Report des élections dans les barreaux du pays : le torchon brûle entre avocats

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Zemanta Related Posts Thumbnail « Pour aller vite, il faut partir seul. Mais pour aller loin, il faut partir ensemble.» proverbe africain rappelé par l’ancien vice-président américain AL GORE quelques jours après  l’obtention de son prix Nobel de paix en 2007. Ce proverbe de nos contemporains trouve tout son sens lorsqu’on est en face des membres d’une même corporation qui se déchirent pour des ambitions et intérêts personnels jusqu’au point de jeter par-dessus bord le respect dû aux ainés et aux autorités de l’ordre à qui nous devons plutôt déférence.

L’insulte a élu domicile, contre toute attente, dans la bouche même de ceux-là qui revendiquent d’être le sel du monde. Socrate disait : « en apprenant on acquiert aussi bien les connaissances que les vertus et l’on devient meilleur dans son aspect morale ». Que vaut le savoir d’un homme sans repère moral. Que représente la science des avocats qui n’ont pour forme de dialogue que la calomnie, les injures, les insanités, obscénités et le dénigrement du bâtonnier national et les membres du Conseil National de l’Ordre sur internet sous le sceau lâche de l’anonymat, qu’ils ont substitué aux débats d’idées, pourtant seul moyen reconnu aux élites pour faire jaillir la lumière et donner corps aux solutions pour la bonne marche des barreaux de la République Démocratique du Congo.

Etonnant qu’aujourd’hui les hommes qui veulent diriger  leurs pairs sous-tendent leur projet de société construit sur une analyse discursive prosaïque digne des spectateurs d’un concert de musique livré en plein air, au stade des martyrs sans nul doute. Etonnant aussi, la politique de vilipender les autorités ordinales et de souhaiter briguer les fonctions qu’ils assument aujourd’hui, sans s’assurer de l’existence de la potion qui rend éternellement  jeunes.

            On ne peut pas vouloir une chose et son contraire à la fois. On ne peut pas prétendre vouloir la grandeur du barreau congolais et livrer ses autorités en pâture pour les seuls besoins électoraux. En effet, les périodes électorales sont  propices à toutes sortes d’influences et de luttes entrainant toutes sortes de dérives tant dans le monde politique que dans des corporations socioprofessionnelles.

            La lutte pour le pouvoir est parfois impitoyable. Elle déchire les nations et divisent les membres d’une même famille. Elle offre une tribune aux anarchistes pour installer le chaos et précipiter les organisations dans un état de  déliquescence inouïe pour servir leurs intérêts. Pour parvenir à ce résultat, les faiseurs des troubles utilisent généralement la jeunesse qu’ils mobilisent et s’en servent comme marche pied à jeter dans les oubliettes dès lors que leur objectif est atteint, leur soif  étanchée.

            Que reproche-t-on concrètement à la décision du Conseil National de l’Ordre rendant éligible seuls les avocats inscrits au tableau de l’ordre depuis au moins quinze ans? Est-ce un crime de lèse-majesté que de confier  la direction du barreau congolais à l’expérience des ainés ironiquement appelés vieux par les détracteurs fantômes ? Comment se fier aux jeunes inexpérimentés avides du pouvoir, souvent impulsifs et prêts à utiliser le pouvoir de l’Ordre comme instrument de dissuasion contre les plus jeunes confrères qu’eux-mêmes, pourtant soucieux de cerner les méandres de la profession. Combien de fois n’a-t-on  pas entendu et vu les jeunes membres du Conseil de l’Ordre admonester en public et sans égards un avocat stagiaire simplement pour leur avoir dit «  bonjour confrère »  en omettant tout simplement et par mégarde, de nommer le titre sacrosaint d’honoré confrère ?

            Confier le cockpit  du barreau à des tels jeunes prêts à créer un scandale pour une simple salutation sans mépris aucun, serait justement répondre à la question : où va le barreau ? L’intérêt du débat n’est pas de priver la jeunesse de son droit d’accéder aux fonctions du barreau, mais plutôt de la préparer justement à les assumer avec dignité, sagesse et délicatesse. Cette préparation permet indéniablement aux jeunes avocats de séparer  le bon grain de l’ivraie, en vue de se constituer un corps des dirigeants d’un acabit à l’avenant du barreau de la République.

            La lutte pour le pouvoir est parfois impitoyable, disais-je dans les lignes précédentes. Les échéances électorales dans le barreau de la République sont une nouvelle occasion  pour  les avocats, plaideurs sur internet d’étaler sur la place publique leurs ambitions démesurées, de rabaisser la noblesse de la profession d’avocats pour laquelle les « vieux avocats » se sont battus à leur corps défendant  et sans se ménager pour  élever la corporation au rang où elle est aujourd’hui mieux qu’hier.

On se mentirait aujourd’hui, si l’on ignorait les mérites du bâtonnier national MBUY MBIYE TANAYI, inscrits en lettres de feu dans les annales du barreau de la République. Il n’est certainement pas un saint, personne ne l’est d’ailleurs, par sa rigueur dans le traitement des dossiers soumis au Conseil National de l’Ordre, sa passion pour le travail, son acharnement pour la perfection et son intégrité morale cependant il a su se distinguer de ces prédécesseurs dans l’accomplissement des charges de la plus haute fonction du barreau.

            C’est ici le lieu de rappeler les mots de Georges CLEMENCEAU : « quand on remplace les imbéciles, on n’est remplacé par les incapables ».  Par ailleurs, il sied tout de même de rappeler que contrairement à d’autres organisations ou institutions, chez les avocats  tout est coulé dans les textes des lois comme garde fous pour contenir les dérives de chacun. Malheureusement, il y’a de ceux -là  qui ne le comprennent pas. Comprendront-ils cela lorsque cheveux blancs dans la tête, ils seront sujets d’aversion pour les futurs jeunes.  Peut-être que les véritables belligérants sont ailleurs, les jeunes avocats n’étant que bouc émissaire des velléités des anciens.

            A ce sujet, l’on lit sous la plume d’un vieux roturier de la politique en la  personne de Léopold SEDAR SENGHOR qui, avant son départ disait à ABDOU DIOUF: « Ce ne sont ni les vieux ni les jeunes qui te feront la guerre mais ceux de ta génération.»

 ANGELUS

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