Rapport Mapping, décès d’Armand Tungulu, refus des soldats ex-CNDP d’être mutés, etc, : Lambert Mende donne la position du gouvernement

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Encore une fois, le ministre de la Communication et des Médias était face-à-face à la presse ce mardi 12 octobre.

Motif : faire le point ou mieux exprimer la position du gouvernement par rapport à l’actualité nationale.

Six points étaient inscrits à l’ordre du jour de la communication de Lambert Mende Omalanga à la nation, via les médias. Il s’agit du rapport des Nations unies sur les crimes commis en République démocratique du Congo entre mars 1993 et juin 2003 dit « Rapport Mapping », du décès d’Armand Tungulu, du refus des soldats ex-Cndp d’être mutés dans d’autres provinces du pays, de la suspension des activités minières dans les provinces du Nord et Sud Kivu, du satisfecit du gouvernement face à certaines bonnes nouvelles ainsi que de la marche des femmes congolaisescontre les viols. 

L’appréciation mitigée du gouvernement 

            Concernant le rapport Mapping, l’orateur renseigne que le gouvernement l’accepte en émettant quelques réserves de fond.

            C’est-à-dire qu’il ne l’adopte pas globalement.

Les réserves du gouvernement concernent entre autres la politique de deux poids deux mesures dans la stigmatisation de la responsabilité des pays tiers (Rwanda, Ouganda, Burundi, Angola, Zimbabwe et Tchad). Mais les acteurs non africains initiateurs et sponsors de la prédation ne sont pas cités en tant qu’auteurs intellectuels desdites violations ; l’impasse sur les propositions des autorités angolaises de séparer les combattants des réfugiés ou éloigner les camps de réfugiés de la frontière ainsi que le refus de la communauté internationale de soutenir un tel projet. Le rapport Mapping se contente d’attribuer les problèmes nés entre le Rwanda et le Zaïre de Mobutu à l’isolement diplomatique croissant du président Mobutu et au refus des nouvelles autorités rwandaises d’ouvrir des négociations.

            Les réserves de la Rdc concernent aussi l’escamotage de certaines violations graves des droits de l’homme comme celles perpétrées par des membres du personnel de la Monuc (viols) qui furent du reste décriés par le SG de l’Onu lui-même ; l’imprécision sur les faits et les chiffres derrière des formules stéréotypées (nombre indéterminés des civils tués, nombre impossible à rétablir) qui n’apportent aucune information utile ; etc.

            Le porte-parole indique en outre que le choix de 1993 comme repère chronologique de départ alors que la descente aux enfers du Congo-Zaïre a commencé avec les pillages, fausse les données ; tout comme l’accusation contre les FARDC de recruter des enfants-soldats oubliant que la présence d’enfants issus des groupes armés dans les casernes est due au programme de démobilisation des groupes armés nationaux qui les avaient recrutés ; etc.

            De la même manière, le gouvernement fustige la tendance à méconnaître toute légitimité à l’Etat congolais que le rapport assimile à des groupes armés informels ; le manichéisme idéologique des auteurs du rapport avec une rare hostilité vis-à-vis de l’appareil judiciaire congolais. 

A. Tungulu avait mission d’éliminer J. Kabila 

Abordant le point lié au décès d’Armand Tungulu Mudiandambu, il a d’abord narré le film de l’événement du jet de pierres sur le cortège présidentiel. Avant d’affirmer que l’auteur de jet de pierres avait l’intention d’éliminer le chef de l’Etat congolais.

             « Nos sources renseignent qu’il était convaincu d’avoir reçu une mission divine pour éliminer le chef de l’Etat congolais qu’il avait provoqué l’incident dans l’espoir d’être reçu par le président ».

            En plus, a poursuivi le ministre, à l’issue de l’interrogatoire subi, Armand Tungulu a déclaré militer dans une demi-dizaine d’associations politiques de la diaspora, à savoir : APARECO, le Mouvement UNIR/MN, le Mouvement pour le changement des mentalités, le groupe Bana Congo et ARC Mapinga.

En outre suivant le rapport de l’enquête des OPJ qui l’ont entendu, Tungulu qui était arrivé à Kinshasa le 15 septembre 2010 en provenance de Bruxelles avait effectué une visite au pays le 23 mars de la même année. Et qu’un film sur DVD le montre participant à une réunion du mouvement armé ARC Mapinga dirigé par un certain colonel Fely Fofe. Une réunion au cours de laquelle lui et ses compagnons avaient levé l’option de mener quelques actions. Notamment saborder les élections de 2011, déstabiliser le pouvoir en place à Kinshasa par la voie des armes, celle politique ayant échoué.

            A propos du refus des officiers et soldats ex-Cndp d’être déplacés en dehors de leur terroir, Lambert Mende a réitéré l’attachement du gouvernement à la position du chef d’Etat major général des Fardc en réponse à la lettre adressée au chef de l’Etat par des ex-combattants Cndp.

            A la question de la presse rappelant au ministre que la position des éléments ex-Cndp trouve son fondement dans une résolution de la Conférence de Goma de janvier 2008, Lambert Mende relève que « les accords politiques ne sont pas applicables aux forces armées ».

            Avant de préciser que si c’était la police, le problème ne se poserait pas. Quant à la suspension des activités minières dans les provinces du Kivu, il s’en est félicité, déclarant que ça porte déjà les fruits.

            Au chapitre de ce qu’il a qualifié de bonnes nouvelles, il y a ce sentiment de joie qu’exprime le gouvernement congolais face à l’arrestation du secrétaire exécutif des FDLR, Camille Mbarushimana, en vertu du mandat d’arrêt délivré par les juges de la CPI le 28 septembre 2010.

            Il  y a aussi la décision du gouvernement d’indemniser les victimes de la zaïrianisation des années 70 au nom du principe de la continuité de l’Etat.

            Au total, la Rdc devra leur verser quelque 800 millions de dollars. Mais dans un premier temps, le pays ne va payer que 5 millions.

            « Cette mesure a été rendue possible grâce à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. L’option a été levée au cours des négociations entre le gouvernement et les créanciers commerciaux propriétaires italiens, belges, français, grecs et portugais victimes des biens zaïrianisés, et privés regroupés au sein du Club de Kinshasa », a déclaré le porte-parole du gouvernement en guise de justification de la décision.

            Pourquoi privilégier l’indemnisation des victimes de la zaïrianisation, alors qu’on a des problèmes cruciaux à résoudre notamment la rémunération  des fonctionnaires et des solutions à la grève des médecins ?

Réponse : on ne doit pas opposer les cas, parce que 5 millions à débourser dans un premier temps ne représentent rien par rapport aux problèmes à résoudre. En plus, aucun pays ne peut tout résoudre à la fois. On y va toujours par palier, a-t-il conclu. 

Général Munene n’est pas porté disparu !

            A la préoccupation des journalistes d’obtenir la lumière sur le dossier Général Munene dont on dit qu’il est porté disparu, Mende Omalanga a rassuré que le général Afdl n’est pas porté disparu. Non, il est plutôt entre les mains de la justice militaire. « Si sa famille n’avait pas l’information, elle est là ».

            La dernière nouvelle annoncée est la marche des femmes projetée pour ce jeudi 14 octobre à Bukavu, puis une autre aura lieu le 17 du même mois en marge de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Dom

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