Réforme de la police nationale congolaise : les innovations du décret de création de la direction générale des écoles

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Police are seen after provisional election results are announced in Congo's capital KinshasaDans le but de faire de la Police nationale congolaise, un nouveau corps d’élite digne de ce nom, constitué par des éléments à la bonne moralité, tous bien formés, devant assurer la protection de la population et de ses biens, selon les règles de l’art et conformément aux standards internationaux, comme le font toutes les polices modernes du monde, le gouvernement a décidé de doter le Commissariat général de la PNC, d’un outil important, la Direction générale des écoles et formations (DGEF).

Le décret du Premier ministre Augustin Matata n° 13/037 signé le 16 septembre 2013, portant organisation et fonctionnement de cette structure, vient en effet, de matérialiser cette volonté, maintes fois exprimée par le président de la république et qui répond à l’un des besoins formulés par la population dans le domaine de la sécurité, à savoir un nouveau type de policier. Il tombe à point nommé quand on sait que la Direction générale des écoles et formations ( DGEF) est chargée d’assurer la mise en œuvre de la politique de la formation au sein de la Police nationale congolaise. Cette formation, comme il faudrait l’expliquer,  part des centres d’instruction, en passant par des écoles de spécialisation, pour aboutir aux études supérieures de la police.  Ce sera la plus grande pépinière par laquelle passeront toutes les unités de la police, de manière à avoir un corps homogène composé des fonctionnaires de la police et des techniciens formés. Avec son implantation et son fonctionnement harmonieux, on peut être sûr que dans les années à venir, en RDC, ne peut s’improviser policier qui le veut.

Il faut souligner ici le fait que ce projet conçu par une équipe mixte d’experts nationaux et internationaux, sous la coordination du secrétaire exécutif du Comité de suivi de la réforme de la police, le général Michel Elesse Yombentole, entend opérer un changement majeur au sein de la Police nationale congolaise.

Ce changement va certainement insuffler, un nouvel état d’esprit et dicter un nouveau comportement du policier. Ce qui tranchera avec un certain passé révolu où la non prise en compte du critère de formation de base, a favorisé le recrutement massif au sein de la police, des personnes éprouvant mille et une difficultés pour lire un document, rédiger un rapport et présenter une situation sécuritaire. C’est au cours de cette même époque que les effectifs de la police se sont accrus avec l’incorporation des membres des unités combattantes, des membres des groupes armés et autres qui ne passeront par aucun cursus de formation, avant d’exercer le métier exigeant de policier, mais qui seront déployés sur le terrain, pour rétablir « à leur manière », l’ordre public perturbé, disperser les manifestants, et interpeller les meneurs de troubles dans les universités et instituts supérieurs. On connaît l’étendue des préjudices causés par les abus et autres dérapages commis.

         Pour le Réseau de la société civile pour la réforme du secteur de sécurité et justice, ce décret vient de combler un vide important dans le processus de réforme de la police, dans son volet formation. Certes, la Direction générale des écoles et formations (DGEF) va récupérer les anciens centres d’instruction de la police, de l’ex-gendarmerie nationale, de l’ex-Garde civile, les écoles d’application de la police, et construire l’Académie de la police. Il faudrait alors que toutes les batteries soient mises en place pour que « le nouveau policier du peuple » soit un fonctionnaire de la police formé et très outillé pour la sécurisation de la population. Le Comité de suivi de la réforme de la police qui est l’un des architectes  de la Direction générale des écoles et des formations, veillera certainement à l’aboutissement heureux de ce projet important.

                                                                                                            J.R.T.  

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