prévient la CENI que ce énième report constitue la ligne
rouge à ne plus franchir.
Se référant à la loi électorale qui énonce que la campagne électorale
s’arrête à 48 heures du jour de la tenue des élections, «Cach» estime
qu’en repoussant la date des élections d’une semaine, il va de soi que
la campagne électorale puisse également continuer jusqu’au vendredi 28
décembre à minuit.

« Système ya
contre mur »

Ce slogan lancé en langue lingala (entendez : mettre contre le mur),
a été lancé par le candidat n°20, Félix Tshisekedi Tshilombo. Dans son
bref entretien avec les combattants venus comme d’habitude très
nombreux pour entendre ce que pense la hiérarchie du «Cach» face à ce
énième report des élections par la Ceni, il s’est d’abord employé à
calmer ses camarades qui tenaient à manifester pour dénoncer ce qui
paraît à leurs yeux comme des manœuvres de la Ceni à ne pas organiser
des élections. Avant d’expliquer aux combattants la nécessité d’aller
avec l’adversaire jusqu’à son dernier retranchement. Le temps étant
l’ennemi du mensonge, le pouvoir organisateur des élections manquera à
dire aux Congolais. C’est ce qu’il appelle « Système ya contre mur ».
Il a par ailleurs rappelé aux combattants de l’UDPS et de l’UNC que
plusieurs stratégies, sinon pièges du pouvoir pour contourner
l’organisation des élections ont été déjoué. Et ce n’est pas dans une
semaine projetée que la Ceni aura «Cach» dans son jeu. Puis, il a
donné la parole au Secrétaire générak de l’UDPS Jean-Marc Kabund,
assis côte à côte avec son homologue Jean-Baudouin Mayo de l’UNC, de
faire la lecture de la déclaration de Cach.
Félix Tshisekedi a été précédé au micro par son directeur de
campagne, Vital Kamerhe, qui s’est en premier lieu entretenu avec les
combattants pour leur expliquer les défis du grand enjeu qui les
attend. D’où ils doivent être sages et vigilants pour ne pas laisser
la chance de matérialiser l’alternance tant attendue.

Bye bye Genève !
Répondant conjointement avec son homologue SG de l’Udps aux questions
des journalistes, Jean-Baudouin Mayo a révélé que suivant son esprit
et sa lettre, l’accord de Genève ne doit plus exister. Il est tombé
totalement caduc.
En effet, hormis le fait que l’accord interdisait d’aller aux
élections avec la machine à voter, position que le candidat de Lamuka
n’a pas pu respecter parce qu’ayant fait volte-face en acceptant
d’aller aux élections avec la machine à voter, il était également dit
que « si au 23 décembre 2018, les élections ne sont pas organisées, on
va procéder à la désignation d’un nouveau candidat commun ». Pour le
SG de l’UNC, il est clair que cet accord de Genève ne peut plus
exister.
Dom
Déclaration politique de CACH suite au énième report des élections en RDC

1. Le CAP pour le Changement (CACH) a suivi avec consternation, mais
sans surprise, l’annonce en ce jour par Mr Corneille Nangaa, Président
de la Commission Electorale Nationale Indépendande (CENI), du report
au 30 décembre 2018 des élections tant attendues le 23 décembre 2018
par tout notre peuple;
2.  L’opinion nationale et internationale se rappelle que le CACH,
bien que convaincu que Monsieur Joseph Kabila n’a jamais eu la moindre
volonté de permettre l’organisation des élections libres,
démocratiques et transparentes à l’issue de son second et dernier
mandat échu, depuis le 19 décembre 2016, avait levé l’opinion
courageuse de participer aux échéances électorales avec ou sans
machine à voter;
3. Bien avant l’annonce du report des scrutins, il a été constaté
d’une part, une militarisation à outrance à travers le territoire
national et d’autre part, la violation de la loi électorale, en
particulier l’article 28 par certains gouverneurs de provinces, dont
celui de Kinshasa, qui se sont permis d’écourter la campagne
électorale;
4. Le CACH demeure convaincu que Joseph Kabila ne veut ni quitter le
pouvoir, ni organiser les élections au terme du nouveau délai annoncé;

De ce qui précède, le CACH :

1. Réaffirme sa position maintes fois exprimée d’aller aux élections
avec ou sans machine à voter;
2. Condamne avec la dernière énergie cette énième forfaiture de Joseph
Kabila qui grippe le processus électoral pour le maintenir
illégalement au pouvoir;
3. Met sévèrement en garde Mr. Joseph Kabila et prévient qu’il
n’acceptera pas un autre report même d’un jour;
4. Affirme poursuivre sa campagne jusqu’à 24 heures du scrutin,
conformément à l’article 28 de la loi électorale, soit le 28 décembre
2018 à minuit;
5. En appelle à la vigilance du peuple souverain mais aussi à celle de
la Communauté Internationale, en l’occurrence les pays voisins, l’ONU,
l’UA, la SADC, l’UE ainsi que les USA;
6.  Appelle le peuple congolais à se mobiliser en vue d’obtenir les
élections au 30 décembre 2018, par des actions pacifiques,
d’envergure, et au cas contraire poursuivre ces actions et même les
amplifier jusqu’au départ du régime de Joseph Kabila.

Fait à Kinshasa, le 21 décembre 2018
Pour le CACH
Félix Tshisekedi
Vital Kamerhe

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •