R.Mpaka exhume le dossier Perenco

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Longtemps considéré comme le dada du député Jean-Claude Vuemba Luzamba, le dossier de la pollution du littoral congolais par la firme Perenco a accueilli hier un nouvel acteur en la personne de son collègue Ruffin Mpaka, élu pour sa part du territoire de Kimvula, dans la province du Bas-Congo. Face à la presse hier au siège du MPCR (Mouvement du Peuple Congolais pour la République), au numéro 63 de l’avenue Kasa-Vubu, dans la commune de Ngiri-Ngiri, il s’est appesanti sur ce qu’il a appelé « la problématique de l’exploitation et de la gestion des hydrocarbures par Perenco et leurs conséquences sur le littoral Ouest du pays ».

Parlant en sa qualité de président national du Rassemblement des Ecologistes Congolais ou « Les Verts », il a tenu à souligner que la pollution de la côte Atlantique a cessé d’être le problème de Vuemba, Mpaka et du Bas-Congo pour devenir une question nationale, qui rencontre un écho particulièrement favorable auprès des élus de la Province Orientale.
Il a révélé que la Table Ronde initiée et financée par cette firme en fin d’année dernière à Moanda, avec la participation des élus locaux, n’a pas répondu aux attentes d’autant que des autochtones ont été mis aux arrêts peu après pour avoir revendiqué leur droit à un environnement sain et des réparations financières conséquentes pour la destruction de leurs ressources halieutiques, l’infertilité progressive de leurs terres, la montée des maladies pulmonaires et cardiovasculaires, etc.
Selon Ruffin Mpaka, il y a nécessité de donner des réponses urgentes à deux préoccupations : l’éradication de la pollution et la clef de répartition des revenus pétroliers. Il a proposé à cet effet trois pistes de solution.
La première concerne l’exploration de la loi. Il a révélé que la loi sur les hydrocarbures serait vraisemblablement versée dans le paquet des matières de la session ordinaire de mars. Ce serait là un outil décisif contre les nuisances environnementales de Perenco. Le souci du législateur congolais est d’asseoir l’équation « pollueur = payeur ».
S’agissant de l’option judiciaire, il a évoqué la possibilité de traduire cette firme en justice et d’obtenir sa condamnation soit par la justice nationale, soit par la justice internationale, avec le concours d’Ong internationales telle que Greenpeace, sortie victorieuse dans un procès retentissant contre Elf.
La troisième piste  consisterait en la mobilisation du souverain primaire. Celle-ci pourrait avoir comme point de chute l’élaboration d’une pétition de 100.000 signatures en vue de l’organisation d’un référendum sur la question.
L’orateur a rappelé qu’au niveau de la Commission Politique, Administrative et Juridique de l’Assemblée Nationale, le principe d’une rétrocession de 12% à la province du Bas-Congo sur  les 400 millions Usd que l’Etat congolais engrange comme dividendes pétroliers auprès de Perenco avait déjà été acquis, mais son exécution tarde à se concrétiser. Qu’à cela ne tienne, la lutte contre la pollution et l’avenir de Moanda après la fin de l’exploitation pétrolière doivent être clarifiés maintenant. Autrement les générations futures risquent de payer les pots cassés sur 40 à 50 ans.
Un Cartel de défense de l’écosystème en RDC, a-t-on appris, est en gestation au niveau du Parlement. Sa première déclaration devrait intervenir en mars.  

Kimp.

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