RDC : enfin le débat !

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           La soif de communiquer semble avoir soudainement gagné tous les états-majors politiques congolais. Chacun y va de son propos tantôt pour analyser le bilan de quatre premières années de la législature en cours, tantôt pour fixer les esprits sur son nouveau combat politique, tantôt pour planter le décor des enjeux électoraux de 2011. Le débat est là, inévitable.
 
            Les Congolaises et Congolais ne sont pas mécontents de ce qui leur arrive, à une année de la tenue de prochaines élections. Au contraire, ils deviennent de plus en plus friands des informations, analyses, statistiques, projections, critiques, projets de sociétés, déclarations politiques… qui circulent dans tous les sens. 
            Une chose est certaine : ceux qui gouvernent n’ont plus intérêt à cacher des choses, au risque de se trouver aussitôt déballés au niveau du Parlement ou des acteurs politiques à la recherche d’adhérents à leur vision future de la société congolaise. Le mensonge et la délation sont également interdits aux acteurs politiques qui évoluent en dehors des institutions de la République, sous peine d’être contredits par les gouvernants, chiffres à l’appui.
            Nos compatriotes devraient se féliciter d’assister à un round décisif, où ceux qui gèrent la « Cité » sont contraints de multiplier les opportunités de rendre compte, pendant que leurs contradicteurs s’emploient à donner d’autres sons de cloche. Grâce aux critiques, ceux qui gèrent la « Cité » pourraient mettre à profit les douze mois qui nous séparent des rendez-vous électoraux pour apporter les correctifs nécessaires à leurs « chantiers ». Dans ce sens, critiquer, c’est aussi rendre service à ceux qui ont du mal à lire correctement le feedback des masses populaires.
Dans ce contexte, la sous-information est interdite, dans un camp comme dans l’autre. Même si la campagne électorale n’est pas ouverte, il serait triste que, pour des raisons peu évidentes, quelqu’un s’avise à décréter un embargo sur ceux qui parlent. Tout le monde peut constater qu’il n’y a pas de mal à ce que les Congolais discourent, discutent, critiquent… dans le dessein bien arrêté de permettre à leurs congénères d’avoir une large connaissance de l’état de la Nation avant le nouveau bail électoral.
            S’il est acquis que l’avenir et le devenir du pays sont l’affaire de tous, l’on devrait convenir que chacun serait en droit de savoir, à travers le débat démocratique, si le pays se trouve ou non sur la bonne voie. Dans l’hypothèse où le pays irait bien, il appartiendrait au souverain primaire, à la lumière des informations en circulation, de sanctionner positivement les gouvernants en exercice. Dans le cas où il serait au bord du gouffre, la balle serait toujours dans le camp du souverain primaire, pour décider en conséquence, par le biais des urnes.
                                                                                          
Kimp.

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