Rassemblement populaire monstre à N’Djili l’Opposition persiste et signe «Pas de 3me mandat pour Kabila » !

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meeLa Dynamique de l’Opposition anti-dialogue et contre le glissement ou mieux le troisième mandat du Président de la République, Joseph Kabila, a réussi à mobiliser plusieurs milliers de Kinoises et Kinois hier mardi 15 septembre 2015 à la Place Sainte Thérèse, dans la commune de N’Djili. Tôt le matin, les principales artères conduisant vers le lieu du meeting prévu à cette occasion étaient envahies par des militants de différentes formations politiques de l’Opposition.

Des bus et taxi-bus ne cessaient de vomir les partisans des partis de l’Opposition, au point de paralyser les activités commerciales et autres dans partie Est de Kinshasa. Des leaders de cette famille politique, notamment Vital Kamerhe, Eve Bazaiba, Martin Fayulu, Jean-Claude Vuemba, Jean-Lucien Bussa, Gilbert Kiakwama, Jeannot Mwenze Kongolo, Koloso, Sumaili, Gabriel Mokia… ont organisé des caravanes motorisées en direction de la Place Sainte Thérèse.

Des drapeaux et calicots des partis tels que l’UNC, le MLC, les FONUS, l’ECIDé, le CEDER, l’ENVOL, le MPCR, le RCD/K/ML… flottaient au vent, tenus ou déployés par des milliers de mains.

Un seul message était visible sur les calicots qu’exhibaient les participants au meeting : « Pas de troisième mandat pour Kabila ».

Chacun des acteurs de l’Opposition exhibaient un exemplaire « cadenassé » de la Constitution, une manière explicite d’inviter le président Kabila à respecter toutes ses dispositions, surtout celles, intangibles de l’article 220, qui fixe la durée du mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une seul fois.

Prévu pour 10 heures, le meeting a commencé avec plus de deux heures de retard, suite à la coupure du courant électrique. Un groupe électrogène de secours a dû être commandé illico presto pour pallier ce désagrément.

 Cette longue et intempestive coupure d’électricité a poussé le modérateur de l’Opposition, Jean-Bertrand Ewanga, a relever que les « 5 chantiers de la République » et la « Révolution de la modernité » clamés par le pouvoir en place ne sont pas encore traduits en réalité dans le district de Tshangu.

Dans son mot d’introduction, le Secrétaire général de l’UNC a exigé la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques, notamment Jean- Claude Muyambo, Eugène Diomi Ndongala, Christopher Ngoyi, les activistes de Filimbi…Il a aussi plaidé pour la libération du sénateur Jean-Pierre Bemba, ancien Vice-président de la République et président en exercice du MLC (Mouvement de la Libération du Congo), en détention au centre pénitencier de la CPI (Cour Pénale Internationale), à la Haye (Pays-Bas), depuis août 2008.

            Première à intervenir après l’introduction du modérateur, la Secrétaire générale du MLC, Eve Bazaiba, a démarré par la condamnation de l’enlèvement le samedi 12 septembre de son fils, étudiant à l’Université Protestante du Congo. Elle a qualifié l’acte de barbare et souligné qu’il constituait une indication supplémentaire de la situation de non-Etat en République Démocratique du Congo.

            Embrayant sur le thème du jour, Eve Bazaiba a demandé au Président Kabila de respecter la Constitution, qui ne lui permet pas de postuler pour un troisième mandat. « Tosa… ba batosa yo ! », a-t-elle lâché en lingala, avant de mettre en exergue l’article 64 de la Constitution, qui autorise tout citoyen congolais de résister contre toute dérive totalitaire.

            Eve Bazaiba a rappelé au président de la République son serment, à savoir respecter et faire respecter scrupuleusement la Constitution.

            « Le 20 décembre 2016, la RDC doit vivre pour la première fois de son histoire, la passation de pouvoir entre l’actuel locataire du Palais de la Nation et son successeur qui sortira des urnes à l’issue de la présidentielle qui, conformément à la Constitution, doit avoir lieu, avec les législatives nationales, le 27 novembre 2016 », a-t-elle martelé, avant de rendre un vibrant hommage à son leader, Jean- Pierre Bemba.

            Intervenant en second lieu, Vital Kamerhe  a réitéré le même message de respect strict de la Constitution, conseillant au Chef de l’Etat de se méfier des « faucons » de la Majorité, qui le poussent à la faute, avec des slogans  du genre « Kabila désir », « Kabila, tondi yo nainu te ».

            Il a, à la même occasion, appelé à l’unité de l’Opposition pour obtenir l’alternance au pouvoir en 2016. Ironique, Kamerhe a  fait remarquer que la forte mobilisation de la population par l’Opposition, un jour ouvrable, était la preuve que le chômage a atteint la cote d’alerte, dans un pays où on prétend avoir stabilisé le cadre macro-économique, avec un taux de croissance supérieur à 8 %.

            L’alternance au sommet de l’Etat, selon le leader de l’UNC, est indispensable pour donner réellement de l’emploi à des milliers de Congolais, qui sont convaincus que l’unique chance pour changer positivement leurs conditions de vie, c’est un changement de gouvernance.

            Kamerhe a salué le courage des leaders de la Majorité regroupés au sein du G7, qui ont dit non au glissement dans une lettre adressée à leur « Autorité morale » et demandé à leurs compagnons qui hésitent encore à leur emboiter le pas.

            Enfin, l’ancien président de l’Assemblée nationale a rejeté, une fois de plus, le projet de dialogue initié par le Chef de l’Etat, devenu selon lui inopportun dans le contexte actuel.

            Martin Fayulu a, quant à lui, « conjugué » Joseph Kabila au passé en scandant un air populaire : « Au revoir ééé… mbote ya suka » (au revoir… adieu). Le président de l’ECIDé a exhorté la population à vaincre la peur, pour barrer la route aux fossoyeurs  de la démocratie, qui multiplient des stratagèmes pour instaurer une monarchie présidentielle en RDC.

            Fayulu a donné rendez-vous à tous pour 2016, car cette année -là sera marquée par l’avènement au pouvoir du nouveau Président qui sera élu le 27 novembre 2016.

Jean-Claude Vuemba a, de son côté, tiré  à boulets rouges sur l’ex-gourou du défunt mouvement politico-religieux Bundu Dia Kongo, qui a fait volte-face, après avoir été caillassé par des masses Ne Kongo à Moanda, à cause de sa campagne en faveur du glissement. L’élu de Kasangulu n’a pas non plus ménagé le Premier ministre Matata, qui prétexte que la RDC manque deux millions de dollars américains pour organiser l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs de nouvelles provinces, alors que chaque année, et ce depuis 2012, l’Assemblée nationale accorde un budget de 250 millions de dollars pour les élections.

            Jean-Lucien Bussa est revenu sur la mauvaise gouvernance, décriant au passage plus d’une décennie de gestion calamiteuse du pays par le pouvoir en place. Il a joint sa voix à celles de ses prédécesseurs pour plaider en faveur de l’alternance, seul remède, selon l’élu de Budjala, pour sortir le pays du tunnel de la pauvreté et du sous-développement.

            Joseph Olenghankoy a rappelé les tueries de Beni, l’insécurité à l’Est, les expulsions massives et cavalières des citoyens congolais des pays voisins… pour démontrer que le pouvoir actuel est incapable de défendre la dignité du peuple congolais.

            Koloso Sumaili,  Mwenze Kongolo, Gabriel Mokia.. ont répété haut et fort le credo de la Dynamique de l’Opposition, à savoir « pas de troisième mandat pour Kabila ».

            Le patriarche Kiakwama s’est chargé de vulgariser, en kikongo, le message du changement, qui devait passer une forte mobilisation populaire contre tout glissement.

ERIC WEMBA