RDC : les USA et l’UE frappent de nouveau

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drapeauxLa RD Congo s’est retrouvée, hier lundi 12 décembre 2016, à la fois dans le collimateur des USA et de l’Union Européenne. Promises il y a plusieurs mois par les Américains et les Européens, des sanctions ciblées contre des responsables politiques et militaires congolais
sont tombées simultanément à Washington et à Bruxelles. Dans l’un comme l’autre cas, les personnalités frappées sont accusées de violations des droits de l’homme (violences, tortures, saccages et tueries des 19 et 20 septembre 2016), d’interpellations et
d’arrestations d’opposants et activistes des mouvements citoyens, de blocage du processus électoral, de planification du « glissement » du mandat du Chef de l’Etat, et Selon l’administration américaine, les sanctions en question sont essentiellement financières et touchent pour l’instant le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab ainsi que le patron de l’ANR (Agence Nationale de Renseignements), Kalev Mutond. Il
est reproché aux deux responsables le musèlement de l’opposition et l’obstruction aux progrès politiques. Plus explicite, Adam Szubin, Sous-Secrétaire par intérim au Département du Trésor a souligné que « le gouvernement congolais continue de saper le processus démocratique en République Démocratique du Congo et de réprimer les droits et
libertés politiques ».

A l’en croire, les nouvelles sanctions que vient de prendre Washington visent à « modifier les comportements des individus ciblés, dans le but de favoriser un avenir meilleur et plus stable pour la République Démocratique du Congo et le peuple congolais ».

Kanyama, John Numbi et Gabriel Amisi parmi les « 7 »

De leur côté, les 28 ministres des Affaires Etrangères de l’Union
Européenne ont conclu leur réunion d’hier lundi par une déclaration
commune. On retient, pour l’essentiel, qu’ils se sont déclarés
fortement préoccupés par la situation politique qui prévaut en
République Démocratique du Congo et ont décidé de sanctionner sept
personnalités évoluant dans l’armée, la police et les services de
renseignements. Il s’agit d’Ilunga Kampete, Gabriel Amisi, Célestin
Kanyama, John Numbi, Roger Kimbelisa, Delphin Kahimbi et Ferdinand
Ilunga Luyoyo.
Il est précisé que ces sanctions, qui comprennent l’interdiction de
séjour en Europe et le gel des avoirs, sont d’application immédiate.
Il est reproché aux incriminés d’avoir planifié, dirigé ou commis des
actes épinglés comme de graves violations des droits de l’homme, de
faire obstacle à une sortie consensuelle et pacifique de la crise
politique actuelle en vue de la tenue d’élections démocratiques,
transparentes et apaisées.
On peut lire dans la déclaration de l’UE que « le 19 décembre, date
qui marque l’échéance constitutionnelle du mandat du président Kabila,
reste lourde d’incertitudes et de risques, après les récents épisodes
de répression et de violations des droits fondamentaux. Bruxelles
pense qu’un nouveau gouvernement doit fonder sa légitimité sur le
cadre politique défini de manière claire et inclusive, faute de quoi
les relations avec l’Union Européenne en seraient affectées ».
Par conséquent, dans le souci d’éviter une situation qui pourrait
plonger la RDC dans le chaos, « l’UE appelle donc les Congolais à
faire preuve de retenue et à privilégier la voie du dialogue, en
récusant toute violence ».
Selon l’UE, l’épée de Damoclès reste suspendue sur d’autres
personnalités civiles et qui s’évertuent à violer les droits de
l’homme et à blosirt le processus électoral.

Mende : « Cela repose sur le droit impérial et pas sur le droit international »

Réagissant aux mesures européennes, Lambert Mende, ministre congolais
de la Communication et Médias sortant, a relevé que « cela repos sur
le droit impérial et pas sur le droit international. J’ai étudié le
doit et je le dis en connaissance de cause. Il n’y a aucune
disposition du droit international qui permet à une organisation
régionale comme l’Union Européenne de prendre des sanctions contre un
Etat ou des agents d’un Etat qui ne fait pas partie de l’Union
Européenne, sans passer par le Conseil de Sécurité. Que nous soyons
faibles ou pauvres, cela ne change rien. La RDC condamne cette
pratique et la RDC va attaquer cette pratique et ces sanctions au
Conseil de Sécurité. Nous appelons au soutien de nos compatriotes,
ceux qui croient que Lumumba n’est pas mort pour rien. Cela fait 56
ans que nous sommes indépendants. Nous ne sommes pas un Etat européen.
S’ils ont besoin de sanctionner les gens ici sur les droits de
l’homme, ils n’ont qu’à passer par le Conseil de Sécurité. C’est cela
le droit international. Nous allons attaquer auprès du Conseil de
Sécurité. C’est totalement illégal et irrégulier. Et les Africains
doivent se sentir gênés par rapport à cela. Nous ne sommes pas sujets
de droit européen ».
Kimp