Recherches géologiques : traces de diamant à Kundelungu

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« Y a-t-il de diamant à Kundelungu ? » Il était difficile de répondre par la négative ou par l’affirmative à cette question à l’issue de la conférence animée le mercredi 5 janvier 2011 au Centre de recherche géologique et minière (CRGM) par Jacques Batumike, docteur en géologie, sur le thème : « Les kimberlites et le potentiel en diamant, évolution de la croute terrestre dans la partie sud du Congo. »

« La kimberlite est la principale roche qui contient le diamant, » a-t-il expliqué. Pour sa thèse de doctorat, il avait effectué une descente sur terrain au parc de Kundelungu et il a étudié la kimberlite.

 

D’après les résultats de son étude, la kimberlite de Kundelungu a 32 millions d’années correspondant à l’ouverture du Rift africain. De ce fait, la kimberlite du parc de Kundelungu est encore jeune ou fraîche et n’est pas encore en mesure de livrer le diamant.

Comparant la kimberlite de Kundelungu à celle de Mbuji-Mayi, l’orateur a indiqué que celle de la capitale du diamant a 71 millions d’années. C’est une kimberlite vieille et altérée suivant divers mouvements terrestres. Ce qui fait que la kimberlite de Mbuji-Mayi livre facilement le diamant.

A une question d’un géologue relative à une remise en question de la littérature existante sur la kimberlite de Kundelungu par son étude, Dr Jacques Batumike a répondu que cette littérature est d’abord faible car la kimberlite de Kundelungu n’a pas été sérieusement explorée par rapport à celle de Mbuji-Mayi. Même actuellement, se rendre à Kundelungu est un parcours de combattant compte tenu de l’impraticabilité de la route, a-t-il souligné. « Jusque-là, l’information sur la kimberlite de Kundelungu reste superficielle, » a-t-il dit.

Il a invité les chercheurs de CRGM que dirige le professeur docteur Valentin Kanda Nkula à ne pas affirmer que la kimberlite de Kundelungu n’est pas fertile en diamant et de ne pas oublier que le premier diamant de la Rd Congo a été découvert au Katanga.

Reconnaissant par ailleurs que certaines kimberlites ne contiennent pas de diamant, il a dit qu’il était difficile de l’affirmer pour la kimberlite de Kundelungu car elle remplit certaines conditions, comme celles de pression ou de température, semblables aux kimberlites fertiles en diamant.

« Est- ce que le diamant produit à Lodja provient de la kimberlite également ? » A cette question d’un technicien de CRGM, Dr Jacques Batumike a répondu qu’il était fort possible que ce diamant provienne de la kimberlite que d’une autre roche car le diamant est dense et ne se déplace pas facilement dans un cours d’eau.

L’orateur s’est inscrit en faux contre l’affirmation selon laquelle tous les diamants produits à Tshikapa provenaient de l’Angola. « Des études ont démontré que ces diamants n’ont pas voyagé au- delà de 5 à 10 km, » a-t-il dit.

Le professeur docteur Valentin Kanda, directeur général de CRGM, a vivement salué l’exposé de Dr Jacques Batumike. « C’est un bon début de l’année pour les chercheurs de CRGM que d’avoir un exposé pareil confrontant la recherche appliquée à la recherche fondamentale. » Il a invité les chercheurs du CRGM à se surpasser.

Signalons que Dr Jacques Batumike est un produit de l’Université de Lubumbashi. Après ses études dans la capitale cuprifère, il a obtenu une bourse pour faire une maîtrise au Japon et une autre bourse pour faire son doctorat en Australie. C’est l’université australienne qui l’emploie qui a pris en charge sa descente sur terrain à Kundelungu et aussi son séjour actuellement à Kinshasa. Jean- René Bompolonga

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