Ratés dans le processus électoral en cours : la Société civile plaide coupable

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Le Réseau d’Organisation des Droits de l’Homme  et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne « Rodhecic » a organisé le samedi 1er septembre 2012 au Cepas un atelier d’échanges à l’intention des acteurs sociaux. Et avec comme intitulé : «Société civile congolaise  et le processus électoral  en RDC».
Les deux intervenants du jour, le secrétaire  exécutif du Réseau des Observateurs des Confessions Religieuses « ROC », Idriss Katenga, et le sociétaire du Rodhecic, André Bekambo, ont parlé tour à tour de l’état des lieux de la société civile face au processus électoral 2010-2014 et  processus électoral 2012-2016, quels objectifs et quels types d’élections pour les acteurs sociaux.
Jean-Baptiste Ndundu, secrétaire permanent du Rodhecic, a été le premier à prendre la parole.
Selon lui, le processus électoral en RDC a été marqué par plusieurs faits saillants. Les acteurs de la société civile s’y sont réellement impliqués. Ils se sont intéressés à l’analyse et au monitoring dudit processus. Ne se privant pas d’attirer l’attention des décideurs politiques et des partenaires… sur certains points  ou encore  de faire des déclarations pour donner leurs positions sur des sujets liés aux élections.
Ayant certainement tenu compte des préoccupations soulevées par les acteurs sociaux, la communauté internationale conditionne désormais son appui financier aux prochaines élections à la restructuration de la CENI.
«Nous devons nous retrouver ensemble pour voir ce qui n’a pas marché de notre côté », a précisé Ndundu. éQuelque part nous avons failli», a-t-il ajouté.
« En réfléchissant ensemble, nous allons voir ce qu’on peut faire pour les prochaines élections. Le Rodhecic s’est déjà mis à la tâche. Vous êtes appelés à enrichir le travail entamé », a indiqué Jean-Baptiste Ndundu.
 
 Auto-flagellation
 
Réputé pour son franc parler, Idriss Katenga s’est appesanti d’abord sur les obligations des acteurs sociaux. Et de préciser qu’appelés souvent à marquer les autres à la culotte, les acteurs sociaux ne parviennent pas à faire correctement leur auto critique.
L’une des caractéristiques principales du processus électoral en RDC est l’absence de consensus entre les différentes parties concernées.  On s’est empoigné sur le calendrier électoral publié par la CENI, a-t-il précisé.
Comme autres problèmes ayant suscité des passions  : la révision constitutionnelle, la composition du bureau de la CENI  avec comme particularité l’exclusion  de la société civile, la transparence du fichier électoral, le rôle de la Monusco, la recomposition du paysage politique avec l’entrée en lice de l’UDPS, les dissensions enregistrées dans le camp de la majorité, la naissance de nouveaux partis….
 
Des contraintes diverses ne permettent pas encore aux acteurs sociaux de mieux tirer leur épingle de jeu. Notamment leur forte dépendance financière à l’endroit des bailleurs des fonds, leur allégeance envers les opérateurs politiques, leur silence coupable,   leur manque de courage  face aux  problèmes comme la déclaration du Cardinal Monsengwo sur les élections, le combat mené par l’UDPS sur le fichier électoral.
On a observé aussi le chevauchement des structures en matière électorale. A la veille des élections, des réseaux censés observer des élections ont poussé comme des champignons. Et pourtant, il en existe déjà en grand nombre.
Comme solutions, on doit réaffirmer la volonté de travailler ensemble, promouvoir le professionnalisme, replacer l’idéal citoyen….
Compte plusieurs organisations de la société civile dans notre pays. Cette diversité est en soi une bonne chose. Néanmoins, certaines ongs s’emploient à copier servilement ce que font d’autres structures associatives. Chez ce genre d’ongs, le travail ne se fait pas en profondeur. Bekambo a invité les acteurs sociaux à se dépasser pour relever les défis qui les attendent.
Les interventions de Katenga et de Bekambo ont été entrecoupées des débats. Les participants ont parlé sans détour des problèmes auxquels ils sont confrontés régulièrement.
 
        Jean-Pierre Nkutu

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