RDC-Russie : coopération relancée

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Prenant prétexte de la célébration du cinquantenaire de la RDC, la chancellerie de la Fédération de Russie installée en RDC en a profité pour dresser le bilan de cinquante ans de   relations diplomatiques entre Moscou et Kinshasa. Ce bilan a été dressé par le chargé d’affaires a.i.
Pour Dmitri Korepanov, les bases des relations bilatérales entre les deux pays ont été jetées avant l’accès à l’indépendance de la RDC. Et ce au regard de l’attention apportée par Moscou aux problèmes de la décolonisation en Afrique et plus particulièrement au Congo Kinshasa au niveau des débats du  Conseil de sécurité de l’Onu. Sept jours après la proclamation de l’indépendance de la RDC, Moscou a noué des relations diplomatiques avec Kinshasa.

Le leader soviétique de l’époque, Nikita Kroutchev a apporté tout son concours au premier ministre Lumumba .pour la sauvegarde de l’intégrité territoriale de la RDC. Lumumba éliminé, le régime pro occidental mis en place par Mobutu a constitué un frein au développement des échanges entre la Russie et la RDC.  Le gouvernement congolais a même rompu à trois reprises avec Moscou ( en septembre 1960, juillet 1961, novembre 1963 et 1967).

 

       Une nouvelle ère

            Les choses ont beaucoup évolué. De nos jours, un dialogue franc et direct s’est établi entre les deux chefs d’Etat.  Dernièrement, le représentant spécial de Dmitri  Medvedev pour l’Afrique, Alexey Vassiliev s’est entretenu avec Joseph Kabila à qui il a remis  un message du président russe. En avril 2009 ; lit-on dans le bulletin spécial d’information de la chancellerie russe, le ministre congolais des Affaires Etrangères s’est rendu à Moscou et a eu des entretiens avec son homologue russe Serguei Lavrov. Les deux parties qui ont déjà signé le protocole des consultations politiques, s’étaient convenues de signer des accords sur la protection et la promotion des investissements.  Un forum d’affaires s’est tenu dans le cadre de cette visite. Qui a été précédée par la descente à Kinshasa du directeur de département Afrique du ministère russe des Affaires Etrangères.

            Le chargé d’affaires a i  est revenu sur le protocole d’échanges du corps professoral, le matériel didactique, les recherches…. établis entre l’université de Lubumbashie et l’Institut d’Afrique de l’Académie des sciences de la Russie. Entre temps, Moscou s’est engagé depuis l’année passée à augmenter le nombre des bourses gratuites.
            Dans le domaine de l’assistance humanitaire, Dmitri Korepanov évoque le prêt de deux millions de  dollars de Moscou au HCR l’année passée pour venir en aide aux populations de l’Est de la RDC, l’envoi de deux autres millions de dollars aux congolais via le PAM. En dépit de la crise mondiale qui n’a pas épargné la Russie, Moscou est disposé d’accorder un milliard des dollars  aux pays africains les moins lotis dans le cadre de la lutte contre les maladies infectieuses, la pauvreté énergétique,   le  développement  du secteur éducatif.

Coopération économique : le talon d’Achille

            Le niveau réel des relations économiques et commerciales  n’est  pas encore satisfaisant, reconnaît le diplomate russe. Jusqu’ici seuls, les sociétés russes, Mining bank of Congo et Metropole sont implantées en RDC. Et pourtant le potentiel de la coopération économique est énorme. Cela s’est prouvé lors des forums organisés à Ekaterinbourg, une ville russe de la Sibérie et à Kinshasa. Le forum de Kinshasa a été organisé par Metropol avec le concours des autorités russes et congolaises.de la Chambre de commerce de l’industrie de la Russie et la FEC.

            Dmitri Korepanov est d’avis que la coopération bilatérale entre Moscou et Kinshasa devrait être beaucoup plus dynamique. Les divergences idéologiques entre les deux pays appartiennent aujourd’hui au passé. Kinshasa a adopté un plan quinquennal  de développement,  se soucie d’améliorer le climat des affaires, s’est attaqué à la lutte contre la corruption, s’intéresse au traité de l’Ohada…. Si la RDC possède la moitié des forêts  et des eaux douces d’Afrique, la Russie a un quart des forêts  du monde  et plus d’un quart d’eau douce de la planète. Les similitudes ne s’arrêtent pas sur les potentialités forestières et hydriques. Les deux pays ont les mêmes préoccupations  en matière de construction d’une nouvelle architecture financière et économique mondiale.                    

      Jean- Pierre Nkutu

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