RDC : quelle éthique politique ?

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Des millions des Congolais étaient déçus hier de n’avoir pu vivre le débat tant attendu entre le Premier ministre Adolphe Muzito et les députés nationaux, à l’occasion de la motion de censure déposée contre lui par l’opposition parlementaire depuis le vendredi 14 mai 2010. De la question orale adressée au chef du gouvernement par Jean-Lucien Bussa à la motion de censure, toutes les parties semblaient si bien armées pour argumenter et peser dans les urnes que l’on était loin de penser au fiasco d’hier mercredi 19 mai 2010 au Palais du Peuple.

Certes, l’attitude des militants du Palu, qui ont dû forcer les entrées de l’hémicycle de Lingwala au motif qu’ils avaient rencontré un refus de la part des forces de l’ordre est à condamner. L’on se réjouit d’apprendre que le Premier ministre, cadre de ce parti, a fortement regretté pareils incidents et présenté ses excuses au Président du Bureau de l’Assemblée Nationale et à tous les députés. Tout le monde conviendra que la démocratie ne peut se construire dans la violence ou la manipulation, supposée ou avérée, des « bases » politiques ou sociales.

Mais, ce qui est le plus à blâmer, c’est le comportement de certains de nos politiciens qui donnent l’impression d’être des hommes sans foi ni morale. L’on se demande s’il existe une éthique politique dans notre pays et si ceux qui devraient s’y soumettre y croient réellement. En effet, il est fort écoeurant de constater le manque de courage de s’assumer de la part de certains opérateurs politiques congolais, qui donnent l’impression d’évoluer au gré des vagues. S’il y a une motion à signer ou à ne pas signer, que chacun se détermine soit par rapport à sa conscience, soit par rapport à la discipline de groupe. Il n’y a aucune honte, pour un acteur politique, de s’exprimer ou de voter dans le strict respect de la vision politique de son parti ou de sa plate-forme politique.

Le Congo n’a pas besoin des politiciens se comportant en ennemis mortels simplement parce qu’ils seraient en désaccord dans leur approche de la manière de gérer l’Etat. Ce qu’il faut déplorer, ce sont les attitudes équivoques qu’affichent certains dans le but de semer la confusion dans les esprits.

                                                Kimp.

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