RD Congo : Kagame à court de «fusibles»

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Le rapport du panel des experts des Nations Unies sur l’implication du Rwanda dans l’appui militaire, financier et logistique du CNDP/M.23 continue de faire grand bruit au sein de l’opinion internationale. Le régime de Kigali est sérieusement secoué par les révélations portées à la connaissance des décideurs et peuples des quatre coins de la planète. Le monde entier sait désormais, au regard des éléments de preuves y consignés, que le principal ennemi de la paix en République Démocratique du Congo, s’appelle Paul Kagame.
Le déballage des experts des Nations Unies a permis de constater que les « guerres » et « rébellions » qui déchirent l’Est du Congo depuis 1996  n’ont pas pour toile de fond des querelles de leadership et d’intérêts entre Congolais mais plutôt les visées annexionnistes du Rwanda sur la RDC. Pourtant, de 1994 à 2012, le régime en place à Kigali a eu le beau rôle de cacher son jeu malsain en s’appuyant sur des « fusibles » tels que les FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda), l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo), le RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie), le CNDP/M.23 et tout le conglomérat des nébuleuses Mai-Mai.
 
Chaque fois que son pays était montré du doigt et accusé d’entretenir l’insécurité dans la partie Est du pays, Paul Kagame s’empressait de tout balayer d’un revers de la main et de réclamer des preuves. Dès lors que le Rwanda affirmait que toute « guerre » ou toute « rébellion » éclatant au Nord ou au Sud-Kivu était un problème congolo-congolais, dont la résolution devait passer par le dialogue entre Congolais, la communauté internationale abandonnait automatiquement toute idée de condamner un pays présumé toujours fragile, 18 ans après le génocide des Tutsi.
 
Même lorsque les armées rwandaise et ougandaise s’étaient battues à l’arme lourde en pleine ville de Kisangani en juin 2000, en y massacrant des civils congolais et détruisant des infrastructures de base, il n’y a que l’Ouganda qui avait été condamné au niveau de la Cour Internationale de Justice, à payer des dommages-intérêts à la RDCongo. Signalons au passage que Museveni n’a jamais sorti le moindre dollar pour réparer les préjudices moraux et matériels causés par son armée.
Quant à la plainte articulée par Kinshasa contre le Rwanda, elle a été retirée sans qu’une quelconque explication soit fournie aux familles des victimes. Ce traitement de faveur, sur fond de mépris de la vie de nombreux Congolais envoyés gratuitement dans l’au-delà, commençait à intriguer plus d’un observateur. On n’a cessé de se demander si le Rwanda, qui se comporte comme un Etat voyou, allait continuer à se moquer impunément du Congo et des Congolais.
 
Londres et Washington devant leurs responsabilités
 
A la lumière de lourdes charges qui pèsent désormais sur le régime de Kigali comme sponsor attitré du CNDP/M.23 en termes de finances, d’armes, de munitions et de troupes, certaines Ong, dont Global Witness, n’ont pas hésité à interpeller les gouvernements américain et britannique dont les pays passent pour les traditionnels et principaux pourvoyeurs du Rwanda en aide extérieure. Ces pays ne peuvent pas en effet militer pour la promotion des droits humains en Afrique et tolérer en même temps que les fonds qu’ils allouent à un Etat  soient utilisés pour semer la mort et la désolation dans un pays voisin comme c’est le cas du Rwanda avec la RDC.
Aussi est-il demandé aux Usa et à la Grande-Bretagne de prendre leurs responsabilités, notamment en exerçant de fortes pressions sur leur « ami ». A défaut, qu’ils cessent d’affecter les fonds des contribuables américains et britanniques au financement des mouvements rebelles et groupes armés en République Démocratique du Congo. Il est grand temps que la supercherie de Paul Kagame et ses lieutenants, qui ont fait tant de dégâts humains et matériels au Congo, puisse s’arrêter.
 
KIMP

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