Alors qu’on le croyait à la retraite : Gizenga veut être Président

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Antoine Gizenga, secrétaire général du Parti Lumumbiste Unifié (Palu).
Antoine Gizenga, secrétaire général du Parti Lumumbiste Unifié (Palu).

Dans un message daté du samedi 24 mars 2018 et signé par son Secrétaire général, Antoine Gizenga, le Palu ne fait pas mystère de son ambition de gagner les élections, à tous les niveaux, et d’assumer la lourde charge de la direction des affaires publiques au sommet de l’Etat. S’agissant de la fonction présidentielle, le candidat plébiscité n’est personne d’autre que le patriarche Antoine Gizenga.

            On peut noter, à ce propos, qu’Adolphe Muzito, ancien Secrétaire permanent adjoint, qui avait dévoilé publiquement son ambition pour le même poste, pour le compte du Palu, et exigé que la Majorité Présidentielle renvoie à son parti l’ascenseur lui expédié en 2006, à défaut de quoi l’alliance conclue en son temps pour faire gagner Joseph Kabila était réputée caduque, a été lourdement sanctionné. La suspension de cet héritier biologique et politique de ses fonctions s’est voulue un message clair sur l’exclusivité de la future candidature du patriarche Gizenga à la magistrature suprême du pays en décembre 2018.

            La grande préoccupation de l’heure est de savoir si le nonagénaire possède encore les ressources physiques et intellectuelles qu’exige une fonction aussi prestigieuse que stressante. La question vaut son pesant d’or quand on se souvient qu’en 2008, il avait démissionné de son poste de Premier ministre pour des raisons liées notamment à son âge avancé et son souci de ne pas bloquer la machine gouvernementale par son incapacité physique et intellectuelle à gérer les dossiers de la République.

            Le rêve de celui qui avait pris sa retraite politique il y a dix ans de briguer le fauteuil présidentiel pousse de nombreux observateurs à se demander s’il n’y aurait pas un agenda caché entre le patriarche Gizenga et l’actuel chef de l’Etat, interdit constitutionnellement de prétendre à un troisième mandat. Deux rencontres entre les deux « alliés » politiques, le jeudi 16 mars d’abord à la résident du chef du Palu, sur les hauteurs de Mont-Fleuri, et le mercredi 21 mars au Palais de la Nation ensuite, alimentent les spéculations au sujet d’un schéma à la Poutine, qui ferait de Gizenga un Chef de l’Etat régnant mais ne gouvernant pas, et qui laisserait au « Premier ministre » Kabila le soin d’exercer le véritable imperium au sommet de l’Etat.

            Certains analystes pensent que l’actuel Chef de l’Etat désignerait un dauphin de pacotille, qui se ferait battre par Gizenga lors de la présidentielle de 2018, de manière à ce que majoritaire au Parlement, la MP n’ait aucune peine à prendre la Primature et exercer le pouvoir réel. A 92 ans, pense-t-on, le Patriarche du Palu, qui avait dû s’attacher les services de son homme à tout faire de l’époque, Godefroid Mayobo, pour diriger le gouvernement, ne serait pas physiquement et intellectuellement en mesure d’exercer des prérogatives aussi sensibles que celles de Chef de l’Etat. Qu’à cela ne tienne, le Palu affiche déjà ses ambitions pour la direction du pays. Et si le souverain primaire en décide ainsi dans les urnes, un tel choix devrait être assumé par tous les Congolais.                                                                                                                          Kimp

 

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