Refoulés de Brazzaville : des suspects interpellés

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refoulerDeux sujets d’actualité, à savoir le refoulement massif des Congolais et la session de la Commission tripartite Ouganda-RDC-HCR tenue à Kampala, ont dominé la conférence de presse de Richard Muyej, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, animée le vendredi 2 mai 2014 dans son cabinet de travail. Concernant le premier point, le ministre a révélé qu’à ce jour 59.221 Congolais de Kinshasa sont rentrés au pays, certains refoulés et d’autres volontairement, alors que sur la deuxième matière il s’est appesanti sur le retour de la paix et le rétablissement de l’autorité de l’Etat dans les espaces du Nord-Kivu, naguère occupés par les forces négatives du M23, ainsi que le naufrage intervenu sur le lac Albert, le 22 mars dernier, qui a occasionné la mort de plus de 200 personnes.

            En effet, a précisé le ministre, ces refoulements débutés le 5 avril dernier ont causé le retour au bercail de 59.221 personnes dont environ 23.000 enfants et 14.000 femmes. « Cependant, tous ne sont pas refoulés ; beaucoup ont choisi de rentrer librement au pays. La plupart en ont ras-le-bol de ces mouvements d’expulsion et ont choisi de rentrer au pays… », a indiqué le ministre, soulignant tout de même que des dispositions sont prises quant aux craintes de voir des individus malsains s’infiltrer en terres congolaises. D’où la mise sur pied des centres de transit où quelques cas dangereux ont été surpris et transférés à la police pour leur donner la possibilité de se justifier.

            Au sujet de l’éventualité d’une plainte contre le gouvernement du Congo Brazzaville auprès des instances internationales pour viol et autres traitements dégradants, Richard Muyej a déclaré qu’on n’en est pas encore là. « On est en train de recueillir des éléments. Certes, certaines vidéos circulent sur internet, nous sommes en plein processus d’identification et d’authentification des sources…».

            Dévoilant  qu’il y a 400.000 Congolais de Kinshasa à Brazzaville, le ministre a fait noter que 618 Brazzavillois vivant à Kinshasa, tous en situation irrégulière, ont choisi de rentrer volontairement chez eux. « Le gouvernement de la République fait tout pour gérer la crise. Nous la gérons pour éviter de multiplier inutilement les fronts car étant un même peuple. D’ailleurs, les jeunes brazzavillois repartaient chez eux en pleurs car regrettant la qualité de vie qu’ils menaient à Kinshasa. Nous devons éviter le snobisme, car si on essaie de voir ceux qui sont en état d’irrégularité dans notre pays, nous risquons de créer une situation ingérable », a prévenu le patron de la sécurité au pays.

            Comme recette pour mettre définitivement fin à ce genre de situation, le ministre Muyej a préconisé l’accélération du processus de reconstruction du pays. « C’est évitable en restant chez nous. Il faut créer des conditions de rester au pays  et c’est ce que nous sommes en train de déployer comme effort… ».

 

Commission tripartite

 

            Concernant la situation des réfugiés congolais vivant à l’extérieur du pays, Richard Muyej a indiqué que son séjour dans la capitale ougandaise, du 28 au 30 avril, s’est focalisé sur le retour de la paix au Nord-Kivu et le naufrage intervenu sur le lac Albert le 22 mars dernier, causant la mort de plus de 200 personnes. « Cette circonstance malheureuse du naufrage illustre l’empressement de nos compatriotes dans leur volonté de mettre fin aux conditions difficiles d’exil, même au péril de leurs vies… » a-t-il justifié, en insistant sur le fait que cette mort par noyade diffère de celle qui est observée sur la Méditerranée à Lampedusa lorsque des citoyens fuient leur pays pour chercher le bonheur ailleurs.

            Face à ce drame, la solution appropriée que le gouvernement de la RDC devait apporter est l’organisation de leur retour au pays. D’où la réunion de Kampala à laquelle les gouvernements ougandais, congolais et le HCR ont pris part, autour de deux questions dont la préparation du rapatriement organisé et l’élaboration d’une feuille de route pour porter assistance à ceux des réfugiés qui désirent retourner spontanément au pays.

            En clair, pour ces retours spontanés en RDC, le HCR fournira des services de navette pour transporter les réfugiés congolais qui sont, selon les statistiques du 31 mars 2014, au nombre de 171.126 personnes.

            A ce sujet, Berthe Nzinga du Conseil national pour les réfugiés a renseigné, au cours de cette conférence, que Rwamwanja abrite le plus grand nombre des réfugiés, soit 52.187 personnes ayant fui en Ouganda entre juin et décembre 2013, suivi de Kyangwali, avec 35.187 réfugiés.

Tshieke Bukasa

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