Réforme de l’administration publique : le ministre Kibala passe à côté de la plaque

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fonction-publiqueOù en êtes-vous avec la réforme de la fonction publique, l’un des chantiers prioritaires du gouvernement ? Il a été constaté que le ministre de la Fonction publique a esquivé cette question orale avec débat lui adressée par le député de l’UNC, Mirindi Carhangabo, lors de la plénière d’hier mercredi 27 mai 2014 à l’Assemblée Nationale.

 Jean-Claude Kibala a usé de la langue de bois sur l’évolution de la réforme de la fonction publique et ses retombées sur les conditions de vie et de travail des agents et fonctionnaires régis par le statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat.

Il s’est contenté de retracer l’historique de la réforme de la fonction publique et de faire la litanie d’obstacles liés à ce processus, notamment la politisation de l’administration publique depuis des décennies, le non respect des textes réglementaires…

Déçu par les réponses du ministre, l’auteur de la question orale a fait le triste constat, comme la plupart de ses collègues députés, que le patron de la Fonction Publique a formulé des plaintes alors que la mise  œuvre de cette réforme relève de sa compétence.

Mirindi a fustigé le fait que l’administration congolaise est gangrenée par des difficultés qui touchent à sa structure, aux conditions sociales des agents et au cadre du travail. Cet élu du peuple a dressé un tableau sombre de l’administration publique en RDC, caractérisée par le non-respect des textes et des normes qui se traduit par l’existence d’agents et fonctionnaires immatriculés, avec des bas salaires , non payés ou qui ne perçoivent ni prime, ni salaire…

Il a fait savoir que sous d’autres cieux, la fonction publique a montré ses preuves dans un contexte de crise politique et institutionnelle aiguë. A ce sujet, ce député de l’UNC a illustré son affirmation par la situation de l’Italie, qui a passé vers les années ‘80 cinq ans sans gouvernement, et de la Belgique, qui a totalisé trois ans sans gouvernement dans la décennie 2000.

            Grâce à une administration bien organisée, équipée et neutre, a-t-il fait remarquer, ces deux pays européens ont pu tenir la gestion quotidienne de leurs affaires publiques. Mirindi a souligné que la fonction publique est l’un des socles sur lequel repose le développement d’un pays.

            Emboîtant le pas à son camarade de parti, Mayo a dénoncé le non-respect de la loi portant statut des agents de carrière des services publics. Il a fait état de la non maîtrise des effectifs des agents et fonctionnaires de l’Etat, de la pléthore dans le cabinet ministériel, de l’échec des missions d’audit menées par le gouvernement dans le cadre de la réforme de l’administration publique …

            Lokondo a, quant à lui, jugé les réponses du ministre de la Fonction publique très philosophiques. «Un ministre ne se plaint pas, un ministre agit», a-t-il martelé.

            Fabien Mutomb a pour sa part stigmatisé la promotion de certains agents et fonctionnaires de l’Etat sur base ethno-tribale.

            Au terme du débat, le ministre a sollicité 48 heures pour tenter de   rencontrer les préoccupations soulevées par les députés.

ERIC WEMBA        

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