La RD Congo décide de fermer la Maison Schengen à Kinshasa

0
165

C’est le désamour total entre Kinshasa et Bruxelles. Une véritable réponse du berger à la bergère !

Dans une correspondance adressée, hier mercredi 24 janvier, à l’ambassade du Royaume de Belgique en République Démocratique du Congo, le vice-ministre congolais des Affaires étrangères et Intégration régionale annonce la fermeture, dans un bref délai, de la

Maison Schengen à Kinshasa.
On rappelle que cette décision fait suite à la déclaration faite le 4
janvier dernier, par des responsables belges en charge de la politique
extérieure relative à la suspension par le Royaume de Belgique de la
coopération bilatérale d’Etat à Etat avec la République Démocratique
du Congo. C’est en représailles à cette mesure que Kinshasa vient, à
son tour, d’annoncer la fermeture pour bientôt de la Maison Schengen
en RDC.
Ci-dessous la correspondance du vice-ministre congolais à l’ambassade
de Belge à Kinshasa :

Le Ministre des Affaires Etrangères et Intégration Régionale de la
République Démocratique du Congo présente ses compliments à
l’Ambassade de Royaume de Belgique à Kinshasa et, faisant suite aux
déclarations des responsables de la politique extérieure belge du 04
janvier 2018 et du 10 janvier 2018 de suspendre la coopération
bilatérale  d’Etat à Etat avec la République Démocratique du Congo et
de réaffecter le financement disponible à l’aide humanitaire, a
l’honneur de signifier au Gouvernement  belge que la Nouvelle Agence
Belge de Développement (ENABEL) n’a plus sa raison d’être en
République Démocratique du Congo et, dès lors, lui demande de tirer
les conséquences qui s’imposent.
Le Ministère saisit cette oportunité pour informer le Gouvernement
belge de sa décision de fermer dans un bref délai la Maison Schengen à
Kinshasa.
Le Ministère des Affaires Etrangères et Intégration Régionale de la
République Démocratique du Congo remercie l’Ambassade du Royaume de
Belgique à Kinshasa pour sa collaboration et saisit cette occasion
pour lui renouveler les assurances de sa haute considération.

Fait à Kinshasa, le 24 janvier 2018
-0-
Rubrique : Actualité
Marche du 28 janvier 2018 : CENCO et Monusco sur la même longueur
d’ondes, 6 morts
Les questions relatives à la marche pacifique du Comité des Laïcs de
Coordination (CLC) du 21 janvier 2018 ont été au cœur de la conférence
de presse hebdomadaire des Nations Unies d’hier mercredi 24 janvier
2018 animée par Florence Marshal, porte-parole de la Mission des
Nations Unies pour la Stabilisation en RDC au quartier général de la
Monusco dans la commune de Gombe.
Selon le bilan en possession de la Monusco, a indiqué la
porte-parole, 6 personnes auraient été tué dont deux femmes, toutes à
Kinshasa, 68 personnes blessées ont été recensées sur l’ensemble du
territoire national et 121 autres arrêtées. Un bilan qui converge avec
celui de la CENCO qui indique aussi 6 morts.

Abdoul Aziz Thioye, directeur du BCNUDH (Bureau Conjoint des Nations
Unies aux Droits de l’Homme) a précisé par ailleurs qu’au moins 90 des
121 personnes arrêtées ont déjà été libérées et qu’un nombre important
le sera certainement encore dans les prochaines heures au regard de la
coopération avec les autorités policières qui se montrent très
flexibles.
En ce qui concerne le bilan controverse sur le nombre de décès avancé
par la Monusco et celui de la Police nationale congolais ( 2 morts),
qui remet en cause la documentation de la Monusco à ce sujet, Abdoul
Aziz a précisé que les preuves sont bel et bien disponibles et que
comme d’habitude, elles sont partagées avec les autorités du pays.

6.497 violations de droit de l’homme en 2017 en RDC

Le directeur du BCNUDH a aussi à cette occasion rendu public le
rapport de son bureau sur les principales tendances des violations des
droits de l’homme documentées au cours de l’année 2017.
A cet effet, le BCNUDH a documenté 6 497 violations des droits de
l’homme en RDC, soit une moyenne de plus de 541 violations par mois.
Il s’agit d’une augmentation de plus d’un quart (+25% par rapport à
2016 (5 190 violations), qui avait déjà connu une augmentation de 30%
par rapport à l’année 2015 (4 004 violations). Le rapport note qu’à
l’instar de l’année précédente, cette augmentation s’explique
notamment par le grand nombre de violations liées à la restriction de
l’espace démocratique (plus de 20%du total), ainsi que par l’activisme
de plusieurs groupes armés et milices, qui non seulement s’est répandu
géographiquement mais a fortement augmenté (+38%). Les agents de
l’Etat ont eux aussi commis d’avantage de violations qu’en 2016 (20%).
Selon le BCNUDH, sur l’ensemble du territoire de la RDC, les agents
de l’Etat sont responsables de 61% des violations documentées en 2017,
tandis que 39% ont été perpétrées par les groupes armés. Plus de la
moitié des violations commises par les agents de l’Etat sont
attribuées aux éléments de la police nationale congolaise et des
Forces armées de la République démocratique du Congo. Le BCNUDH
déplore l’augmentation exceptionnelle (+146% en un an) du nombre de
victimes d’exécutions extrajudiciaires et arbitraires par des agents
de l’Etat (1 176 victimes). L’ensemble des groupes armés et milices
sont, eux aussi, responsables d’un nombre affligeant d’exécutions
sommaires (904 victimes).       Myriam Iragi