RDC : la crise s’aggrave !

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Beaucoup d’espoirs étaient fondés sur le procès ouvert et clos brutalement hier jeudi 15 novembre à la Cour Suprême de Justice, dans l’affaire relative à la contestation, Vital Kamerhe, des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. L’on pensait que la saisine de cette juridiction faisant office de Cour Constitutionnelle allait provoquer le dégel d’une crise politique dont tout le monde redoute les conséquences fâcheuses sur l’avenir immédiat de la République Démocratique du Congo.
 
En effet, ce pays post-conflit, qui souffre encore des séquelles d’une Transition politique vécue sur fond d’exclusion entre 2003 et 2006 et d’élections organisées avec un parfum de tripatouillages des urnes en 2006, avait grandement besoins de scrutins réellement démocratiques et transparents en 2011 pour retrouver la voie de la cohésion nationale. Hélas, contrairement aux attentes, les résultats des urnes ont davantage divisé que rapproché les Congolais de l’intérieur comme de l’extérieur.
Avec ce qui s’est passé hier au Palais de Justice, les observateurs sont d’avis que la crise politique, au lieu de reculer, va au contraire gagner du terrain. La RD Congo se trouve désormais ballottée par une double contestation : judiciaire et extra-judiciaire. Au plan judiciaire, le requérant Vital Kamerhe est resté avec le sentiment que la Cour Suprême de Justice n’est pas l’instance appropriée pour vider la querelle des chiffres au niveau de l’élection présidentielle. Il a fini par rejoindre, sur ce terrain, ses collèges candidats qui ont refusé de s’adresser à cette juridiction, car l’estimant non indépendante vis-à-vis des forces politiques regroupées au sein de la Majorité Présidentielle.
Le camp des contestataires de l’élection présidentielle s’est enrichi d’une nouvelle unité : il s’agit de Léon Kengo wa Dondo. Ce candidat, qui s’était réjoui au départ du score qu’il a réalisé dans la partie Ouest du pays et qui n’avait trouvé aucune raison de s’en remettre aux instances judiciaires pour contester, a surpris tout le monde en se mettant à parler, lui aussi, de la non transparence de ce scrutin. Cela fait, à ce jour, un total de 10 candidats sur 11 qui n’acceptent pas les résultats et qui, mutatis mutandis, vont rejeter le verdict de la Cour Suprême de Justice allant dans le sens de leur certification.
Le Congo est ainsi entré dans une crise politique profonde, ainsi qu’en témoigne le climat d’incertitude du lendemain qui prévaut à Kinshasa comme dans l’arrière-pays. En effet, depuis le 28 novembre 2011, la plupart des Congolais comme des expatriés redoutent une implosion, dont un échantillon leur était déjà fourni à travers les dérives pré-électorales, électorales et post-électorales marquées par des cas de tueries, des saccages des biens publics et privés, de violences interethniques aux quatre coins de la République.
 
Vivement une médiation
 
La Cenco, dans sa déclaration intervenue au lendemain du 28 novembre, avait décrit la RDC comme un train fou lancé à toute vitesse, dont le mécanisme de freinage n’était contrôlé par personne et qui fonçait tout droit vers l’abîme. L’image, apocalyptique, devrait interpeller la communauté africaine et internationale. Comme cela est ressenti par nombre d’analystes politiques, il faut en urgence une médiation africaine ou internationale pour prévenir les dégâts d’une fracture de la société congolais en deux camps : celui du vainqueur contesté de l’élection présidentielle et celui du vainqueur autoproclamé.
L’idée de la médiation est dans tous les esprits mais des initiatives précises tardent à se manifester dans cette voie. Les scénarii de la Côte d’Ivoire, du Kenya et du Zimbabwe sont si vivaces dans la mémoire collective congolais equ’il faut les considérer comme une chance inespérée pour convaincre les protagonistes de la crise congolaise de privilégier le dialogue à la logique d’une confrontation aux conséquences imprévues et imprévisibles.
 
Kimp
 

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