RDC : les leçons d’un lâchage

0
46

Les ex-Zaïrois pensaient que le lâchage de Mobutu par ses alliés américains, au début des années ’90 et au lendemain de la fin de la guerre froide, allait effectivement impulser la démocratie, la bonne gouvernance, le progrès socio-économique. Plus de 20 ans après, force est de constater que, comme en 1960, la volonté de construire un pays plus beau qu’avant est demeuré un slogan creux.

 L’auteur de la réflexion ci-contre distribue des cartons jaunes à la pelle. A Barack Obama, il reproche le non respect de son engagement d’ancien sénateur, alors que son avènement à la Maison Blanche, il y a quatre ans, avait suscité beaucoup d’espoirs chez les Congolais. Aux gouvernants congolais, il impute une litanie de péchés : la mauvaise gouvernance, l’amateurisme politique et diplomatique, le hold up électoral de 2011, les retards dans le processus de réforme de l’armée et des services de sécurité, les accords contre nature avec des groupes armés, etc.
 S’il est vrai que le pays est confronté à des problèmes de gouvernance, de cohabitation conflictuelle entre le pouvoir et l’opposition, de déficit de diplomatie, de tricherie électorale, de naïveté dans la gestion des mouvements rebelles, cela ne devrait pas justifier des atermoiements remarqués dans la lecture du dossier sécuritaire du Nord-Kivu. Pour l’heure, Congolaises et Congolais de tous les bords partagent la même préoccupation : faire front contre la balkanisation.
 Ils se sont livrés hier mercredi, à travers les marches des chrétiens catholiques, à une énième démonstration de leur volonté de vivre ensemble, dans un Etat uni et en paix, même si la démocratie souffre terriblement des douleurs de son enfantement, même si le social ne répond pas encore aux attentes du grand nombre, même si le système national de défense accuse encore de grandes faiblesses.


 S’agissant précisément des USA de Barack Obama, des millions de Congolaises et Congolais croient que leur concours à la neutralisation des ennemis de la paix dans la partie Est du Congo est décisif. En lieu et place de timides pressions sur le Rwanda, l’administration américaine devrait s’illustrer par des mesures plus contraignantes, de nature à arrêter net l’arrogance du régime de Kigali.
 Certes, les gouvernants congolais devraient aussi faire leur part de travail, notamment en ouvrant franchement le pays à la démocratie, en rétablissant l’Etat de droit, en réconciliant les Congolais avec eux-mêmes, en gérant correctement le patrimoine commun, en s’investissant dans la construction d’une armée et des services de sécurité dignes d’une Nation désireuse de se faire respecter de ses voisins. S’il y a un service que les USA devraient rendre aux Congolais, c’est de les aider à laver leurs linges sales en famille, à travers le dialogue recommandé par le Département d’Etat, après le flottement post-électoral de novembre 2011.


       Kimp 

LEAVE A REPLY

*