Rapatriement des réfugiés : la RDC, Burundi et HCR en pourparlers à Bukavu

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Le retour volontaire des  Congolais réfugiés au Burundi et des réfugiés burundais vivant en RDC est au cœur d’une rencontre qui s’ouvre ce matin à Bukavu (Sud-Kivu) entre les groupes de travail technique des gouvernements de la RD Congo, du Burundi et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Réunion consécutive à la signature de deux accords tripartites conclus le 11 décembre 2009 à Kinshasa et qui constitue donc le cadre juridique permettant le retour organisé des réfugiés en toute dignité et sécurité dans leurs pays respectifs. A Bukavu, les participants de la rencontre vont se pencher sur les résultats des recommandations de la réunion de la Commission tripartite du 11 septembre 2009. Ils vont aussi procéder à l’adoption du plan d’opération pour le rapatriement des deux pays avant de revoir le plan d’évacuation et éventuellement de fixer les statistiques des réfugiés congolais au Burundi. 

D’après Karl Steinacker, Coordonnateur du HCR pour l’Est, son organisation offre une assistance financière et technique pour mieux déterminer l’origine de ces personnes. « Nous avons discuté pour savoir comment notre aide sera utilisée. Nous sommes convenus avec le gouvernement qu’à la fin d’un tel exercice, la situation rentrera dans l’ordre : Les Congolais vont bénéficier de la protection de leur pays tandis que d’autres auront besoin de régulariser leur statut ou leur retour dans leur pays d’origine » a-t-il souligné.

Par ailleurs, les gouvernements du Rwanda et de la RDC sont en consultation pour la finalisation et la signature des accords tripartites en vue du rapatriement des réfugiés rwandais et congolais. Au sujet des doutes qui pèsent sur la nationalité congolaise de ceux qui veulent quitter le Rwanda pour la RDC, Karl Steinacker indique que le HCR n’a aucune expertise dans l’évaluation des rumeurs. Pour lui, les éléments dont dispose son organisation montrent un certain nombre de choses : le retour des réfugiés en provenance du Rwanda n’est pas quelque chose qui a commencé en 2009. Ceci se fait depuis l’époque du gouvernement du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie). Il est vrai, signale-t-il, qu’il y a des individus qui reviennent sans-papiers, c’est-à-dire qu’ils n’utilisent pas les points de passage officiels et n’ont pas de papiers en règle. Mais leur nombre est bien inférieur à celui rapporté dans la presse. Le HCR affirme voir très peu de réfugiés congolais entrain de quitter les camps du Rwanda.

Soulignant qu’il est extrêmement difficile d’identifier les gens qui reviennent du Rwanda à cause de l’inflation des listes et d’une mixture totale, l’agent onusien rappelle qu’en fin 2008, il y avait plus de 100.000 déplacés internes dans les camps autour de Goma. Aujourd’hui, il ne reste qu’un seul camp (avec un total d’environ 1785 personnes soit 529 ménages). « Si la quasi-totalité des déplacés internes installés dans les camps de Goma ont pu rentrer chez eux, cela n’est malheureusement pas le cas dans le reste du Nord-Kivu. Surtout dans les camps du territoire de Masisi (ainsi que celui de Rutshuru) » a-t-il précisé. Et d’ajouter que plus de 100.000 déplacés vivent dans environ 50 camps situés dans la partie occidentale de ces territoires. A cela, il faut ajouter les effets de l’opération Kimia II qui a entraîné un déplacement des nouvelles personnes qui viennent se greffer sur les « anciens » déplacés internes qui sont dans les camps depuis plusieurs mois voire plusieurs années.

Notons que le HCR a lancé un programme d’aide au retour en septembre 2009 sur l’axe Goma-Sake-Minova ainsi que dans le centre de Masisi. Ici, le HCR (en collaboration avec le PAM et la FAO) a pu servir aux retournés des kits environ trois semaines après leur retour dans leurs milieux d’origine. Le nombre total des déplacés internes retournés avec cette aide dans leurs milieux respectifs depuis septembre 2009 est de 77139 individus soit 21095 ménages.

Saluant cette amélioration observée au début de 2010 par rapport à l’année antérieure, Karl Steinacker invite néanmoins à la prudence. « Nous ne devons pas être aveugles. Jusqu’ici on a seulement parlé de la situation au Nord-Kivu. Mais il ne faut pas oublier les milliers de personnes déplacées dans les provinces du Sud Kivu et de la Province Orientale. Dans ces zones, la majorité des déplacés se trouvent au fait dans les familles d’accueil. La situation dans le Haut-Uélé ne s’est pas améliorée du tout et l’inquiétude demeure »

Tshieke Bukasa, envoyé spécial à Goma

 

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