RDC : agir ou se rendre complice !

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Le gouvernement congolais, dont la gêne est visible dans un dossier impliquant son homologue rwandais, avec lequel il essaye de normaliser ses relations, ne peut pas compter sur l’oubli de la communauté internationale face aux graves violations des droits de l’homme dont furent victimes ses citoyens entre 1993 et 2003. Il ne lui reste qu’une alternative : agir ou se rendre complice des auteurs des massacres, viols et autres traitements inhumains et dégradants commis sur ses filles et fils.

Le fâcheux précédent de Bosco Ntaganda, contre qui le Procureur près la CPI (Cour Pénale Internationale) avait, en son temps, émis un mandat d’arrêt international jusque-là non exécuté volontairement par Kinshasa, n’est pas pour rassurer les tenants du respect des droits humains. Par ce temps de douce pression du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme sur les autorités congolaises, celles-ci auraient intérêt à éviter de donner un nouveau signal négatif.

Le message en provenance de Genève est à interpréter comme une demande renouvelée adressée à Kinshasa en vue de la traque des personnes physiques et morales présumées avoir participé à la liquidation massive des vies humaines, aux violences diverses, dont sexuelles sur des milliers de personnes innocentes sans armes, aux pillages des biens publics et privés, aux destructions méchantes d’infrastructures, aux arrestations arbitraires, aux détentions illégales, aux tortures, etc.

Six mois après la publication et l’endossement du Rapport Mapping par les Nations Unies, Kinshasa ne devrait pas afficher une attitude de nature à faire croire qu’une croix serait mise sur des millions de Congolaises et Congolais massacrés, des milliers d’hommes, femmes et enfants du Congo violés, avec la circonstance aggravante de la contamination au VIH.
Certes, le travail présenté par les enquêteurs des Nations Unies n’était pas exempt de reproche. Toutefois, il avait eu le mérite de rappeler à la mémoire collective que les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis pendant dix ans en RDC, par des acteurs identifiés comme membres des armées régulières rwandaise, burundaise, angolaise, ougandaise et congolaise, mais aussi par des forces négatives nationales (AFDL, MLC, RCD, Mai-Mai, RCD/N, RCD/K-ML) et étrangères (LRA, Nalu, FDLR…) ne resteraient pas impunis.

L’engagement du gouvernement congolais à s’inscrire ou non dans la logique de l’impunité face à ces crimes imprescriptibles va être jugé au regard de la suite que les autorités congolaises vont réserver à la requête venue de Genève. Point n’est besoin de souligner l’enjeu d’un tel test dans un pays encore en butte aux groupes armés, nationaux comme étrangers, ainsi qu’à une flopé d’inciviques des FARDC, qui continuent de se rendre coupables des violations massives des droits de homme.

Kimp

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