Réorganisation et impunité au sein de l’armée : le message de Washington aux autorités congolaises

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L’enfantement de l’armée congolaise dont le processus a débuté en 1998, préoccupe la quasi majorité des partenaires extérieurs de la RDC. Tous s’activent au chevet du Congo démocratique, pour l’aider à mettre sur pied une armée républicaine, apolitique et disciplinée, réellement dévouée à la cause de la défense de l’intégrité territoriale. Une force armée capable de bouter dehors toute menace à sa souveraineté.
Au cours de ce processus, de nombreux cas de violences sexuelles et de viols des femmes et des fillettes ont été relevés. Plusieurs partenaires ont élevé la voix pour dénoncer les abus commis par des militaires envoyés au front Est, dont la plupart n’ont pas fait l’objet de poursuites judiciaires. Après les recommandations de l’Union européenne aux autorités congolaises, le gouvernement américain vient de dépêcher à Kinshasa, le Secrétaire d’Etat adjoint chargé des affaires politico-militaires pour dcliner le même message invitant l’exécutif congolais à lutter contre l’impunité.

    Andrew Shapiro a rencontré le week-end dernier, le Premier ministre congolais Adolphe Muzito, en présence du ministre de la Défense Mwando Simba et le conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité.
    Au menu de leurs entretiens, la réorganisation et la lutte contre l’impunité au sein de l’armée. A ce sujet, le secrétaire d’Etat adjoint chargé des affaires politico-militaires a insisté sur la nécessité de respecter les droits humains. A l’en croire au sortir de cette audience, les officiers accusés de violations des droits humains ne devraient pas être promus dans l’armée.
On se rappellera à ce sujet qu’il y a peu, un rapport de l’Onu accusé un officier supérieur, pour avoir pris part aux viols massifs des femmes à Fizi.  Bien que le lieutenant-colonel  Kibibi Mutware avait nié les faits, il a reconnu que les soldats qui avaient attaqué la ville de Fizi et s’étaient livrés à toutes ces violences sexuelles, avaient désobéi à ses ordres.
    Au cours des entretiens entre Muzito et Shapiro, le diplomate américain a une fois de plus réaffirmé la volonté du gouvernement de son pays d’apporter son assistance à l’armée congolaise, mais qu’il tenait à être rassuré que la RDC se préoccupe des droits humains.
La démarche américaine qui ne fait qu’enfoncer le clou, après des pressions déployées par l’Union européenne et l’Organisation de Nations unies, sur l’exécutif congolais, repose sur des faits vécus par certaines populations de la partie Est de la république.
    De nombreux cas de violences sexuelles et des viols avaient été commis en leur temps, par certains officiers supérieurs de l’armée congolaise, dont le général Bosco Tanganda. C’est en effet, pour ces faits et l’enrôlement des enfants-soldats dans les rangs de son ancien groupe rebelle, qu’un mandat d’arrêt a été délivré contre lui, par le parquet de la Cour pénale internationale.
    Le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé des affaires politico-militaires signale d’autre part, que cette question a été évoquée lors de ces entretiens, ainsi que l’avenir de ces personnes.
Il a martelé que ces officiers supérieurs impliqués dans les affaires des violences sexuelles et des cas de viols, ne méritent pas de travailler sous le règne de l’impunité et continuer à bénéficier de promotions.
Le message d’Andrew Shapiro devrait interpeller les autorités congolaises dont on se rappelle les récentes prises de position virulentes, au lieu de sauter sur l’occasion, pour déclencher des poursuites judiciaires en règle contre les violeurs.
    Aujourd’hui, les nombreuses victimes de violences sexuelles se sentent abandonnées à leur triste sort, alors que l’opinion est persuadée qu’avec le règne de l’impunité, c’est la confiance entre la population et son armée qui est érodée. Et c’est un précédent fâcheux qu’il faudrait vite évacuer si l’on tient à recourir aux suffrages de cette frange importante de la population aux prochaines échéances électorales.
    Dans les villages ou villes investis par certains éléments armés indisciplinés, l’on ne cesse de se plaindre pour ces violences sexuelles qui ont valu à notre pays, des superlatifs et autres qualificatifs du genre «  capitale mondiale du viol ».
    L’armée qui est l’école de la discipline par excellence, devrait assainir les mœurs dans les rangs de la troupe où certains soldats se complaisent dans des abus dans les zones opérationnelles.

                                                                              J.R.T. 

 

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