Remise-reprise CEI-CENI ce jeudi : Malumalu cherche-t-il à tricher ?

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Après les émotions fortes de l’échec de l’attaque armée, dimanche en début d’après-midi, menée par des inconnus contre le Palais présidentiel, au quartier GLM, dans la commune de la Gombe, les projecteurs de l’actualité sont de nouveau braqués sur les modalités de passage de pouvoir entre la Commission Electorale Indépendante (CEI) de l’abbé Apollinaire Malumalu et la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), du pasteur Ngoy Mulunda. A en croire les nouvelles en circulation dans les salons politiques de Kinshasa, la cérémonie de remise-reprise entre les bureaux sortant et entrant de cette institution d’appui à la démocratie est programmée pour ce jeudi 03 mars 2011.

 

    Un tel rituel ne devrait, logiquement, poser aucun problème, étant donné que la CEI, appelée à disparaître au terme de la période de Transition « made by Sun City » (2003-2006) en était à jouer des prolongations qui n’ont cessé d’agacer des Congolais pressés d’oublier le cauchemar des ratés du processus électoral de 2005-2006. Mais, voici qu’au moment où la CENI s’apprête à prendre ses quartiers à l’immeuble de l’ex-Banque du Peuple, sur les bords du Boulevard du 30 juin, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, des interrogations surgissent au sujet d’une opération qui a tout l’air d’une manoeuvre d’endossement de l’actif et du passif de l’équipe de Malumalu par celle de Ngoy Mulunda, sans la moindre vérification des comptes.

    Or, selon les textes organiques de la CEI, celle-ci ne peut s’effacer de la scène sans que ses animateurs n’aient déposé  à l’Assemblée Nationale, pour débat et adoption, leur rapport de gestion. Autrement dit, la remise-reprise entre le bureau de la CEI et celui de la CENI ne peut s’opérer avant que les députés ne pris connaissance et critiqué la gestion de l’abbé Malumalu et consorts.

Les observateurs se demandent, à ce propos, pourquoi donne-t-on l’impression de vouloir précipiter la passation de pouvoir entre la CEI et la CENI. Tout le monde sait que la session parlementaire s’ouvre le 15 mars, c’est-à-dire, dans 12 jours. L’abbé Malumalu aurait-il des choses à cacher ?  Les Congolais voudraient, à travers la représentation nationale, savoir ce que la CEI a fait d’importants font reçus, depuis 2007, tant du gouvernement que des partenaires extérieurs dans le cadre des opérations pré-électorales.

    La gestion des fonds, des kits électoraux et du personnel d’appoint a-t-elle répondu aux critères de transparence ? Pourquoi les opérations de révision du fichier électoral souffrent-elles des imperfections qui font penser à un travail d’amateur ? Pourquoi les centres d’enrôlement des électeurs sont-ils installés à plus de 50 voire 100 Km de ceux-ci ? Pourquoi leur nombre est-il si réduit, au point de faire croire qu’il y aurait une volonté manifeste d’empêcher certains compatriotes de voter et certains territoires d’être représentés au prorata de leur poids démographique ? Comment expliquer les mouvements d’humeur que l’on a souvent enregistré du côté tant des agents effectifs de la CEI que des temporaires, mécontents des arriérés de salaires ou de « per diem » impayés ? La CEI aurait-elle été, à l’image certaines structures bien connues de la place de Kinshasa, l’objet d’un pillage organisé ?

    Les Congolais veulent simplement savoir. Et, pour ce faire, ils attendent les avis et considérations des députés nationaux sur la gestion de Malumalu. Passer outre cette procédure n’aurait d’autre conséquence que de faire accréditer la thèse selon laquelle les gestionnaires de la CEI n’auraient pas les mains propres. L’on ose croire qu’en leur qualité de serviteurs de Dieu, l’abbé Malumalu et le pasteur Ngoy Mulunda vont tout faire pour évacuer le doute qui habite des millions de compatriotes.

            Kimp

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