Référendum : avec quel fichier ?

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majorité parlementaire Faut-il prendre au sérieux certains cadres de la Majorité Présidentielle qui s’efforcent à faire croire en la victoire et en l’ancrage de la démocratie en RDC ? Surtout face aux contradictions qui apparaissent chaque jour dans leurs déclarations contribuent à entretenir le doute quant à leur crédibilité et leur sincérité. Curieusement, il ne se passe pas un jour sans que le terme référendum ne revienne dans leurs discours. Dans la plupart des salons
sociopolitiques, cette insistance cache mal un piège que les ténors de la majorité présidentielle préparent pour réussir leur coup, à savoir obtenir par cette voie le moyen tant rêvé pour permettre à leur chef de conserver le pouvoir en contournant ou en évacuant l’article 220.
Pour ce faire, ils ont trouvé un allié de poids, en la personne de
l’actuel président du bureau de la CENI, le nommé Corneille Nanga.
C’est lui qui a été chargé de proclamer urbi et orbi que l’actuel
fichier électoral est si vicié qu’il lui faudrait au moins seize mois
pour le nettoyer afin qu’il réponde aux normes internationales devant
permettre de tenir et d’organiser des élections fiables, démocratiques
et transparentes.
Le pouvoir en place ne cesse de se plaindre régulièrement du manque
des moyens financiers pour organiser les élections. Par quelle magie
du verbe pourra-t-il convaincre les Congolais d’accepter le référendum
en lieu et place de l’élection présidentielle ?
Tout en balayant du revers de la main l’accusation selon laquelle son
adjoint n’a jamais fait part de l’éventualité d’un référendum
constitutionnel et en niant la main sur le cœur que l’autorité morale
ne touchera pas à un article de la Constitution en vigueur, Le
secrétaire général du PPRD qui demeure le parti principal de la
majorité présidentielle y va de sa verve oratoire pour crier sur tous
les toits que le référendum est constitutionnel. Autrement dit, il
revient au peuple d’en décider le moment venu. En clair, Mova Sakanyi
ne contredit pas son adjoint, mais il le rejoint en changeant des
mots.
Il s’avère donc que la majorité présidentielle joue à cache-cache
avec l’opinion. D’une main, elle s’efforce de se montrer attachée au
respect de la Constitution pour ne pas avoir sur le dos la Communauté
Internationale et l’opinion nationale. D’une autre main, elle recourt
à des formules ambigües pour calmer les extrémistes de tous bords qui
sont prêts à tout même à la violence pour conserver le pouvoir.

Le piège du référendum
La stratégie préparée consiste à laisser la CENI préparer le terrain
avec sa chanson du nettoyage de l’actuel fichier électoral pendant 16
mois. Une façon de contraindre l’opinion à accepter le fameux
glissement pendant lequel des campagnes seront lancées pour obtenir la
tenue et l’organisation du référendum constitutionnel. Comme il y a
quelque temps au Congo-Brazzaville. Ce n’est pas par un pur hasard que
Mova Sakanyi y soit revenu à maintes reprises avant-hier lors de son
interview avec notre confrère Christophe Boisbouvier de la RFI.

Le Calcc et l’OIF contredisent Nanga
Cependant, l’on a la nette impression que ni la CENI, et encore moins
le PPRD, n’ont jamais pris en compte les études bien documentées
réalisées par le Calcc, l’Organisation Internationale de la
Francophonie et d’autres partenaires sociaux du genre Human Right
Watch au sujet de ce fichier électoral qu’ils se sont empressés de
proclamer vicié. Tous ont démontré que les travaux de nettoyage de ce
fichier ne peuvent pas dépasser trois mois.
Par ailleurs, il est établi que le point essentiel du dialogue tel
que souhaité par la résolution 2277 d’Adis Abeba se focalisera sur
l’examen de cette question des élections. En commençant par la mise à
l’écart de l’actuel bureau qui ne représente que le camp de la
majorité présidentielle.
F.M.