RDC : la poubelle du monde

0
51

Adoptée depuis une semaine au niveau du Sénat, la loi portant normalisation et métrologie  en République Démocratique du Congo, initiée par l’ingénieur David  Mutamba Dibwe, est d’une importance capitale, en ce qu’elle touche  directement à la qualité de la vie des populations. Une première dans  les annales du pays, car c’est 54 ans après son indépendance que la  RDC va se doter, après le débat attendu à l’Assemblée Nationale, d’un système normatif et métrologique capable d’assurer une meilleure protection de la population, de l’industrie et du  commerce contre les abus, la fraude et la contrefaçon dans plusieurs  domaines de l’activité nationale.

            Il était temps, car nombre de compatriotes se demandaient, au vu d’aliments divers, importés ou produits localement, qui circulent sur  le territoire national, si notre pays n’était pas devenu tout  simplement un « dépotoir alimentaire mondial » ! Désarmés moralement,  psychologiquement, financièrement, matériellement, et surtout légalement, nos compatriotes n’avaient aucune garantie nécessaire pour  s’assurer que les produits consommés quotidiennement étaient de  bonne qualité. En commençant par nos laits produits localement ou  importés, en passant par les poulets et les boites de conserve,  jusqu’aux simples biscuits, l’alimentation humaine devrait, comme  partout au monde, répondre aux normes.

         Dans le lot de ces normes, on cite notamment la charge de veiller  durement aux dates de fabrication et de péremption des produits, et  surtout de punir sévèrement tout individu, protégé ou pas, qui  s’évertuerait à entraver cette loi qui protège avant tout le  consommateur congolais. C’est déjà le cas à Kinshasa par exemple, où tout le monde sait où se vendent les produits périmés que les détaillants vont écouler à vil prix.

       Quand cette loi appelée à combattre la fraude dans les transactions sera formellement adoptée par les deux chambres et promulguée par le président de la République, on pourra la considérer comme une réponse positive aux préoccupations de l’opinion publique concernant les garanties de qualité des ouvrages, des services et des produits  nationaux, gage de protection des populations contre les accidents et  de prospérité du commerce à l’exportation.

            Partout où ils sont, les Congolais ont applaudi de deux mains cette prise de conscience et salué la détermination du législateur.

            Cependant, ils espèrent vivement que ce précieux texte ne sera pas relégué aux oubliettes comme de vieilles chaussettes. Le problème de la RDC, rappelons-le, ce n’est pas surtout l’absence des textes, mais  l’application de ceux qui existent déjà.

         Avec ses longues frontières terrestres très poreuses et ses  frontières maritimes, fluviales et lacustres très perméables, la RDC  ne doit plus continuer de servir de poubelle du monde. L’adoption de  la loi Mutamba ne doit pas être l’occasion de marquer un temps  d’arrêt, mais plutôt de nous réarmer davantage pour une politique de  protection des consommateurs.

 Il faut aller jusqu’au bout !

            A la suite de ce grand pas légal, la prochaine phase devrait être la  disponibilisation effective par l’Etat des moyens adéquats aux  structures appropriées pour bloquer tout ce qui est avarié, périmé et  impropre à la consommation.

        Par ailleurs, l’autorité publique doit mettre sur pied un système  efficace de traçabilité des produits alimentaires d’importation qui  atterrissent chaque jour dans nos assiettes, afin de découvrir les  containers entiers des vivres alimentaires avariés, des produits  pharmaceutiques de contrefaçon, des pièces d’automobile déclassées,  etc. qui nous arrive en masse en RDC.

         Somme toute, la RDC a intérêt à organiser la normalisation et la  métrologie en vue de contrôler et de développer son commerce intérieur  et extérieur, d’améliorer sa compétitivité et de protéger sa  production nationale.

Tshieke Bukasa

LEAVE A REPLY

*