Réponse à une fronde : Busa radié du MLC

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jean lucien busa5Tous les analystes politiques qui ont pris connaissance, le lundi 22 juillet, de la décision de Jean-Lucien Bussa, soutenu par un groupe de députés et sénateurs, et portant création d’un « courant démocratique et rénovateur » au sein du MLC (Mouvement de Libération du Congo) s’attendaient à ce que la foudre lui tombe sur la tête. Effectivement, réuni en urgence hier mardi au siège du parti, le Collège des Fondateurs a frappé fort, en décidant de radier purement et simplement ce cadre rebelle.

Une mesure autre que celle-là aurait étonné le commun des mortels, au regard de la gravité des propos contenus dans la déclaration politique du dissident et ses compagnons, accusant notamment le président national du parti de dictateur, de violateur permanent des textes… et méconnaissant l’autorité du Collège des Fondateurs ainsi que du Secrétaire Général. Une authentique rébellion est née au sein du MLC, où ses animateurs ont juré de lancer le combat du «changement» de la gouvernance.

Après l’exclusion définitive de Lucien-Bussa, présenté jusqu’il y a peu comme un des fidèles du «Chairman», mais aujourd’hui accusé de faire le jeu du «pouvoir», le  bal des chauves peut poursuivre son cours sur l’avenue du Port. Il y a lieu de constater que plusieurs cadres ayant milité avec Bemba aux premières années de la rébellion, entre 1998 et 2003, ou ceux l’ayant rejoint à la veille de la mise en place du Régime 1+4, l’abandonnent au fur et à mesure que s’éloigne l’époque du gouvernement de Gemena. La plupart d’anciens du MLC ont pour point commun la traversée de la rue, pour le camp de la majorité au pouvoir.

L’adhésion des cadres de ce parti de l’Opposition à son combat pour l’alternance au sommet de l’Etat serait-elle superficielle ? L’éloignement géographique et la longue absence physique de Jean-Pierre Bemba auraient-ils émoussé l’engagement politique de certains ?  La guerre des clans serait-elle si rude qu’elle empêcherait la cohésion interne ? Les ambitions politiques seraient-elles difficiles à gérer par les plénipotentiaires du Chairman ?

Dans l’attente des réponses à ces interrogations, il importe de constater que le MLC est sérieusement secoué par une crise interne à la veille des élections provinciales, sénatoriales, communales et locales. C’est comme si ses cadres disposent d’agendas cachés qu’ils ne dévoilent que quand ils sont poussés vers la porte de sortie.

 Kimp

Décision n°001 portant radiation d’un membre du Collège des Fondateur

L’an 2013, vingt troisième jour du mois de juillet;

Nous, membres du Collège des Fondateurs du Mouvement de Libération du Congo, MLC en sigle;

Vu les Statuts du Mouvement de Libération du Congo, tels qu’amendés et adoptés par le Collège des Fondateurs en date du 26 octobre 2008, spécialement en leurs articles 26 et 28;

Vu le règlement intérieur particulier du Collège des Fondateurs, spécialement en ses articles 4,5,14 et 15;

Attendu que l’Honorable Jean-Lucien Bussa Tongba a tenté délibérément de créer un mouvement parallèle au sein du Parti, en violation des dispositions pertinentes des Statuts et du règlement intérieur qui régissent le MLC;

Attendu que par sa déclaration signée le 22 juillet 2013, il porte gravement atteinte à l’image de marque du Parti;

Attendu que ces faits constituent des fautes disciplinaires au regard des articles 23 et 24 du Règlmement intérieur du MLC;

Considérant la gravité des faits;

Attendu qu’à l’issue de l’exalen de son dossier par le Collège des Fondateurs, il se dégage qu’il y a lieu de se sanctionner conformément aux articles 25 et 30 du Règlement Intérieur du Parti;

Décidons la radiation de l’Honorable Jean-Lucien BUSSA TONGBA du Mouvement de Libération du Congo.

 

Demandons au Secrétaire Général du Parti de tirer toutes  les conséquences qui s’imposent à la suite de cette décision.

Fait à Kinshasa, le 23 juillet 2013

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