Rendez-vous à Kampala ce mardi : Guerre des nerfs entre Kinshasa et le M23 !

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Zemanta Related Posts ThumbnailLa facilitation ougandaise a remis à ce mardi 10 septembre 2013 la réouverture des négociations entre Kinshasa et le M23, après avoir constaté l’arrivée tardive de la délégation congolaise hier à Kampala. Cela constitue un jour de retard par rapport au chronogramme décidé par les Chefs d’Etat et de gouvernement ayant pris part, le jeudi 05 septembre, au 7me Sommet extraordinaire de la Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs (CIRGL), qui avaient donné un ultimatum de trois jours aux deux parties pour regagner la table des négociations. De part et d’autre, aucune objection n’a été émise à ce sujet.

L’intérêt des délégués de l’ONU, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine et des USA pour une solution négociée entre le gouvernement congolais et un mouvement rebelle fait tiquer. Cela pousse à se demander si les Concertations nationales en cours au Palais du peuple comptent aux yeux de la communauté internationale. S’il est acquis que la solution à la crise congolaise doit venir de Kampala, les compatriotes qui sont appelés à discuter cohésion nationale, paix, bonne gouvernance, l’intégrité territoriale, souveraineté nationale… risquent de ficeler des vœux pieux et sans lendemain.

 

Quorum impossible

 

Mais, sur le terrain, des zones d’ombres persistent. Avec le format de 12 délégués annoncés des deux côtés, toute possibilité d’une plénière est exclue, faute de quorum. En effet, selon le règlement qui régit les pourparlers, un tel exercice requiert un plus nombre plus important de participants.

En attendant le renouement effectif du fil du dialogue entre les deux camps protagonistes, la guerre des nerfs est à son comble. Kinshasa comme le M23 ayant rejeté les moutures proposées en mars 2013 en vue de la conclusion d’un accord, un texte de compromis est attendu de la facilitation ougandaise. Et, dans le souci d’éviter un choc frontal autour de la table des négociations, il a été demandé aux experts de Kinshasa et à ceux de la rébellion de faire parvenir à la facilitation, par écrit, leurs observations concernant la mouture susvisée.

 

Langage de sourds

 

A ce stade, les enchères ont pris l’ascenseur le dernier week-end. Car François Mwamba, Coordonnateur du Comité de suivi de l’Accord-cadre d’Addis –Abeba et chef des experts congolais, a fait savoir d’ores et déjà qu’il n’est pas question d’accorder une quelconque amnistie aux membres du M23, ni de les intégrer dans les institutions de la République ou l’armée. A son avis, toutes les revendications de ce mouvement rebelle en rapport avec l’Accord du 23 mars 2009 signé entre le gouvernement et le CNDP ont été déjà vidées. Par conséquent, aucune concession n’est à faire aux rebelles, dont l’unique alternative reste leur désarmement suivi de l’autodissolution de leur organisation criminelle.

S’exprimant sur le même registre, Bertrand Bisimwa, chef militaire du M23, a posé deux préalables au désarmement : l’éradication des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) et le rapatriement de tous les réfugiés tutsi congolais vivant en Ouganda, au Rwanda et au Burundi. Il a déclaré, avec ironie, que les membres de son mouvement n’étaient intéressés ni par des postes dans l’armée, ni dans les institutions congolaises.

 

L’agenda caché

de Kigali

 

Lorsque l’on analyse les conditions posées par le M23 pour renoncer à l’opposition armée, l’on se rend compte qu’il s’agit d’un piège, dont le déverrouillage va exiger plusieurs années. Qu’on se souvienne que c’est depuis 1994 que les présumés miliciens Hutus rwandais génocidaires campent sur les terres congolaises du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. En dépit des campagnes militaires à répétition d’extermination des forces négatives sur le territoire congolais menées par les armées ougandaise et rwandaise et des opérations mixtes avec l’armée congolaise, de 1996 à 2013, les FDLR ont toujours la peau dure.

Ce serait, de la part des autorités congolaises, engager un pari impossible que d’accepter la mission suicidaire de traquer ces rebelles rwandais. La Monuc ou la Monusco, qui use tantôt de la persuasion, tantôt des menaces de recourir à la force, n’a pas encore réussi une aussi délicate mission.

Quant à la requête relative au rapatriement des tutsi congolais de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi, il ne s’agit de rien d’autre que de l’agenda caché de Kigali visant l’implantation de nouvelles colonies de populations étrangères au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.

Kimp

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