Reddition des comptes : la grande confusion !

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assemblée nationaleDepuis que l’Assemblée Nationale avait posé, en 2013, comme préalable à l’examen de tout projet de budget déposé par le gouvernement, la revisitation de la loi portant reddition des comptes de l’exercice précédent, faute de quoi l’équipe gouvernementale serait réputée démissionnaire, la matière fait désormais l’objet d’enchères incontrôlées. A chaque session de septembre, l’exécutif national frôle la catastrophe.

Comme les deux années précédentes, un débat houleux s’est engagé hier entre les pro et anti Loi portant reddition des comptes 2014, aussitôt après sa présentation par le ministre des Finances, Yav Mulang. Les députés ne cessant se plaindre des dépassements dans l’exécution du budget de la République par le gouvernement, des millions de Congolaises et Congolais attendaient les voir bloquer, cette fois, ces dérives financières à travers le rejet pur et simple du projet de loi portant reddition des comptes 2014. Cela paraissait d’autant vrai que dans son rapport de mi-parcours, la Cour des Comptes avait fait état du non respect, par l’exécutif national, des postes de dépenses définis par l’Assemblée Nationale, en sa qualité d’autorité budgétaire.

Mais, en lieu et place d’être éclairés sur la manière dont était exécuté le budget 2014, nos compatriotes ont été plongés dans une grande confusion. Deux tendances diamétralement opposées se sont dessinées à l’hémicycle du Palais du peuple. Pour l’une, la loi portant reddition des comptes 2014 était à rejeter, car n’ayant obéi à aucun prescrit de la Constitution ni aucune recommandation de l’Assemblée nationale. Le « camp du refus » a particulièrement épinglé des dépassements budgétaires au niveau de la Présidence de la république, du cabinet du Premier ministre et du Sénat. Il a également dénoncé le financement des projets non inscrits au budget national, au détriment de ceux budgétisés de manière formelle, portant ainsi un coup dur aux projets de développement à impact visible et immédiat.

Aux yeux de cette aile dure, le gouvernement s’est tellement amusé avec l’Assemblée nationale qu’il était temps de mettre fin à la récréation, en lui renvoyant sa copie.

Pour la seconde tendance, la loi portant reddition des comptes 2014 comporte des faiblesses qui peuvent être corrigées au niveau de la Commission Economique et Financière. Les intervenants ont surtout condamné ce qu’ils ont considéré comme un travail d’amateur présenté par la Cour des Comptes, qui n’a pas pu déceler des erreurs d’imputations de dépenses commises par le gouvernement et agréé, sans fondement, la thèse des dépassements budgétaires. Très montés, ils ont exigé la suppression pure et simple de la Cour des comptes, qui ne serait d’aucune utilité pour l’Assemblée nationale et le gouvernement en ce qui concerne des avis de conformité sur l’état des finances de la République.

Des concitoyens inquiets

 

Bref, à la suite de la guerre des chiffres que se sont livrés hier les députés nationaux, nos concitoyens sont dans l’inquiétude. Ils ne savent pas si leur argent est bien ou mal géré. Mais beaucoup sont tentés de croire que la gestion des finances publiques pose problème, surtout au niveau de l’exécution des dépenses. D’où, le lien est vite établi entre la mauvaise utilisation et répartition des ressources nationale et la montée de grande pauvreté et du chômage.

Les observations faites récemment aux dirigeants congolais par le FMI (Fonds Monétaire International) portaient sur le récurrent paradoxe d’un pays aux ressources naturelles scandaleuses mais qui héberge les populations les plus miséreuses de la planète Terre.

Ce que les Congolais attendent du gouvernement, de l’Assemblée nationale et de la Cour des Comptes, c’est la clarification des chiffres, afin qu’ils sachent si leur pays se trouve réellement engagé sur la voie de l’émergence ou s’il continue de s’enfoncer dans le gouffre du sous-développement.                                            Kimp