Rentrée 2013-2014 : frais scolaires, véritable casse-tête des parents

0
34

IMG_5309Le compte à rebours a commencé. Le 2 septembre 2013, soit dans moins de 3 semaines, les bleus et blancs devront retrouver le chemin de l’école. Déjà, leurs parents sont sur le qui-vive, car les besoins sont tellement énormes : achat d’uniformes (désormais vendus au sein de l’établissement scolaire fréquenté), de manuels scolaires, cahiers, livres, etc., Les enfants doivent également être en règle avec le paiement des frais scolaires… Toutes ces charges, y compris tant d’autres, font très souvent une brèche sur la maigre enveloppe salariale des parents congolais, dont la plupart sont des gagne-petits.

En effet, les exigences de paiement des frais scolaires, particulièrement, donnent du fil à retordre aux parents pauvres qui, pourtant, désirent ardemment voir leurs enfants se rendre à l’école. Contrairement à la campagne véhiculée tambour battant dans les médias sur la gratuité de l’enseignement primaire, il s’avère, en réalité sur le terrain, qu’au fond, l’Etat n’a supprimé qu’une rubrique qui n’a aucun impact dans la globalité de l’enveloppe disposée pour régler les frais scolaires. A titre exemplatif, dans certaines écoles, c’est juste une modique somme de plus ou moins 10.000 FC qui est soustraite de montant s’élevant à près de 200 USD( 180.000 FC) !

Ainsi, autant à l’école secondaire qu’en primaire, les parents continuent allégrement à prendre en charge les enseignants, du début jusqu’à la fin de l’année. Mais compte tenu de la précarité des revenus de la plupart des responsables de familles, rien n’est très sûr qu’ils vont maintenir le cap jusqu’à la fin de l’année. C’est le cauchemar. D’ores et déjà,  plusieurs d’entre eux ne cachent plus leur peur et ne savent pas à quel saint se vouer.

            Comme les années précédentes, nombre d’écoliers risquent de regagner le bercail malgré eux et beaucoup d’autres, cependant, seront obligées d’emprunter le droit chemin qui mène à l’école buissonnière, faute de pouvoir s’acquiter de ces frais. Conséquence : grossissement des rangs des polissons de rues, communément appelées « shegués » ou « Kuluna ».

En définitive, il revient au gouvernement Matata Ponyo de cogiter sur ce problème très préoccupant de la société, afin de trouver des solutions durables en amont, autrement dit, en octroyant aux fonctionnaires, enseignants, militaires, policiers, bref, à toutes les catégories des travailleurs congolais, des salaires décents, capables de leur permettre de faire face aux coûts de la vie.

En attendant, l’opinion publique a toujours présent à l’esprit les promesses électorales sur la gratuité de l’enseignement primaire et secondaire. Elles étaient, faudrait-il les rappeler, non restrictives et totales.

 Pour rappel, la première phase de ce plan de gratuité a démarré à la rentrée scolaire 2010-2011 et concernait les classes de première, deuxième et troisième années primaires dans toutes les provinces (…), sauf Kinshasa et Lubumbashi. La seconde phase de ce plan, qui devra sans doute être mise en œuvre cette année, doit tenir compte de ces deux villes ainsi que toutes les classes de primaires.

 Tshieke Bukasa

LEAVE A REPLY

*