RDC : 50 ans de prospérité ou de misère ?

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En marge du jubilé d’or de la RD-Congo qui sera fêté le 30 juin,  réunie au sein de leur collectif, les organisations des droits de l’homme  ont livré dimanche 14 mars à la presse  au siège  de l’Ong « Les amis de Nelson Mandela pour la défense des droits humains » dans la commune de Kalamu,  leur lecture relative à la visite prochaine du Roi des belges en République démocratique du Congo à l’occasion des festivités du cinquantaine de l’indépendance.

Alors que la situation du pays est chaotique et désespérée dans tous les secteurs de la vie, ces organisations de la société  civile jugent la venue du monarque belge  inopportune et s’insurge contre la tenue de manifestations grandioses que cet événement va occasionner. Par ailleurs, par la bouche de Floribert Chebeya, son porte-parole,  ce collectif dénonce le fait que le pouvoir  se serve  de cet événement pour des objectifs électoraux, alors que la relecture de l’histoire du pays est l’affaire de tous et non pas d’un seul groupe d’individus.

Selon ce collectif,  la situation du pays demeure alarmante  dans tous les secteurs de la vie nationale. Les fonctionnaires, déjà sous-payés sont impayés depuis plusieurs mois. Les grèves couvent ou ont été déclenchées dans plusieurs corporations des forces vives du pays. Est-il opportun et responsable d’engloutir des millions de dollars pour la seule raison de fêter les cinquante années d’indépendance ? Que cherche-t-on à fêter aujourd’hui ? Cinquante ans de maturité politique, de prospérité économique, ou de misère pour le peuple Rd-Congolais ? Quel intérêt y aurait-il pour le royaume de Belgique d’être représenté au plus haut niveau à cette manifestation ?    

Le collectif des Ong des droits l’homme pense que ce  moment historique  devrait être plutôt  consacré par la communauté nationale pour faire un état des lieux de la marche du pays de ces cinq dernières décennies. Pour cause, affirme le collectif dans sa prise de position, l’organisation de ces festivités   constraste  malheureusement avec l’exacerbation de la misère de la population qui  assiste médusée, à un enrichissement sans cause, résultant de la corruption, du détournement des deniers publics et de la spoliation des richesses par certains acteurs du pouvoir en place qui semble n’avoir des comptes à rendre à personne, indique-t-il. D’autre part,  poursuit ce collectif, après tous les  rendez-vous manqués par le pays  à  cause  des guerres d’agression à répétition et la crise institutionnelle qui ont sévi dans le pays de 1996 à 2003, suivi de la mise en place des institutions politiques issues des élections de 2006, fruit du dialogue intercongolais, le jubilé d’or devrait être un moment crucial de relecture de l’histoire du pays et de faire le point sur la marche de la démocratie, de la paix, de la sécurité, la situation socio-économique et de la reconstruction. Cela,   afin de mettre sur pied une stratégie globale et cohérente de son développement.

S’agissant de l’ancienne métropole qui va être représentée au plus haut niveau à cette manifestation, le collectif tire la sonnette d’alarme et fait savoir que celle-ci, qui connaît et suit au quotidien la situation de la Rd Congo doit faire  attention pour ne pas tomber dans le piège de la récupération politicienne pour de visées électoralistes et prendre toute la mesure  de ses responsabilités historiques pour réparer tous les torts causés au peuple congolais depuis l’Etat indépendant du Congo (Eic) jusqu’à nos jours, martèle-t-il. A cet effet, le collectif estime que le  cinquantenaire soit  l’occasion de la révisitation des relations belgo-congolaises de l’Eic en passant par la colonisation, l’assassinat de Patrice Lumumba ainsi que le dossier jamais élucidé du contentieux belgo-congolais.

Signalons  que ce collectif comprend La voix des sans voix pour les droits de l’homme (VsV) ; Ligue des électeurs ; oeuvres sociales pour le développement ; Comité droits de l’homme, maintenant ( Cdhm), Observatoire Congolais des droits humains ;  Les amis de Nelson Mandela pour les droits humains ; Synergie Congo culture et développement (Sccd) ; Réseau provincial des droits humains au Congo ( Reprodhoc) et Femmes des médias pour la justice au Congo (Fmjc).

A.Vungbo

 

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