Référendum : la Monusco renvoie Majorité et Opposition à l’Accord de la CENCO

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Depuis quelques jours, la question du référendum fait de plus en plus débat au sein de l’opinion congolaise, particulièrement auprès de la jeunesse. D’un côté, des affiliés de la Majorité Présidentielle soutiennent l’idée de l’organisation du référendum comme unique voie de sortie de la crise actuelle en donnant la parole au peuple. Mais cette option est fortement contestée d’un autre côté par l’opposition, avec la jeunesse de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise) en tête, qui a lancé depuis le mardi 12 septembre 2017, une plate-forme anti-référendum. Questionnée, hier mercredi 13 septembre 2017 au cours du point de presse hebdomadaire des Nations Unies, sur l’avenir de la RDC face à ces deux forces antagonistes, la Monusco a donné son point de vue.

Fabienne Pompey, porte-parole ai de la Monusco, a expliqué qu’il n’y
a aucune raison de parler de la tenue d’un référendum d’autant plus
que l’Accord du 31 décembre 2016, cadre légal régissant actuellement
le fonctionnement du pays conformément à la Constitution de la
République et à la Résolution des Nation Unies, pour la sortie de
crise, n’en fait nullement mention. Elle a rappelé à cet effet les
dispositions pertinentes de l’Accord en son article premier du
chapitre deux sur les différents principes fondamentaux posés par les
parties prenantes dans leur entendement du respect de la Constitution
: « Les parties prenantes s’engagent à respecter la Constitution du 18
février 2006 telle que modifiée en 2011 et les lois de la République ;
à organiser les élections présidentielle, législatives nationales et
provinciales ainsi que les élections locales en conformité avec ladite
Constitution. Nonobstant les dispositions de l’article 5 alinéa 1,
elles s’engagent à n’entreprendre ni soutenir aucune initiative de
révision et de changement de Constitution ».
Pour Fabienne Pompey, envisager un référendum serait tout simplement
effectuer un retour en arrière. Les Nations Unies, a-t-elle indiqué,
qui attendent plutôt la publication d’un calendrier électoral par la
Commission Electorale Nationale Indépendante et la mise en œuvre
intégrale de l’Accord, aurait souhaité voir la même ardeur et la bonne
foi qui ont conduit les parties à la signature de l’Accord de la Saint
Sylvestre, animer également sa mise en œuvre.
L’autre question abordée au cours de cette conférence de presse était
le procès en cours à Kananga sur l’assassinat des deux experts des
Nations Unies, Michaël Sharp et Zaida Catalan. Interrogée au sujet la
position de la Monusco dans ce processus judiciaire, Fabienne Pompey a
affirmé que la Monusco suivait le dossier de très près, mais qu’elle
s’abstenait de tout commentaire à l’heure actuelle. Elle a indiqué
également que la Mission a fourni toutes les informations en sa
possession, notamment en ce qui concerne l’identité des dix personnes
visibles sur la vidéo de la scène, tout en rappelant les propos du
Secrétaire général des Nations Unies, soulignant que la priorité dans
cette affaire d’assassinat est que la justice soit rendue.

La Monusco a également saisi cette occasion pour mettre en garde
l’opinion sur les faux documents de certification de minerais qui
circulent en son nom. Selon la porte-parole de la Mission, toute
personne qui a en sa possession de tels documents doit être sûre qu’il
s’agit tout simplement des faux, dans la mesure où la Monusco ne
délivre jamais et n’a pas mandat ni qualité de délivrer de tels
documents. Et en plus, le logos et les signatures y afférents sont
visiblement faux aussi. Il s’agit tout simplement d’une tentative de
fraude, a-t-elle martelé.
Myriam Iragi