La RDCongo en deuil : Tshisekedi est décédé hier à Bruxelles !

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tshisekediEtienne Tshisekedi, président de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), du Conseil des Sages du Rassemblement et du Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre, est décédé hier mercredi 01 février en fin d’après-midi à Bruxelles. C’était à la suite d’une embolie pulmonaire. Son décès est survenu à la Clinique Sainte Elisabeth où il était conduit d’urgence.
On rappelle qu’il est arrivé dans la capitale belge le mardi 25 janvier, pour y passer un check-up médical complet, à la demande des médecins traitants. Pendant une semaine, rien ne présageait le pire. Au contraire, les premiers tests médicaux laissaient penser que l’état de santé de l’opposant historique congolais n’était pas préoccupant et qu’il pouvait regagner le pays avant la fin du mois de février. Mais, contrairement aux pronostics plutôt rassurants de l’équipe médicale qui l’avait pris en charge, sa santé s’est brusquement détérioré dans l’après midi d’hier, au point de le conduire à la mort peu avant 18 heures, heure de Bruxelles.
 
            Il faut avouer que c’est un jour noir pour des millions de Congolaises et Congolais qui voyaient en Tshisekedi le symbole de la démocratie renaissante en RDCongo et la soupape de sécurité d’une période de Transition qui devrait les amener aux élections présidentielle, législatives nationales et provinciales en décembre 2017.
            Créateur du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement à partir du Conclave de l’Opposition organisé en juin 2016 à Genval/Bruxelles et grand combattant de la liberté, il laisse un grand vide non seulement au sein de sa famille politique mais aussi au sein de la classe politique congolaise. « Sage » respecté et accepté aussi bien dans le camp de la Majorité Présidentielle que dans celui de l’Opposition et de la Société civile, toutes tendances confondues, Etienne Tshisekedi s’est imposé, à l’issue des négociations politiques du Centre Interdiocésain, comme le « Rassembleur » dont avaient grandement besoin toutes les parties prenantes pour cheminer, lentement mais sûrement, vers l’horizon des élections démocratiques, transparentes, crédibles et apaisées.
            C’est du reste à l’unanimité qu’il était désigné à la tête du Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre, longtemps avant que ne soit déterminée sa taille et que ne soient désignés ses membres. Il était, du reste, jusque-là, l’unique membre connu de cette institution de surveillance de la période de transition.
            Mort, Tshisekedi laisse un vide difficile à combler non seulement à la tête de son parti mais aussi à celle du Rassemblement et du Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre.
Il est à espérer que par respect pour sa mémoire, tous ses héritiers politiques vont taire leurs ambitions personnelles pour lui assurer, dans les jours et semaines à venir, une succession sans casse. L’homme est parti au moment où on attendait de lui une piste de sortie de crise pour le choix du futur chef du gouvernement de transition et une harmonisation, avec la Majorité Présidentielle, de la liste de futurs membres de l’exécutif national.
Le plus grand héritage que Tshisekedi lègue à la Nation, c’est celui de la lutte non violente contre la dictature et les dictateurs, à l’image d’autres leaders historiques de la planète, notamment Ghandi et Mandela. Sous Mobutu, Laurent-Désiré Kabila comme Joseph Kabila, jamais il n’a prêché le recours aux armes pour la conquête du pouvoir, alors qu’il ne manquait pas de soutien pour des actions militaires contre les « pouvoirs » en place. La dernière démonstration de son attachement à la non-violence a été faite dans le cadre du combat pour l’obtention de l’alternance démocratique au sommet de l’Etat. Si les Congolais de tous les courants politiques et idéologiques ont fini par dialoguer au Centre Interdiocésain, sous la médiation de la Cenco, c’est essentiellement grâce au charisme de Tshisekedi, qui avait dit non au dialogue non inclusif de la Cité de l’Union Africaine et convaincu ses partenaires comme ses adversaires politiques de la nécessité de se retrouver de nouveau autour de la table des négociations.
 Pour tous les services rendus à la Nation congolaise, il est permis de croire que celle-ci va lui offrir des funérailles dignes de son rang. Paix à son âme !
                                                                                        Kimp