RDC : 20 «dialogues» de 1960 à 2013

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Conscience Nationale Congolaise (CNC), en partenariat avec ICREDES et le groupe de presse Le Potentiel, a organisé le samedi 12 décembre 2015, une conférence-débat sur le thème général : « Les défis du dialogue et la leçon à tirer ». Un trio de scientifiques composé des  professeurs d’université était à la tribune pour aider la nation congolaise à tirer les leçons du passé pour gagner le pari de son énième dialogue politique en gestation.

Le professeur Mutamba Makombo, historien, a planché sur « Le dialogue en RDC à travers l’histoire ». Le philosophe Kabongo Malu a réfléchi sur « Le dialoguisme congolais ou l’incapacité à construire un Etat viable au cœur de l’Afrique ». Le professeur François Mukoko Nsenda, directeur Exécutif de l’ICREDES (Institut Congolais de Recherche en Développement et Etudes Stratégiques), a donné sa vision de la thématique.

Le professeur Mutamba Makombo a fait la   rétrospective des dialogues organisés en RDC depuis 1960, en expliquant aussi bien le contexte, les objectifs, la qualité des participants, les lieux, la durée et les résultats. De la « Table Ronde » de Bruxelles ( janvier -février 1960) aux « Concertations Nationales » (septembre-octobre 2013), l’historien congolais a constaté que, d’une manière générale, ces forums ont accouché d’une souris.

            Tirant les leçons de l’histoire, Mutamba Makombo est d’avis que la réussite d’un dialogue exige la participation de toutes les forces en présence, sans exclusion. Il estime que la réussite du Dialogue national en perspective dépendra de son caractère inclusif, de la composition des participants, du cadre, des garanties de sécurité, de la précision des points inscrits à l’ordre du jour, du rôle exact du médiateur national ou international.

            Pour sa part, le deuxième intervenant, le philosophe Kabongo Malu, a dressé le tableau de 5 cycles de dialogues dans l’histoire congolaise avec plus de 20 rencontres formelles. Son constat est qu’en dépit de toutes ces palabres, les Congolais ne sont pas parvenus à renforcer réellement, ni les institutions républicaines, ni la souveraineté nationale, encore moins à assurer le développement de leur pays.

Pour lui, tous ces dialogues n’étaient que des « dialoguismes » infructueux, qui n’ont pas permis à la RDC de résoudre ses multiples problèmes, notamment les faillites humaines et institutionnelles.

            Analysant les positions exprimées par des pro-dialogue d’une part et des anti-dialogue d’autre part, le professeur François Mukoka Nsenda, directeur Exécutif de l’ICREDES, craint qu’avec toutes ces divergences, la RDC ne replonge dans une grave crise qui la ferait rentrer à la case-départ.

            Faisant la synthèse de la matinée de réflexion, Freddy Mulumba, vice-président du Groupe de presse Le Potentiel et Radio-Télé 7, a appelé les Congolais à prendre leur destin en mains. « La RDC n’est pas n’importe quel pays. C’est un produit de la mondialisation. Quand le monde bouge, la RDC bouge ».

            Il a appelé l’élite congolaise à ouvrir l’œil et le bon pour barrer la route aux ennemis de la RDC, qui n’attendent que son implosion pour concrétiser le plan de sa  balkanisation.                                              EW