RDC : la lecture bloquée par la pauvreté

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            En marge de la journée internationale des droits de l’enfant célébrée le 20 novembre de chaque année, l’ONGD « Mission pour l’Evangélisation et le Développement » (MPELOD) a tenu hier mercredi 19 novembre 2014 au centre Carter,  une conférence débat  sur la place de la lecture dans le quotidien d’un enfant congolais. Selon Linda Kabombo, coordonatrice de cette ONGD », le choix de ce thème découle du constat selon lequel plusieurs enfants congolais n’ont pas la culture de lire, à la différence de ceux habitants sous d’autres cieux. Ce qui fait qu’à la longue, l’on se retrouve devant des personnes peu cultivées, incapables de s’exprimer et d’écrire. C’est dans cet ordre d’idées que les participants, ensemble avec les organisateurs, ont mené des réflexions sur les causes majeures de cette situation, tout en proposant des pistes de solutions.

            D’entrée des jeu, Linda Kabombo a fait savoir que trois acteurs clés entrent en jeu dans la promotion de la lecture chez l’enfant. Il s’agit notamment du gouvernement, des parents et de l’enfant lui-même.

Elle a insisté sur le fait que l’enfant a droit à l’éducation, hormis la santé, la nourriture, etc. C’est ainsi qu’elle a appelé les parents à adopter cette culture   d’acheter de petits bouquins à leurs enfants afin de leur inculquer la culture de la lecture. En plus, renseigne-t-elle, l’apprentissage de la lecture est le gage de la réussite scolaire. «  Une bonne façon de prévenir rapidement l’échec scolaire, c’est de devenir un bon lecteur. L’apprentissage de la lecture joue  un rôle clé dans le parcours scolaire. Raison pour laquelle  la première année est une période charnière. Les élèves qui ont de difficultés de lecture à la fin de la première année atteignent difficilement un niveau appréciable de lecture à la fin du primaire », a-t-elle martelé.

            D’où elle a demandé aux parents d’initier leurs enfants à la lecture dès leur jeune âge. « S’il y a des livres à la maison, si les enfants voient leurs parents en train de lire régulièrement, il y a de fortes chances, que le livre fasse partie de la vie de l’enfant ».

            De son côté, Richard Ali, président de jeunes écrivains congolais s’est aussi focalisé sur l’importance de la lecture. Pour lui, cette dernière est un moyen d’acquisition des connaissances et constitue même le facteur de développement d’un pays. Il a par ailleurs déploré le déficit des bibliothèques en RDC, qui ne favorise pas la promotion de la lecture.

Contributions des participants

 

            Après ces échanges, certains participants ont estimé que de nombreuses personnes ne s’adonnent pas à la lecture, puisque le livre en RDC coûte trop cher. C’est ce qui fait que  plusieurs parents éprouvent d’énormes difficultés à en acheter, vu  le faible salaire qu’ils perçoivent à la fin du mois. A Kinshasa par exemple, explique-t-elle, le prix d’un livre tourne autour de 10 à 50$. Pour eux,  la responsabilité revient à l’Etat de dégager des pistes de solutions afin que  les livres soient à la portée de tous.

            Toutefois, pour relever le défi, ils ont proposé qu’il y ait des activités culturelles dans différentes écoles, tels que les génies en herbes  ou des concours de dictée, etc. Cette façon va stimuler l’enfant à aller se documenter dans les bibliothèques, librairies…

            Certains ont proposé que les écrivains et les éditeurs se réunissent afin de faire un état des lieux de la lecture en RDC par rapport aux autres pays, ensuite de dégager des stratégies pouvant ramener les gens vers la lecture et faire un plaidoyer auprès du gouvernement.

Perside Diawaku

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