RDC : le dernier pavé de Feingold

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Avant de rendre définitivement son tablier d’Envoyé spécial des USA dans les Grands Lacs, Russ Feingold s’est exprimé le mardi 24 février 2015 au sujet de la traque des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda). D’aucuns considèrent cette sortie médiatique sur les tablettes de l’AFP (Agence France Presse) comme probablement son dernier pavé dans la mare de la République Démocratique du Congo, avant l’officialisation de sa démission.
L’homme qui a relayé sans état d’âme l’opposition de l’administration Obama à toute modification de la Constitution congolaise et à toute prolongation du mandat de Joseph Kabila au-delà de 2016 a confié à la presse que l’éradication de la rébellion des FDLR est une dette morale des autorités congolaises vis-à-vis de leur peuple. Par conséquent, tout échec est interdit dans les opérations actuellement menées par les FARDC (Forces Armées de la République Démocratiques du Congo) contre ces miliciens génocidaires réfractaires au désarmement volontaire.

Russ Feingold s’est dit choqué par les informations lui parvenues au mois de mai de l’année dernière, pendant ses tournées à travers les Etats de Grands Lacs, dont la RDC, et selon lesquelles les rebelles Hutu rwandais vivaient dans l’opulence à l’Est du pays, grâce aux dividendes que leur rapportait le trafic illicite des minerais (or, diamant, coltan) et des ressources naturelles (bois). A son avis, « c’est inacceptable » que des criminels qui écument le territoire congolais depuis vingt ans, puissent se sentir à l’aise au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, comme des poissons dans l’eau.
Aussi a-t-il exprimé le vœu de voir les autorités congolaises, à travers les FARDC, nettoyer effectivement l’Est du Congo, non seulement des FDLR, mais aussi de toutes les forces négatives qui s’y livrent aux massacres d’innocents, au pillage des minerais, aux graves atteintes aux droits de la personne humaine dont les violences sexuelles.
A propos de la chasse aux FDLR et d’autres forces négatives, telle que l’ADF/Nalu, Russ Feingold pense qu’elle devrait relever de la « responsabilité internationale ». Il veut entendre par là que le gouvernement congolais, les Nations Unies (Monusco et Brigade Internationale), les Etats des Grands Lacs comme ceux d’autres régions de l’Afrique, les bailleurs de fonds… devraient conjuguer leurs efforts pour ramener une paix durable dans la partie Est du pays. « Aucun groupe armé, a-t-il continuellement martelé, ne devrait être à l’aise à l’Est de la RDC ».
A son avis, la dynamique qui avait permis aux troupes conjointes FARDC-Monusco de mettre le M23 hors d’état de nuire en octobre 2014, devrait être renouvelée afin de tirer définitivement un trait sur les FDLR. Neutraliser les rebelles Hutu rwandais et traduire leurs chefs et commanditaires devant les juridictions internationales : tel est le grand souhait de l’Envoyé spécial sortant des USA dans les Grands Lacs.
On croit savoir que du côté de Washington, le comportement des militaires congolais face aux rebelles Hutu génocidaires est suivi de fort près, concomitamment aux non-dits du calendrier électoral global de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante). Les observateurs pensent que l’administration américaine voudrait voir les Congolais et leurs « partenaires » éliminer toutes les zones d’ombre de nature à perturber la situation politique et sécuritaire à l’horizon 2016.
Kimp